Peaux Épaisses

Après Hard Rescue [on en a parlé dans notre podcast, file l’écouter si ce n’est pas déjà fait], c’est une autre adaptation de roman des Éditions Critic qui nous est proposée par Les Humanoïdes Associés avec Peaux Épaisses, d’après l’œuvre presque éponyme de Laurent Genefort. On reste donc dans un récit de science-fiction pur jus.

Lark est un mercenaire vétéran, toujours au cœur de l’action. Lorsqu’il reçoit un message faisant allusion à son passé, il déserte le champ de bataille et se lance à la poursuite du Clan Nomaral, un clan de Peaux Épaisses. Ces humains génétiquement modifiés pour survivre dans l’espace sont recherchés par la Colexo, une multinationale d’exploitation spatiale, qui a engagé Roxo, l’ancien élève de Lark, pour les éliminer. Et c’est une aubaine pour Roxo. En effet, en plus de prendre sa revanche sur le Clan, il va pouvoir dépecer tous ses membres et revendre leurs peaux à prix d’or. Lark, de son côté, cache un secret : c’est un ancien peau épaisse, qui a été humanisé grâce à des opérations chirurgicales. Avec l’aide de Windy, une universitaire anthropologue menant des recherches sur le Clan Nomaral, il va rechercher les siens tout en essayant d’échapper à Roxo et à sa troupe.

Je n’ai pas lu le roman original, mais je dois avouer que le scénario de Serge Le Tendre est diablement efficace. Si “l’univers” dans lequel évoluent les personnages est assez redondant en termes de construction, avec son entreprise minière toute puissante qui engage des mercenaires pour aller dézinguer le résultat de manipulations génétiques [Alien? Vous avez dit Alien?], la construction du récit est plus bétonnée. L’histoire de Genefort regorge de quelques petits twists sympathiques et, surtout, la caractérisation de Lark est assez fouillée. Si au début ses motivations ne sont pas très claires, on comprend mieux le personnage une fois son passé de peau épaisse révélé [et ça m’apprendra à ne jamais lire la quatrième de couv’. Au moins, on garde le suspense].

Sans concessions sur la violence, l’histoire se lit bien, alignant les situations et permettant au lecteur de se prendre d’affection pour ce clan d’êtres à peine considérés comme des outils, au mieux comme des proies.

Les concessions sur la violence, Pasquale Frisenda n’en fait pas beaucoup non plus au dessin. Avec un trait plutôt minutieux, il nous dépeint une galerie de “gueules” qui arpente le volume en imposant leur carrure. Mais il ne s’y entend pas que dans la représentation graphique des personnages. Ses décors et, notamment, ses grandes cases spatiales sont de toute beauté et mises en couleur brillamment par Stefani Rennee.

Allez, seuls bémol pour le duo en charge des dessins/couleurs : les peaux épaisses. On nous propose des espèces de Barbapapas jaunes, là où j’aurais vu des béhémots grisâtres tout en muscles. Je conçois que le design est ainsi plus original, mais du coup, la couverture est trompeuse.

Excellent volume que ce Peaux Épaisses, qui nous propose une vraie science-fiction adulte comme on aime. Entre Alien et Blade Runner, c’est un volume que je ne peux que vous conseiller.


 

  • Titre: Peaux Épaisses
  • Broché : 114 pages
  • Éditeur : Les Humanoïdes Associés
  • LangueFrançais
  • ISBN-13 : 9782731697858
  • Prix : 22€

 

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