Castelmaure

Castelmaure, ce n’est pas que du Corbières [pour les profanes, je parle de vin]. C’est également une B.D avec une couverture qui fait penser à une tapisserie moyenâgeuse. Du coup : “Hardi, mes braves! Sus aux faquins et autres bélîtres”.

Tudieu! Le Roi Éric a disparu depuis 20 ans. Et son château, Castelmaure, semble frappé d’une malédiction, car la tempête gronde en permanence autour d’icelui. Et depuis 20 ans, maintenant, un mythographe (un chercheur de contes et légendes) parcourt le pays à la recherche des histoires les plus typiques à retranscrire. C’est ainsi qu’il apprend que, pour pouvoir assurer sa descendance, le roi avait fait appel à une sorcière. Si la reine s’était retrouvée enceinte, c’était également le cas de toutes les femmes du royaume.

 

Lewis Trondheim se fait plaisir en nous proposant un récit qui aurait très bien pu commencer par “Il était une fois”. À s’attacher à son personnage de mythographe, il nous sert un conte à la fois pour adultes et pour (grands) enfants. Avec un récit qui se déroule sur 20 ans, proposant des retours dans le passé pour mieux coller au présent, le scénario est bien pensé et construit. Chaque action entraîne une réaction et l’histoire se termine par une morale. Pour le coup, c’est un vrai conte. Après, on aime ou on n’aime pas ce type d’histoire. Ou de personnages! Si les enfants ayant survécu à cette nuit de la fécondation me semble intéressants, c’est certainement par leurs difformités et leur caractère instable. Leur caractérisation, bien qu’assez simpliste, permet de faire basculer l’histoire vers une sorte de carnaval des horreurs. À côté de ça, Zéphyrin, le mythographe, ou le roi Éric, semblent bien fades. Quoi que, j’ai beaucoup aimé le retournement de situation dû à Zéphyrin sur la fin.

Au dessin, Alfred nous propose un trait… particulier. Assez grossier, aux contours épais et à l’anatomie des personnages assez sommaire. C’est un style qu’on aime ou pas, encore une fois, mais c’est le sien. Toutefois, il faut lui reconnaître un vrai sens de la mise en page et de la perspective, avec des cases à la profondeur de champ maîtrisée. La colorisation, toujours par Alfred, utilise surtout des tons pastel qui collent à l’esprit “conte” du scénario.

 

Sentiment mitigé que ce Castelmaure dont j’attendais certainement autre chose, malgré ses qualités de construction scénaristique évidentes. Pas vraiment à rapprocher des Contes de Grimm, mais pas non plus de Shrek. Sans être mauvais, il n’a pas soulevé chez moi un enthousiasme débordant. Je le classerais donc dans une rubrique “B.D pour amateurs éclairés”.

 

 


  • Titre: Castelmaure
  • Album : 152 Pages
  • Editeur : Delcourt
  • Collection : Shampooing
  • Langue : Français
  • ISBN: 9782413028901
  • Prix : 18,95€

 

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