D.C vient de mettre un terme à sa série Lobo au bout de treize numéros. Relancée via les New 52, puis DCYou, elle aura finalement tenu plus longtemps que prévu au vu des premières réactions suscitées par la relance du personnage. Petit retour en arrière…

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Lobo, tout le monde, ou presque, le connaît. C’est l’espèce de biker dégueulasse et ultra-violent qui aime boire, se battre, les femmes, se battre, fumer et se battre. Celui qui le cherche, c’est aux quatre coins d’la Galaxie qu’on va l’retrouver, éparpillé par petits bouts façon puzzle… Lui, quand on lui en fait trop il correctionne. Plus, il dynamite… il disperse… et il ventile…

Mais Lobo ce n’est pas (que) de la violence gratuite. Bon, d’accord, c’est beaucoup de violence gratuite. Mais avec quand même beaucoup d’humour et de second degré. Et même parfois de la morale.

Revenons à nos moutons, ou plutôt nos N52. Après avoir ré-introduit le Lobo “classique” dans les pages de la série Deathstroke, les pontes de chez D.C ont décidé de le supprimer au profit d’une nouvelle mouture. Exit le biker et bienvenue au bellâtre en combinaison moulante apparu dans Justice League 23.2, sorti en 2013. Et là, scandale ! On nous a volé notre Lobo ! Alors okay, ce nouveau Lobo non plus n’a aucune morale, mais qu’est-ce que c’est que ce binz ?

Je reconnais avoir été dans les premiers à vouloir passer au bûcher tout le staff de chez D.C, l’auteur, et le dessinateur de ce comics. Saint Bisley, protégez notre Mâle. Mais…

Mais Lobo, si on regarde en arrière, ce n’est pas vraiment qui on croit. En effet, je vous incite à vous pencher sur la V1 de la Série Omega Men, plus particulièrement sur le numéro 3, paru en juin 83 aux U.S et en 85 chez nous chez Aredit. Il s’agit de la première apparition de Lobo. Et ce premier Lobo, il ressemble quand même vachement au nouveau. Même combinaison moulante, même boulot de chasseur de primes, pas de vices particuliers affichés. Un personnage standard.

Mais revenons au lancement de la série Lobo New 52.

Les premières planches consistent à montrer le nouveau Lobo tuer l’ancien. Je dois avouer avoir été traumatisé par l’image de la tête de l’ancien Lobo tenue à bout de bras par le nouveau… Le malaise passé, il a donc bien fallu laisser sa chance au p’tit nouveau.

Lobo est donc un chasseur de primes propret, dénué de morale, mais obéissant à un code d’honneur. Sa première mission (premier arc narratif) n’est rien d’autre que de sauver la Terre de la destruction, malgré toute l’aversion qu’il a pour cette planète. Pour ce faire, on lui adjoint trois acolytes Terriens pour lesquels il n’aura aucune considération, allant jusqu’à les sacrifier pour trouver sa cible.

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Malgré une histoire assez basique et des rebondissements pas folichons (un numéro, un ennemi), la partie la plus intéressante de cet arc réside dans les flash-backs montrant l’ancienne vie de Lobo sur Czarnia, et comment il est responsable de la destruction de sa planète. Le personnage en est du coup plus complexe, plus torturé que ce qu’il semble au premier abord, car il oscille entre la fierté d’avoir accompli un génocide, et le remords. Quoi qu’il en soit, la chose certaine est qu’il assume entièrement ses actes.

À la fin du N52, Lobo est engagé comme “fouet” d’une organisation intergalactique, le Void Whisper. Plus concrètement, il est l’exécuteur des basses œuvres de l’organisation, ne répondant qu’à la personne à la tête du Void.

Lors du Sneak Peek DCYou, le nouvel arc se met en place : Lobo va être confronté aux Lanterns. Pas les Green, non. Je pense que D.C n’a pas osé. Par contre, tous les autres lors de Sinestro War.

Cet arc me pose un petit problème. Sans avoir une connaissance de tous ces Lanterns de toutes les couleurs (un peu comme les Bisounours) il me semble quand même que ce sont des êtres puissants. Or, on se retrouve avec un Lobo quasiment immortel qui met une raclée monumentale à toutes les couleurs de Lanterns sous prétexte qu’il bénéficie d’un facteur de régénération. Mouais…

Ce n’est pas le plus intéressant. Non, ce qui change, c’est le look de Lobo qui évolue, doucement, de numéro en numéro, sous les dessins sublimes de Robson Rocha jusqu’à arriver au dernier arc de la série. On nous dévoile un Lobo rendu fou par une drogue se lançant dans une croisade meurtrière ayant pour cible tous les chasseurs de primes/assassins du cosmos. Une fois encore, l’accent est mis sur le traumatisme subi par Lobo suite à la destruction de sa planète et tous ses habitants. Si la fin de la série est décevante, l’annonce de revoir Lobo bientôt dans les pages de Batman-Superman permet de mieux accepter le fait de ne plus avoir ce rendez-vous mensuel.

Car oui, je dois avouer qu’au bout de ce run, Cullen Bunn m’a convaincu. J’aurais voulu en voir plus, car je pense qu’il y a encore des choses à dire, à voir et à explorer sur ce “nouveau” Lobo auquel je me suis attaché. Certains détails avaient été dispensés au fil des numéros et laissaient présager d’un développement ultérieur intéressant : la Comtesse et son usine à chair, par exemple, ou les relations avec la Citadelle.

Évidemment, il ne remplacera jamais mon bon vieux biker et les histoires de Grant, Giffen, Bisley ou Semeiks. Je m’éclaterai toujours autant à la vision d’un Lobo engagé par le lapin de Pâques pour aller buter le Père Noël. Rien que ce pitch montre que tout ce que ces mecs ont pu faire c’est des trucs de malade.

Mais ce Lobo a le mérite d’exister, d’évoluer, et de nous proposer un personnage qui est autre chose qu’un boy scout de l’espace. Et puis, comme il est dit dans la série, c’est UN Lobo. Il peut y en avoir d’autres.


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