Dossier – Le Garde Républicain – Partie 2

Dossier – Le Garde Républicain – Partie 2

Nous voici de retour pour la seconde partie du dossier consacré au Garde Républicain. (partie 1 disponible ici)

Poursuivons notre tour d’horizon de la série régulière, mais intéressons-nous également aux hors-série. Car oui, tout comme Lug nous proposait des RCM et des Top B.D, Terry Stillborn, en bon fan, fait évoluer son héros en dehors de la continuité normale de ses aventures.

Le créateur/auteur du Garde l’avoue d’ailleurs bien volontiers, c’est pour garder cet aspect “périodique” que les numéros du Garde Républicain sont publiés sous ce format. Dans une période où les lecteurs ne jurent plus que par les albums cartonnés pour faire beau dans une bibliothèque, c’est un vrai pari de proposer ce format. Il faut avouer que, mis à part les publications Lug/Semic/Artima, ça fait bien longtemps qu’il ne porte plus chance aux éditeurs. Même Panini et Urban en reviennent…

Pour en revenir à la continuité du Garde Républicain, je vois ton petit sourire en coin, fidèle lecteur et amateur de French Comics. Tu vas me dire que la série régulière est déjà publiée dans tous les sens, les épisodes ne se suivant pas. Mais ça, ce n’est pas grave. La différence majeure pour les hors-série tient surtout dans le fait que le scénariste n’est pas Stilborn, mais un de ses potes, à qui il a prêté sa création. Sans que ce soit une règle. N’oublie pas que le leitmotiv de l’auteur est de “prendre du plaisir” à faire cette série et à divertir son lectorat.

Plongeons-nous donc, une fois de plus, avec délice, délectation, divertissement et détermination dans le fabuleux univers du Garde Républicain.

 

Dossier – Le Garde Républicain – Partie 2

Fin des années 60/début 70

On suit toujours les aventures de ce Garde, introduit dans le numéro 2. L'histoire reprend directement là où elle s'est arrêtée à la fin du numéro 5 avec un Garde en mauvaise posture face au Rottweiller. S'ensuit une bagarre d'anthologie, où Franck Maillard, sans les gadgets technologiques de son costume, tien la dragée haute à cette montagne de muscles made in France. Certes, avec un nom à consonance allemande, mais la seconde guerre mondiale est terminée depuis 30 ans, même si elle reste encore dans toutes les mémoires à cette période.

Christophe Hénin nous livre des planches dans la lignée du numéro précédent. Rien à redire sur son dessin et sa mise en pages. Le héros apparaît héroïque, le vilain est imposant, les couleurs sont belles. Une franche réussite graphique!

Stilborn, de son côté, entretient le mystère et joue, une fois de plus, avec l'histoire de France et prend appui sur le référendum du 27 avril 1969. Son intrigue secondaire, avec ce Garde "démissionnaire" jouant les redresseurs de torts free lance se développe un peu plus, mais pose plus de questions quelle n'en résout. On est sur du long terme pour cette histoire. N'ayez crainte, on va revoir Franck Maillard. Mais pas tout de suite…

Premier Garde

Lafayette et son serviteur/ami se remémorent une aventure survenue alors que le Marquis était prisonnier des Prussiens. Eh oui, encore les allemands! Bonaparte refusant de monter une mission de sauvetage, c'est donc Saint-Clair qui s'en charge, revêtant pour l'occasion le masque tricolore du Garde Républicain. Après une infiltration réussie dans la forteresse ennemie, ce proto-Garde devra affronter une montagne de muscles allemande. On se retrouve donc avec un parallèle intéressant avec l'autre épisode du même numéro, les ennemis étant physiquement semblables, mais l'histoire traitée différemment.

Outre Nathaniel Legendre au dessin, la partie flash-back est assurée par Benjamin Blasco-Martinez. Son dessin est très travaillé, dans un style franco-belge, proposant des perspectives et des angles de vue donnant un fort impact à chacune des pages. Assurant sa propre colorisation, ces pages sont vraiment ahurissantes et l'artiste mériterait une histoire complète.

Il est intéressant de voir Lafayette passer, malgré lui, le flambeau du Garde. Cette aventure semble justement être le point de départ de la pérennisation du rôle du Garde Républicain, au travers d'incarnations différentes et successives.

Ce numéro propose également un cahier graphique, reprenant l'histoire du premier Garde, qui devait initialement être assurée par Anthony Wittamer. Le style est totalement différent et donne une autre vision de la même histoire. En plus d'être intéressant, le fait de proposer ces planches est utile au lecteur pour se rendre que, avec un même scénario, on peut aboutir à des résultats différents.

Garde actuel.

