The Scumbag – Tome 1 : Cocaïnefinger

The Scumbag – Tome 1 : Cocaïnefinger

Un nouveau super-héros débarque pour sauver le monde des velléités destructrices d’un groupe terroriste. Ou pas! Tu sais ce que veut dire Scumbag, lecteur? Ben, si tu ne sais pas, lance-toi dans la lecture de ce Tome 1 : Cocaïnefinger. Tu ne seras pas déçu.

Ernie Ray Clementine est un loser. Pas le geek qui reste dans son coin ou le mec qui n’arrive pas à garder un boulot. Pour ça, il faudrait déjà qu’il lui vienne à l’esprit de bosser. Non, Ernie est un inadapté social de plus de 50 ans qui est resté bloqué au début des années 90. Sorte de métalleux sur le retour, c’est surtout un homme qui a perdu toute estime de soi et ne pense plus qu’à se défoncer à grands coups de piquouzes de tout ce qui lui passe par la main. Soyons franc : il a touché le fond. Et par hasard, il va mettre la main sur une seringue contenant la Formula Maxima, sorte de super-sérum donnant des capacités surhumaines. Le monde n’a plus d’autre choix que de compter sur ce déchet pour être sauvé. Il ne va pas être déçu!

C’est Rick Remender qui officie au scénario de cette série. Et l’auteur nous livre le cassos ultime avec Ernie. Ce mec coincé dans le temps, au comportement qui n’a pas évolué en 30 ans et qui pense qu’il a toujours 20 piges, est un exemple parfait de caractérisation. Remender a pris tous les archétypes du macho des années 80 pour les transposer en 2022. Là où on avait un mec burné, au caractère bien trempé et qu’il fallait pas faire chier, on se retrouve à présent avec #balancetonporc et la compilation de choses à ne pas faire. Sex, drugs & rock’n’roll n’ont plus la côte. Allez, il faut que je le balance : Ernie m’a fortement fait penser à Lobo dans sa façon d’agir [tu ne le vois pas, mais je pleure en attribuant à Lobo tout ce que j’ai dit sur Ernie], mais second degré en moins.

Avec son méchant à la tête d’un groupuscule extrémiste et intéressé uniquement par l’argent, c’est à l’ultra-capitalisme que s’en prend Remender. Surtout à ceux qui veulent s’enrichir sur le dos des pauvres en utilisant de faux prétextes écologiques. Même si le litre de carburant à 2 centimes fait rêver…

Au dessin/encrage, ça s’enchaine : Lewis Larosa, Andrew Robinson, Éric Powell et Wes Craig. Ouais, on se croirait carrément chez Valiant! Heureusement, on a droit à des styles au moins similaires pour proposer un enchaînement pas trop perturbant. Je dois avouer qu’aucun des dessinateurs ne prend le pas sur l’autre. On a droit à un dessin « standard comics indé » dont j’ai déjà parlé et qu’on retrouve finalement partout ailleurs. Plus que le dessin en lui-même, c’est la transcription des situations qui est intéressante. Le reste, mise en page, storytelling, cohérence anatomique et tout le toutim, passe au second plan.

Si la série ne brille pas par ses graphismes, Remender se fait plaisir avec cet anti-héros dégueulasse et complètement à côté de ses pompes. On frise le coup de génie. L’auteur se fait parfois plaisir en allant très loin, mais on sent qu’il se réfrène sur plusieurs situations qui auraient bien pu être beaucoup plus scabreuses. C’est mon petit côté anticonformiste qui regrette cette autocensure et une fin un peu consensuelle.


 

  • Titre : The Scumbag Tome 1 : Cocaïnefinger
  • Pages : 160 pages
  • Editeur : Urban Comics
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 9791026828501
  • Prix : 10€

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