Dès la couverture, cette nouvelle création d’Eric Powell annonce la couleur : un gros balèze avec un hachoir en premier plan et un ours énorme en fond. Y’a pas à dire, ça va trancher chez les péquenauds!* [oui, Hillbilly peut être traduit ainsi].

Un vagabond aveugle parcourt les bois et les collines. Sauf que bien qu’atteint de cécité dès la naissance, il peut à présent voir. Et dans son errance, il cherche les sorcières maléfiques et autres créatures de légende afin d’en débarrasser le monde. Au point d’en devenir lui-même une créature de légende armée d’un hachoir ayant appartenu au Diable en personne.

Eric Powell s’occupe de tout sur cette série et c’est tant mieux que le même artiste s’occupe du scénario et du dessin, tant l’angle d’approche de l’histoire semble être personnel et vraiment particulier. Et contrairement à ce que peut laisser penser la couverture, ça ne va pas [que] trancher.

Il n’y a pas ici de fil directeur entre les épisodes. Plutôt une série de rencontre et d’histoires qu’on peut lire les unes indépendamment des autres. Chaque épisode peut se comparer justement à la première saison (généralement) d’une série télé fantastique où on nous présente le “freak of the week” (l’ennemi de la semaine). Si, au niveau scénaristique, ça ne fait pas beaucoup avancer les choses, ça a surtout l’avantage de bien poser la caractérisation des personnages et d’accrocher le spectateur. Ou le lecteur, dans le cas de Hillbilly.

Pour le reste, Powell nous fait voyager à travers son conte de fées personnel, beaucoup plus proche des Frères Grimm que du Magicien d’Oz. Si Rondel, le héros aveugle, est incontestablement un gentil, le reste des habitants de la région sont un peu mi-figue mi-raisin. On ne badine pas avec le légendaire chasseur de sorcières aveugles, mais pour le reste du casting, même les alliés de Rondel, c’est culs-terreux et compagnie! Du coup, il est facile pour l’auteur de donner une aura surdimensionnée à son héros, du point de vue des habitants, qui l’ont érigé à un statut de légende. Légende qui se fait pourtant flouer régulièrement par les sorcières du coin! Digne héritier de la créature de Frankenstein, Rondel est un être dont la mission n’a pourtant pas éteint l’humanité.

Côté dessin, c’est du Powell. Si vous connaissez déjà les œuvres du Monsieur, vous voyez de quoi je parle. Pour les autres, disons qu’il a un style assez reconnaissable, avec une mise en pages dynamique. Ses personnages, généralement au centre de ses dessins, ont une telle puissance qu’on a parfois l’impression qu’ils vont sortir de la page. Qui plus est, ils ont une vraie “gueule”, avec un trait forcé, tant au niveau morphologique que de l’encrage appuyé. Le tout est en couleurs directes, dans des tons sépia, renforçant encore plus l’aspect irréel qui émane du volume.

Très bon début de série que ce premier volume de Hillbilly. Si je déplore [un peu] l’absence de vision globale du scénario, j’ai vraiment accroché à l’ambiance mise en place par Powell : du Hammer Films en comics. Sachant que la série est prévue en trois Tomes qui paraitront tout au long de l’année, il ne reste plus qu’à attendre la suite.



      • Titre: Hillbilly – Tome 1
      • Album: 96 pages
      • Editeur : Soleil (24 Janvier 2018)
      • Collection : Contrebande
      • Langue : Français
      • ISBN : 978-2-413-00159-1

    
HISTOIRE
85%
   
DESSIN
85%
    
COLORISATION
85%
    
CARACTÉRISATION
80%
    
AMBIANCE GLOBALE
95%


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