Dimanche dernier étaient diffusés les deux derniers épisodes de la troisième saison de Wakfu, sur France 4. Inutile de vous cacher qu’elle était très attendue des fans, dont je fais partie.

Mon histoire avec Wakfu, et plus particulièrement Ankama dans son entièreté, remonte à mes années de collèges, il y a maintenant une dizaine d’années. À cette époque et comme beaucoup d’enfants, je jouais au MMORPG Dofus.

À l’annonce d’une série animée Wakfu, située dans le monde du jeu vidéo dont nous étions si accrocs avec mon frère, autant vous dire que l’impatience était réellement présente.

Et pourtant me voilà encore, tant d’années plus tard, à guetter inlassablement cette saison trois déjà achevée. J’aimerais mettre les choses au clair avant toute chose.

J’entends très souvent de forts à-priori négatifs sur les productions Ankama liées au Krosmoz (l’univers Dofus et Wakfu entre autres), et cela très souvent à cause des échos du jeu Dofus. C’est un fait, la communauté de joueurs bruyants est majoritairement composée d’enfants dont la puérilité n’est plus à prouver et tout cela porte directement préjudice aux productions annexes d’Ankama.

C’est très simple, quand je parlais de Wakfu à mes amis, leurs visages affichaient une grimace et des réflexions telles que « Ah, le truc basé sur Dofus, là ? » ou « Mouais, j’aime pas trop Dofus, c’est pour les gamins… » fusaient.

C’est à mon sens une grande erreur, faite par beaucoup de monde, dont vous faites peut être partie. J’espère donc vous faire changer d’avis, ou du moins vous donner envie de le tenter dès la fin de cet article.

Dofus et Wakfu donc, sont deux jeux sortis respectivement à plusieurs années d’intervalle et situés dans le même univers. C’est très simple, l’objectif de Dofus était de récupérer les six œufs de dragons, porteurs du même nom que le jeu. Wakfu, quant à lui, se déroule trois siècles après Dofus, lorsqu’un événement surnommé « le chaos d’Ogrest » a ravagé la planète, aussi appelée « Monde des douze », de par sa particularité d’avoir été bénie par douze Dieux.

Concrètement, donc, les Dofus désignent des œufs de dragons, alors que Wakfu désigne l’énergie qui compose chaque être vivant. Autour des deux jeux gravite un univers dit transmédia, qui étoffe depuis plusieurs années le lore de l’univers. Entre Manfra (manga français), bandes dessinées, comics, série télévisée, films d’animation et j’en passe, c’est un véritable monde qui existe de nos jours.

 

Entre les différents supports, je ne vous cache pas que les incohérences existent parfois et qu’il est compliqué de savoir concrètement ce qui est canonique et ce qui ne l’est plus. Mais qu’importe, une chose importante à retenir est que cet univers est en perpétuelle évolution et, au final, même si c’est embêtant parfois, il est normal que les événements varient à mesure que le monde et sa cohérence se construisent et grandissent. Il faut espérer qu’un jour, quand Ankama n’aura plus rien à dire, nous aurons en face de nous un univers construit et solide.

Mais la série Wakfu s’était donné, à l’époque de sa sortie, un objectif tout particulier. Faire découvrir tout cet univers et le rendre accessible aux nouveaux venus, tout en apportant des réponses aux fans des jeux et autres médias. Le pari est à mes yeux une réussite, même si le succès, à mon grand désarroi, est loin d’être aussi grand que mérité.

Débutée en 2008, la saison un reste encore à ce jour gravée dans mon esprit. Avec une esthétique magnifique et des personnages hauts en couleur, la série se dévore sans modération !

Effectivement, c’était bien plus difficile à l’époque, où chaque samedi matin sur France 3, j’étais accroché à la télévision avec mon frangin, les yeux brillants jusqu’au défilement du générique de fin, où l’on réalisait que l’on devait attendre la semaine suivante pour la suite.

Mais je m’égare.

