Stillwater – Tome 1

Stillwater – Tome 1

Il n’y a pas que des princes de l’univers qui peuvent être immortels. Parfois, ça peut tomber sur le crâne du bon gars du coin, ou du redneck revanchard quand on n’a pas de bol. C’est un peu la thématique de Stillwater Tome 1.

A Stillwater, tout le monde est immortel. Les blessures guérissent super rapidement et les enfants ne grandissent pas. Les vieux ne vieillissent plus non plus, d’ailleurs. Mais ça, Daniel ne le sait pas quand il reçoit le courrier d’un avocat qui lui annonce qu’il vient d’hériter de sa grand-tante. Venant de se faire virer, sans copine et avec un net penchant pour l’alcool et la bagarre, il se décide rapidement pour se rendre dans ce bled perdu et indiqué nulle part qu’est Stillwater. Accompagné de son meilleur ami Tony, ils arrivent finalement dans le patelin. Témoins de la guérison miraculeuse d’un enfant tombé d’un toit, le shérif adjoint décide qu’ils ne peuvent pas vivre en sachant ce qu’il se passe. Mais est-ce possible de tuer quelqu’un dans une ville où tout le monde est immortel ? Surtout que Daniel pourrait bien ne pas être qui il croit.

Chip Zdarsky s’y entend pour nous proposer des sujets totalement barrés. Cette fois, en partant d’un postulat maintes fois exploité (l’immortalité), il se place du point de vue de l’homme de la rue pour nous présenter de façon très terre-à-terre ce que ça pourrait donner. Et effectivement, ces braves habitants de Stillwater, qui n’ont rien demandé à personne et se retrouvent immortels, sont traités de façon crédible. En fait, leurs caractères n’ont pas changé. Mais à stagner ainsi dans le temps, sans vieillir, leurs défauts se sont exacerbés. Du coup, la caractérisation des personnages sombre parfois dans l’extrême, mais reste compréhensible. Même pour Daniel dont le côté loser peut parfaitement se comprendre au vu de son histoire [sans spoiler].

Les dessins de Ramon K. Perez me laissent plus circonspects. Je trouve qu’ils s’inscrivent dans une mouvance actuelle un peu redondante dans la majorité des titres indés, au rendu final assez « crayonné ». A moins que ce ne soient les couleurs de Mike Spicer qui soient un peu trop fades. Un peu comme si on avait placé un filtre dessus. Ça peut donner un petit côté décalé au titre, mais je n’arrive pas à me décider si j’aime ou pas.

Pour le reste, Perez nous propose une mise en page soignée, avec un storytelling « à la Zdarsky », justement. Pas de folie, mais juste ce qu’il faut d’alternance dans les formats de cases pour focaliser l’attention du lecteur là où il faut.

Série un peu à part, Stillwater s’impose immédiatement comme une véritable étude sociologique, avec ses personnages alternant entre le loup et l’agneau. L’argument fantastique n’est rien d’autre qu’un moyen de s’attarder sur les protagonistes et de s’y attacher. Assurément un titre à suivre.

 

 


 

  • Titre : Stillwater Tome 1
  • Pages : 152 pages
  • Editeur : Delcourt
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 9782413042518
  • Prix : 15.95€

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