L’Enfer pour Aube Tome 1 : Paris Apache

L’Enfer pour Aube

Si en vous parlant du Tome 1 de L’Enfer pour Aube : Paris Apache, ça vous fait penser à des indiens débarquant dans la ville lumière, vous avez tout faux! Remontons le temps jusqu’au début du 20ème siècle.

Paris, 1903. Une mystérieuse silhouette, toute de noir vêtu et portant une écharpe rouge, perpètre des meurtres en prenant pour cible des nantis du Tout Paris. Chacune de ses victimes est retrouvée avec un Louis d’or dans la bouche. Le tueur semble en lien avec les terribles Apaches, ces malfrats sans foi ni loi, qui regroupent les pires marlous sous la même casquette et dont l’écharpe rouge est l’étendard. L’inspecteur Gosselin va avoir bien du mal à démêler la vérité de la fiction, tout en combattant une étrange affliction qui le met chaque jour au plus mal. Mais son enquête va lui faire remonter jusqu’aux événements de la Commune de Paris et aux massacres qui ont suivi.

Philippe Pelaez nous propose avec cette série un thriller politico-historique. Sous ses allures de The Shadow, le tueur masqué a effectivement pour but de rendre la justice. Mais justice et loi ne font pas toujours bon ménage et, quoi qu’il en soit, l’une ne peut pas s’affranchir de l’autre. Avec son histoire mêlant réalité historique et fiction, on est rapidement intrigué par ce qui peut être la part de vérité et ce qui n’est que de l’invention pour servir le récit.

Si la caractérisation et le mystère qui entourent le tueur sont vraiment bien conçus, l’auteur ne nous donne pas pour autant toutes les réponses en fin de Tome et nous laisse en attente de la suite. Concernant l’inspecteur Gosselin, je serais un peu plus circonspect. Si sa maladie (dont on ignore la cause, d’ailleurs) l’humanise aux yeux du lecteur, on est quand même loin de Sherlock Holmes. Il a l’air sur la bonne voie, mais sans jamais atteindre la flamboyance de Holmes ou d’un Vidocq.

Côté dessin, Tiburce Oger officie avec un lavis à l’encre de chine, nous proposant des planches tout droit sorties des imprimeries d’époque. Même si le processus est artificiel, il est bienvenu pour nous faire plonger dès la première page dans l’ambiance des années 1900. On y croit! Et en nuançant ce noir, blanc et gris avec une légère touche de rouge, symbole de la résistance à l’ordre établi, il renforce sa touche de modernité intégrée dans ce pur classicisme. Si on rajoute les “une” de journaux en-tête de chaque chapitre et une mise en pages soignée, je n’ai plus qu’une seule envie : découvrir les planches originales.

Entre le retour dans le passé et la chronique sociale, cette série mélange les genres pour surprendre ses lecteurs. Servi par une édition assez classieuse, L’Enfer pour Aube se hisse à un très haut niveau en termes de scénario et de dessin, pouvant tenir la dragée haute au tandem Brubaker/Phillips. Un vrai polar à l’ancienne.


 

  • Titre : L’Enfer pour Aube Tome 1 : Paris Apache
  • Pages : 68 pages
  • Editeur : Soleil
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 9782302094390
  • Prix : 15.95€

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