Pour cette première saison, nombreux épisodes étaient des épisodes que l’on peut qualifier de « hors série ». Ils nous permettaient certes de s’attacher toujours plus aux héros, mais ne faisaient pas avancer la quête principale. Pourtant, quand j’y repense, chaque épisode me semble essentiel et tous portent un petit quelque chose qui les rendait intéressants malgré leur hors-sujet. Puis venait, au bout de vingt-six épisodes et deux hors-série spéciaux mémorables, la fin. Et quelle fin !

Ce n’est que huit mois plus tard que la saison deux débarquait enfin, après une attente insupportable sur le sort de certains personnages (ceux qui l’ont vu savent de quoi je parle). Encore une fois, vingt-six épisodes, composés de hors- série et un épisode spécial plus tard, le rideau se ferme sur des révélations incroyables et un avenir encore à découvrir pour les personnages. Pourtant, la saison trois ne venait toujours pas. La frustration était immense, mais je comprenais. De plus en plus, France 3 avait des difficultés à faire des audiences sur la série et le public concerné n’était pas clair. Heureusement, presque deux ans plus tard, on nous annonce trois épisodes spéciaux prenant la suite de la saison deux.

Les trois épisodes, diffusés à quelques jours d’intervalle, adoptent déjà un ton bien plus adulte. Certains personnages ont grandit et les sujets abordés sont plus délicats. De plus, des personnages bien connus des joueurs de Dofus et Wakfu font leur petite apparition et permettent d’en apprendre plus sur eux. Encore une fois, la fin nous laisse présager, quasiment à la manière d’un cliffhanger, une suite. La bataille fut rude et plusieurs fois j’ai cru ne jamais avoir de suite mais pourtant, après trois ans d’attente, voici venir cette saison 3.

 

Diffusé d’abord sur France 4 en trois semaines, la série est destinée à se retrouver sur Netflix, avec les deux saisons précédentes, ainsi que les trois spéciaux. Je vous invite donc à aller voir tout ça la-bas si jamais ce n’est pas déjà fait. Cette fois ci, ce sont seulement treize épisodes mais sans aucun temps mort. Fini les hors-série de remplissage pour pouvoir diffuser les épisodes dans le désordre à la télévision. Dans la lignée des trois spéciaux d’avant, le ton se veut dur et mature, et la frontière entre le bien et le mal est plus floue que jamais. C’est ce que j’ai toujours apprécié chez Ankama, cette faculté de ne jamais être manichéens et de porter ses idées jusqu’au bout. Je ne compte même plus les fois, durant toutes ces années où, au détour d’un épisode ou d’une lecture, je me suis à jurer, en étant bluffé par la tournure des événements. Cette saison trois, et même les productions liées au Krosmoz, de ces dernières années, arrivent à apporter une touche de fraîcheur dans le monde de la culture, cette capacité à complexifier les personnages et les actions pour ne jamais tomber dans un cliché décevant. Cette saison, encore une fois, regorge de révélations importante sur le lore de l’univers mais, plus que cela, c’est un énorme pas de franchi pour la série et, plus que jamais, la suite nous promet être grandiose.

À ce jour, rien n’est garanti pour le studio français Ankama, qui semble avoir peiné à rameuter les spectateurs, tout comme lors de la sortie du superbe film Dofus Livre I – Julith. L’espoir semble reposer sur Netflix et les audiences que va faire cette troisième saison, pour entrevoir une suite. L’envie et les idées sont bien là, mais pas le budget.

Ce n’est pas mon habitude de faire de la pub, mais cette fois-ci, ça me tient vraiment à cœur. Non seulement c’est une série française, mais en plus de cela, c’est tout simplement magnifique et plein de passion.

Je ne peux que vous inviter à regarder cette série, que vous soyez, ou non, connaisseur de l’univers d’Ankama. Tout est réuni pour plaire au plus grand nombre : héros charismatique, scénario bien ficelé et plein de rebondissements, combats dignes des plus grands shonen et humour à tout-va. Il ne reste encore qu’une question à se poser : qu’est-ce que vous faites encore ici ?


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