Nouveau crossover, entre le Garde Républicain et Nucléarman, cette fois. Alors qu'un avion s'abat sur le Grand Palais, le Garde intervient pour trouver Nucléarman sortant des décombres. Les deux héros vont se battre dans tout Paris, visitant (et détruisant) les grands monuments de notre capitale.

Bon gros délire assumé que cet épisode, dont le but avoué par Stillborn est de détruire Paris. Surtout, j'ai beaucoup aimé la façon dont Nucléarman détruit tous ces monuments, à l'aide d'explosions anales! Il fait des pets atomiques. Rien que pour ça, on en redemande.

Les dessins de Juan Roman Cano Santacruz sont dynamiques et appuient le côté action de l'épisode. Je ne suis pas fan du fait que le Garde porte une armure, mais elle a de la gueule.

Garde 1799

En pleine campagne d'Égypte, les troupes de Napoléon découvrent une pierre portant d'étranges inscriptions, en plusieurs langues, près de Rosette. Sentant le potentiel de cet artefact, les militaires le font escorter vers la France (non sans avoir voulu le détruire auparavant). Mais c'est compter sans ces fourbes d'anglais buveurs de thé, qui veulent s'en emparer.

On se situe dans les débuts de l'aventure, de la lignée, du Garde Républicain. Pas de gadgets, juste un individu normal, qui revêt un masque à un moment donné pour représenter la France face aux anglais. Si j'apprécie, une fois de pus, l'élément historique, le meilleur moment vient de la rencontre avec le Horse Guard. Le Garde est face à son pendant britannique, boosté aux stéroïdes. Les prémices de la potion de Mr Hyde…?

La Toto's Company propose un dessin caricatural, dans la veine de ce que peut produire Sergio Aragonès. Ce n'est pas le rendu que je préfère, mais ça permet de donner un peu de fraîcheur au concept.

On termine ce numéro par deux histoires humoristiques d'une page chacune, illustrées par Mauricet et André Amouriq.

Seconde guerre mondiale

À l'aube du 6 juin 44, le Garde Républicain fait équipe avec plusieurs héros venus de tous horizons, au sein d'un groupe connu sous le nom de Les Partisans. Ensemble, ils vont combattre les Grotesques Nazis, un autre groupe aux ordres d'Hitler, regroupant la lie de l'humanité. De l'issue de leur bataille dépendra le sort du débarquement allié.

Pour le coup, on se retrouve avec un vrai bout d'histoire contemporaine, qui a marqué les esprits dans le monde entier. De nos propres livres de classe, à des films comme Qui veut sauver le soldat Ryan, la seconde guerre mondiale reste dans nos esprits. Et pour ce hors-série, on retrouve Jean-Marc Lofficier aux dialogues, sur un scénario signé Roy Thomas. Oui, LE Roy Thomas. Le scénario suit les faits historiques, y adjoignant un combat resté secret et décisif pour la réussite du débarquement. Si le  contexte est appréciable, l'action s'avère tout de même un peu manichéenne : un super-groupe de gentils contre un super-groupe de méchants. Surtout que ces Partisans ressemblent plus à un catalogue fourre-tout des héros Hexagon de cette période, qu'autre chose. Mais bon, c'est un peu le lot de toutes les super-équipes créées dans le contexte de la guerre, Invaders et All-Star Squadron en tête [du même Roy Thomas, tiens-tiens]. L'ensemble a donc un petit côté suranné qui peut dérouter au 21ème siècle.

Les dessins de Mario Guevara, un simple crayonné en noir & blanc, avec seulement des touches de gris pour jouer sur les contrastes, peut surprendre. Le dessin en lui-même est agréable et bien réalisé, mais l'absence d'encrage marqué aurait tendance à nuire à la lisibilité de certaines scènes, notamment d'action, où les personnages peuvent être confondus. À ne pas lire le soir dans une pièce sombre…

Il fut un temps, pas si lointain, où les français applaudissaient la police. Si, si, je vous assure, ce n'est pas une fiction, mais la réalité. Et en plus? Ils le faisaient d'eux-mêmes, de bon cœur. Si vous avez un doute, rappelez-vous du Bataclan. Rappelez-vous de Charlie Hebdo.

Et les policiers, parfois, meurent en service, laissant des orphelins. Une association appelée l'orphelinat mutualiste de la police nationale aide ces orphelins. Suite à l'attaque terroriste sur les locaux du journal satirique précité, Thierry Mornet a été touché, comme beaucoup de français, par l'abnégation dont ont fait preuve les victimes du devoir. Ce numéro spécial a été créé afin de leur rendre hommage et les bénéfices ont été reversés à l'OMPN.

