_JAMES BOND C1C4.inddJames Bond, je connais. De Sean Connery à Daniel Craig, je les ai tous vus. Oui, même le premier Casino Royale et Au Service Secret de Sa Majesté (avec George Lazenby). Je l’ai lu aussi. Là encore, par Ian Fleming, mais aussi les livres sortis ces dernières années. Je pense donc avoir une connaissance assez étendue du personnage. Eh bien, bizarrement, je n’avais jamais lu de B.D sur Bond. Du coup, je ne pouvais qu’être attiré par Vargr, le Tome 1 de la nouvelle série, chez Delcourt.

Comme dans les films, l’histoire ne commence pas tout de suite et nous suivons Bond, James Bond dans la conclusion d’une mission. Générique, Bond dans la cible, coup de feu.

Bond est envoyé à Berlin pour démanteler un trafic de drogue. Pas très MI6 comme mission, mais les temps ont changé. Et loin de la guerre froide, Berlin reste néanmoins une ville où on ne vit que deux fois et toujours dangereuse pour les espions. Surtout que 007 doit dorénavant voyager sans arme! Du coup, dès sa sortie de l’aéroport il échappe de justesse à une tentative d’assassinat. Pourquoi? Quels intérêts sont-ils menacés par son enquête? Et que vient faire là-dedans un ingénieur bio-technicien? De Londres à Berlin et de Berlin à Londres, l’espion qu’on aimait va une fois de plus risquer sa vie pour la Reine, la patrie, et rien que pour vos yeux.

bondicon-h_2016Histoire classique, donc, que ce Vargr. Classique au sens où ce n’est pas un James Bond à grand spectacle auquel nous a habitués le cinéma. Par contre, pour ceux qui ont lu Fleming, vous trouverez des ressemblances. 007 est une véritable machine à tuer dans cette nouvelle série, régulière et éditée chez Dynamite aux États-Unis. Pas de pitié et pas d’états d’âme pour 007. On ne rigole pas avec lui et il bute à qui-mieux-mieux tous les sbires du méchant de l’épisode [oui, il en faut bien un]. Rien d’étonnant quand on voit qui est le scénariste : Warren Ellis. Oui, CE Warren Ellis. Celui qui a du travailler pour à peu près tous les éditeurs de comics de la planète et nous a offert des moments d’anthologie dans des séries comme Transmétropolitan, Hellblazer ou The Authority. On reconnaît d’ailleurs sa patte dans un traitement sans concession de l’univers d’espionnage dans lequel évolue Bond et de son utilisation débridée de son permis de tuer.

vargr-jamesbond-shootsAu dessin, c’est l’opération tonnerre par Jason Masters. Son James Bond est froid et beau à la fois. Un tueur impitoyable sous le masque d’un bel homme. Il réussit d’ailleurs à nous livrer sur papier l’incarnation de l’espion que l’on aimerait voir portée à l’écran. 007 crève la page dans un découpage dynamique et intuitif, empruntant, forcément, beaucoup aux codes du cinéma. Masters ne rechigne pas non plus à détailler de façon très graphique les meurtres et diverses mutilations perpétrées par Bond. Sa façon d’illustrer le trajet des balles à fragmentation pénétrant dans les corps des adversaires du héros me fait d’ailleurs penser à un film d’arts martiaux qui utilisait le même procédé « rayons-X ». [Le titre m’échappe. La Fureur du Dragon, peut-être? N’hésitez pas à laisser un commentaire si vous voyez de quoi je parle].

Entre le scénariste et le dessinateur, on sent vraiment une réelle alchimie et un véritable amour pour le personnage. Un décalage aussi, que nous livre le personnage lui-même, entre les premières aventures qu’il a pu vivre et les temps actuels. Faut-il y voir une critique de la société et de son évolution? Quoi qu’il en soit, Moneypenny draguant Bond sans vergogne, ça vaut son pesant de cacahouètes!