Tous les ans, comme pour le beaujolais, sort le Bertrand Keufterian nouveau. Et avec le numéro deux de Zone 57, j’ai enfin eu ma dose annuelle. Allez, on enfile un ciré jaune, sèche-cheveux à la main, et on prépare son plus beau cosplay de chasseur d’aliens !

Ce numéro deux fait donc suite au précédent. Étonnant, non ? Bertrand est toujours coincé dans son émission de télé-réalité de chasse aux aliens. En plus des visiteurs de l’espace, il va devoir s’imposer en tant que vrai héros, et pas seulement un produit marketing. Pour ce faire, il va se lancer dans la traque du tireur isolé qui les as pris, lui et ses équipiers, pour cible. Mais en dehors de la zone de traque, certaines personnes essaient de tirer profit de la situation, le tout jusqu’à un final… inattendu.

Là où le précédent épisode était une critique claire et sans concession des télé-réalités, Carlos Rodrigo prend pour cible, cette fois-ci, les chaînes télé d’info en continu. Et je dois avouer que sa vision de ces chaînes est plus que réaliste ; à savoir ressasser mot pour mot la même info en permanence, meubler l’antenne avec rien, et aller jusqu’à déformer les propos des personnes interrogées pour « coller » à la ligne éditoriale de la chaîne. Alors oui, c’est drôle, mais ce qui est tragique c’est justement que c’est également ce qu’on constate dans le monde réel…

À côté de ça, Bertrand prend enfin sa vie en main et un tournant un peu plus héroïque, en choisissant d’agir et non plus de subir. Si le motif (faire le buzz) est léger, ses actions sont enfin en adéquation avec le personnage qu’il veut incarner. Ah ! Et, suite au vote des lecteurs, l’un des personnages meurt d’une façon à laquelle je ne m’attendais pas.

Les dessins de Guillaume Mathias sont, comme d’habitude, à la hauteur du scénario. Il arrive à nous donner l’impression d’être vraiment devant notre télé par des cadrages pouvant être ceux de caméras de télé. Néanmoins, lors du passage du « vote de la mort » on sent bien une influence tirée, cette fois, des films fantastico/horrifiques de série Z. Et ça colle toujours à l’histoire.

Au niveau des personnages, je dois avouer que ses caricatures de « stars » du petit écran sont vraiment réussies. [j’étais d’ailleurs à deux doigts de mettre des baffes à mon exemplaire lorsqu’apparaît Hanouna, euh, le présentateur].

Ce numéro, comme les précédents, comporte une seconde histoire courte sans peu ou pas de relation avec le récit principal. Il s’agit ici d’un « Et si ? » qui nous raconte ce qu’il serait advenu de Bertrand si les aliens n’avaient pas débarqué. Le scénario de Carlos est très fin et superbement illustré par les dessins de Léo Chiola.

Très bonne cuvée que ce Bertrand Keufterian 2016, aux notes de myrtille, de banane et d’humour ponctué d’un zeste de cynisme. Le cocktail prend bien malgré des dialogues parfois un peu trop chargés, mais finalement cohérents et utiles avec le récit. Le personnage évolue, l’histoire avance et le cliffhanger nous laisse sur notre faim. De quoi bouillir d’impatience jusqu’au cru 2017 !


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