Si tout n'est pas parfait dans cet épisode un peu spécial du Garde Républicain, il a au moins le mérite de s'élever contre des attentats et de mettre à l'honneur les gardiens de notre République. LE GARDE RÉPUBLICAIN, quoi! Pas de béni-oui-oui, ni trop de bons sentiments dans ce numéro. La vérité, les principes sur lesquels est basée notre Nation.

Et trois mots : je suis Charlie.

2054. Chaque époque a besoin de son Garde Républicain. Dans un futur proche, alors que la France organise la coupe du monde de football, les tensions sont à leur comble dans le pays. Une organisation terroriste, Spirale, veut prendre le pouvoir. Dans ce monde au bord du gouffre, seul le Garde Républicain pourra sauver les valeurs de la République!

Woaw! Ça pète, lu comme ça. Surtout quand on sait que le Pape du French Comics lui-même est aux commandes de ce hors-série surdimensionné : Jean-Yves Mitton lui-même, au scénario et au dessin. Si on aime Mitton, on sera ravi. Tout, du trait, aux moindres détails du Garde, de ses équipiers, jusqu'à ses gadgets, est du pur Mitton. Malgré toute l'admiration que je voue à ce grand Monsieur, c'est malheureusement un peu dommage qu'il ne se soit pas, justement, un peu écarté des sentiers qu'il emprunte habituellement. Du coup, on ne différencie pas trop Grégoire Regnier [initiales G.R] de ses autres héros depuis Epsilon.

Par contre, si vous n'êtes pas familier avec l'œuvre de Mitton, alors là, vous allez vous régaler. Tout est réuni pour rentrer dans un (beau) cahier des charges. Les héros est héroïque et défend les valeurs de la République à l'aide de ses acolytes Marianne (une beurette) et Gavroche (un petit noir). À eux trois, assistés de Bricolo et du Colonel en charge du programme GR, ils vont combattre l'adversité, le terrorisme, la haine aveugle et l'extrémisme de tous bords.

What? Are we talking about The Guardian of the Republic meeting Barbarella?! Indeed!

Non, je n'ai pas [encore totalement] pété les plombs. Le Garde Républicain a bel et bien fait l'objet d'une publication en anglais, chez Dynamite Entertainment, dans un crossover avec Barbarella, autre création française.

Barbarella a été relancée aux États-Unis en 2017, sous la houlette de Dynamite pour une excellente série qui a pourtant été suspendue au bout de 12 numéros. Néanmoins, le Holiday Special qui a suivi l'arrêt de la série a permis de réunir l'héroïne de l'espace imaginée par Jean-Claude Forest et le Garde Républicain dans son incarnation actuelle.

Si je n'ai eu entre les mains [pour l'instant] que la version V.O digitale, sachez que cette aventure a également été publiée en français dans le hors-série 2018 du Garde Républicain. Sachez aussi que The Guardian of the Republic est disponible dans la langue de Shakespeare sur les plateformes numériques, mais également en format "paperback".

Nous reviendrons ultérieurement sur ce numéro lors de la chronique du hors-série 2018, en français, cette fois.

Parlons ici d'une pièce de collection au format A5 que la plupart d'entre vous n'aura certainement jamais l'occasion de voir. A tirage limité, cet ashcan a pour but de réunir plusieurs illustrations, recherches graphiques ou copies de planches, d'artistes ayant travaillé sur la série. Il propose une blank cover et, au dos, une liste de ces auteurs leur laissant la place pour que chacun d'entre eux puisse signer. Cette seconde partie de notre dossier spécial se clôture donc avec les numéros que j'avais déjà lus et que j'ai pris plaisir à relire pour vous en parler. Nous poursuivrons donc dans quelques temps, avec la troisième partie, qui inclura mes derniers achats, mais pas forcément les derniers numéros. En attendant, vous pouvez toujours commander les fascicules auprès de l'auteur, chez votre libraire ou sur internet.
  • Titre: Le Garde Républicain
  • Broché : 44 pages en moyenne
  • Editeur : Auto-édité/Rivière Blanche
  • Collection : Hexagon Comics
  • Langue : Français
  • Prix : 7 à 13 €

Note : Notre système de notation quantifiée ne sera pas utilisé pour les ouvrages présentés dans ce dossier, chaque numéro présentant ses propres forces et faiblesse. Mais vous aurez bien compris que si nous prenons la peine de vous présenter un dossier complet, la qualité sera au rendez-vous.

Les fascicules sont disponibles à l'achat sur le facebook du Garde Républicain, le site de Rivière Blanche, plusieurs librairies en ligne et bien sûr chez votre libraire.

 

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