Dengue-1Voilà l’été! Enfin, j’espère, car à l’heure où j’écris ces lignes il fait 15° et il pleut à seaux. Partons donc du postulat que le soleil brille, qu’on est en vacances, tongs aux pieds, de la crème solaire sur le bout du nez, et de l’anti-moustiques plein les sacs. Eh oui, ce ne serait pas le moment d’attraper la Dengue!

D’ailleurs, dans Dengue, c’est ce qu’il se passe. Les moustiques on tellement proliféré qu’il est impossible de sortir sans combinaison de protection, sous peine d’attraper la dengue. Le sergent Pronzini, inspecteur en charge du meurtre d’un chercheur de l’Institut d’Études sur les Dyptères, a mis les pieds dans le plat, et découvert que tout n’est pas tout rose dans le développement de la maladie. Entre complot et vaccin, que se passerait-il si quelqu’un venait à se faire infecter trois fois?

Au scénario Rodolfo Santullo nous sert une histoire mêlent anticipation et polar. Cet inspecteur désabusé n’aurait pas fait tâche dans une histoire située dans les années 30 et l’élément fantastique est ajouté par petites touches discrètes, jusqu’à la révélation. Inspiré par Kafka, Santullo nous place face à ce qu’une réelle mutation pourrait donner, loin des super-héros en collant arborant un X.Dengue-3

Mais Dengue met aussi en exergue d’autres thématiques, comme le respect de l’environnement ou celui de la différence et du « mieux vivre ensemble ». Ça paraît tout bête, mais encore faillait-il trouver la bonne approche pour que ça ne paraisse pas forcé.

De plus, le découpage en petits chapitres d’une dizaine de pages chacun, racontant une histoire différente mais s’imbriquant dans un récit global, rajoute une touche un peu 80’s au tout. C’est le genre d’histoire qu’on aurait pu lire dans l’Écho des Savanes ou Métal Hurlant.

dengue-02Les dessins de Matias Bergara renforcent encore plus cette impression de format magazine. Le trait n’est pas hyper précis, ni d’un réalisme à toute épreuve, sans pour autant verser dans le « gros nez », cher aux B.D franco-Belges. Son héros a un faux air de XIII qui aurait pris un coup de vieux et aurait un peu trop forcé sur la bibine. Là encore, on se retrouve dans une représentation graphique plus polar que S.F.

Bergara fait une utilisation intelligente des ombres et des couleurs, qui renforce l’effet post-apocalyptique du dessin. Le cadrage, lui, faisant la part belle aux gros plans, nous plonge dans le côté enquête. Tout le volume se lit d’ailleurs comme on regarderait un bon vieux film des fagots.

Matias-Bergera_original_originalMélange des genres réussi, Dengue se classe parmi ces œuvres entre la B.D et les comics. Du coup, il s’agit ici d’un choix intéressant et cohérent avec la politique éditoriale des Humanos, qui pour le lancement de leur ligne comics réussissent à ne pas dérouter leur lectorat.

Ensuite, bien ou pas bien, ça reste une question de goût. En ce qui me concerne, je le considère comme un petit comics/B.D qui fleure bon la VHS des années 80 et délivre une histoire cohérente.


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