Sans Expérience – Tome 1

Sans Expérience

Je ne sais pas si Flaubert aurait cautionné, mais penchons-nous un peu sur l’éducation sentimentale de ce grand dadais de Kiyoshi Sumioka.

Et grand, il l’est! Géant au pays du Soleil Levant, Kiyoshi est le “salary man” moyen, incapable d’aborder une jeune fille car trop complexé. Son collègue Kurosaka se moque bien de lui à cause de ça. Tout va basculer le jour où une nouvelle serveuse va être embauchée dans son restaurant préféré. Dès le premier regard, Kiyoshi a le coup de foudre pour Sumi. Elle finit par l’obséder, même s’il n’arrive toujours pas à lui adresser un seul mot. Un soir, il va se lancer et lui demander tout de go de l’épouser.

Eh ouais! Il ne fait pas dans la dentelle, le Kiyoshi. Quand il parle à une fille, c’est pour lui demander de l’épouser. Mais qu’est-ce qui a bien pu lui passer par la tête? Mayu Minase ne répond pas à cette question. C’est comme ça : la rencontre de ces deux handicapés sentimentaux que sont Kiyo et Sumi. Car oui, elle aussi elle est complètement dépassée par les relations interpersonnelles.

On assiste dans ce Tome 1 de Sans Expérience, à la rencontre, puis au mariage des protagonistes. Le meilleur moment arrive, forcément, à la fin, quand il va s’agir pour eux de “passer à l’acte” ou, comme le dit l’auteur, de faire leur “devoir conjugal”. Quand on sait que, même mariés, ils n’ont pas réussis à s’embrasser, je ne peux qu’imaginer la situation lorsqu’ils vont vouloir faire la bête à deux dos dans leurs pyjamas en pilou-pilou!!

Mayu Minase nous propose donc une série drôle, mais pas du genre à se fendre la gueule. On est plutôt dans la catégorie de la comédie romantique douce-amère. Ses personnages sont attachants avec leur gêne permanente et leur inexpérience totale en matière de relation homme-femme. Je me suis déjà posé la question sur certaines lectures précédentes, mais j’aimerais vraiment avoir une meilleure connaissance de la société japonaise et de sa culture, surtout en matière de relations. Cette gêne, cette obsession du mariage et de la femme soumise, comme on a pu le connaître en Europe avant les années 60 et l’émancipation de la femme, d’ailleurs, m’intrigue au plus haut point. Je suis également curieux de savoir si les jeunes japonaises ont toujours cette “culture de la geisha”, finalement, ou si c’est juste hyper imagé et romancé dans les mangas?*

Et je n’ai pas parlé du dessin. Difficile de sortir du lot, graphiquement parlant, dans un manga, tellement tout est codifié. Le dessin est donc très propre et net. C’est surtout dans la posture des personnages que Minase réussit à se détacher du lot. En effet, ils font vraiment ressortir, dans leurs postures et leur gestuelle, surtout entre Kiyoshi et Sumi, le caractère que le mangaka leur a donné. Ils ont l’air d’être “posés là” et de ne pas savoir quoi faire de leur corps. Visuellement parlant, j’ai trouvé ça intéressant et cohérent.

Entre le dessin et la caractérisation des personnages, l’histoire, même si elle n’est finalement pas si exceptionnelle, m’a touché. Je m’attendais à une grosse déconnade et j’étais prêt à faire un petit podcast débile ou une (toute) petite chronique Instagram et je me retrouve à écrire plein de mots sur ma page blanche. À la fin de ma lecture, je n’étais pas plus emballé que ça. C’était sympa, sans plus. Mais au final, mon cœur de midinette a pris le dessus et je me suis retrouvé avec une histoire que j’ai même envie de relire.

Bon, ils vont conclure, ou pas, dans le Tome 2?

 

 

*Lectrice d’origine japonaise, si tu as saisi le message, tu es la bienvenue pour laisser un commentaire.

 

 


  • Titre: Sans Expérience Tome 1
  • Broché : 192 pages
  • Éditeur : Delcourt/Tonkam
  • Collection : Seinen
  • LangueFrançais
  • ISBN-13 : 9782413039327
  • Prix : 7,99€

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