Moby Dick

S’il est un classique de la littérature que tout le monde connaît un tant soit peu, c’est bien Moby Dick, le roman d’Herman Melville. Capitaine du Pequod, Achab poursuit sans relâche la baleine blanche qui lui a arraché sa jambe, jusqu’à la confrontation finale.

Voilà pour le pitch. Pour ma part, n’ayant pas lu le livre depuis des décennies, c’est à peu près tout ce qu’il m’en restait en tête. Ça et l’impression, encore maintenant, que j’avais lu un grand livre. Cette adaptation en B.D par Bill Sienkiewicz (secondé par Dan Chichester pour les textes) me laisse la même impression une fois la lecture terminée.

Si adapter une histoire en B.D peut s’avérer (relativement) simple, c’est la représentation graphique qu’en donne Sienkiewicz qui en fait toute la puissance. Illustrateur de génie, n’ayons pas peur des mots, il arrive à faire transparaitre la folie d’Achab et de sa quête. Les moments angoissants sont encore plus angoissants, les personnages transpirent la folie dans cette chasse à la baleine. Pas que la chasse à Moby Dick, d’ailleurs. La chasse à la baleine comme elle a pu avoir lieu au 19ème siècle, avec son lot de douleurs et de souffrances, tant pour les marins que pour les cétacés. Tout ça pour de l’huile…

Bref. La sauvegarde des espèces animales ou la conscience écologiques n’existaient pas encore, tout comme le politiquement correct, et en ça, cette adaptation ne fait aucunes concessions.

 

Niveau graphisme, si vous ne connaissez pas Sienkiewicz, la partie dessin pourra paraître… bizarre. Le trait torturé, sombre et hachuré de l’artiste peut dérouter de prime abord, surtout si vous ne l’avez croisé qu’au détour de quelques publications estampillées “super-héros” comme Daredevil ou Les Nouveaux Mutants. On assiste pourtant à une symphonie dessinée, un opéra gothique à la mise en page puissante qui vous explose au visage à chaque nouvelle planche. Vous l’aurez compris, je suis fan. Dans le choix des cadrages, des couleurs et dans sa représentation d’Achab, l’artiste donne une belle leçon de peinture.

Plus adaptation illustrée du roman que véritable B.D, ce Moby Dick peut s’avérer enchanteur ou dérangeant, selon la personne qui le lira. Je ne peux que vous inviter à le feuilleter chez votre libraire et, si vous aimez ce que vous voyez, le prendre pour une bonne séance de lecture au coin du feu.

 

 


  • Titre: Moby Dick
  • Broché : 176 pages
  • Éditeur : Contrebande
  • Langue : Français
  • ISBN-13 :9782413019756
  • Prix : 14.90€

 

 

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