En plein Rebirth, penchons-nous néanmoins sur un titre hors-continuité du Chevalier Noir, ou tout du moins sur un titre le mettant en scène dans une réalité alternative, le Tome 2 de Terre-Un. Dit comme ça, ça fait un peu fouillis, mais si vous avez déjà lu le Tome 1, vous savez de quoi je parle.

Pour les autres, sachez simplement qu’il s’agit d’une revisite des origines de Batman, somme-toute assez similaires à ce qu’on connaît déjà. Seuls quelques détails changent et l’histoire nous présente un Batman plus jeune, plus inexpérimenté.

Après son aventure contre le Pingouin, qui s’est achevée par la mort de ce dernier, dans le Tome 1, Batman continue son apprentissage et se retrouve confronté à un meurtrier de masse posant des devinettes à ses victimes. Vous aurez reconnu le Riddler (Sphinx en VF). Il va devoir faire preuve d’ingéniosité et développer de nouveaux talents de détective pour stopper le Sphinx. Heureusement pour lui, il pourra compter sur le soutien du détective Gordon.

Dans le même temps, il lui faudra s’occuper également d’un mystérieux homme-crocodile qui hante les égouts de la ville. De son côté, Bruce Wayne apprendra lui-aussi que son rôle public est primordial, surtout face à un Harvey Dent pugnace et revanchard qui le déteste.

Geoff Johns nous livre un scénario totalement abouti, sachant intégrer de nouveaux éléments à une mythologie existante déjà très fournie. Comme sur le Tome 1, c’est Alfred qui fait le show en bon gros enfoiré ne laissant aucun répit à Bruce. Il est véritablement bad-ass, encore plus que dans la série télé Gotham ! Pour le reste de l’histoire, c’est un peu le Batman Year Two, où notre justicier rencontre de nouveaux ennemis et se perfectionne. L’ennemi principal étant le Sphinx, il est facile de faire le parallèle avec l’arc « Année Zéro », paru durant la période DC Renaissance.

De nombreux bons points ressortent également de ce récit, comme l’utilisation de Killer Croc, vu sous un autre angle, finalement plus réaliste. Là encore, les idées de Johns semblent avoir été reprises, cette fois dans la série Détective Comics – Rebirth, avec Gueule d’Argile à la place de Killer Croc.

C’est sur la non-omnipotence de Batman que je souhaite surtout mettre l’accent. En effet, il est n’est pas le « plus grand détective du monde » auquel on nous a habitués, mais bel et bien un débutant qui fout un vrai bordel sur une scène de crime. Gordon ne se gène d’ailleurs pas pour lui faire la leçon, comme il le ferait à une jeune recrue de la police. Cette amitié/partenariat naissante joue pour beaucoup dans l’humanisation du héros sur ce titre, Gordon étant tout autant le mentor du justicier qu’Alfred. Pour un orphelin, Bruce Wayne se retrouve donc avec deux pères de substitution déterminés à lui apprendre comment devenir le meilleur des héros, à défaut du meilleur des hommes.

Au dessin, Gary Frank nous propose de grandes planches au découpage parfait. Il joue beaucoup sur les expressions faciales et les regards de ses personnages et, à quelques exceptions près, il fait mouche ! Le découpage est vraiment soigné, alternant les splash pages et les gros plans de façon à créer un rythme, une dynamique, qui ne s’essouffle jamais tout au long du récit. L’utilisation des ombres, sur certaines cases, arrive à rendre Batman presque inquiétant, chose que je n’avais quasiment jamais ressenti à la lecture de ses aventures.

Que l’on aime Batman, ou pas, cette réinterprétation offre à la fois les éléments essentiels et de la nouveauté par rapport au personnage. La série Terre-un devrait donc plaire à tout le lectorat. Les anciens lecteurs s’attarderont plus sur les différences alors qu’elle peut servir de point de départ pour les nouveaux. Quoi qu’il en soit, le récit est bien mené et joliment illustré, une raison suffisante pour s’y intéresser.

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