La sortie du Tome 3 de Solo est l’occasion de revenir, en partie, sur l’intégrale de la série. Alors, vous êtes plutôt rat des villes, ou rat des champs?

Car oui, Solo, c’est l’histoire d’un rat. Et comme son nom l’indique, ça marche bien mieux pour lui quand il est seul. Dans un monde post-apocalyptique, les animaux ont évolué vers des formes humanoïdes. Sans quasiment plus de ressources pour survivre, une lutte entre les espèces s’est déclarée, chacun mangeant l’autre.

Si le Tome 1 nous racontait son passage à l’âge adulte, le Tome 2 le voyait fonder une famille, malheureusement disparue à la fin du volume. Le Tome 3 suit donc Solo à la recherche de sa femme et de ses enfants, afin de leur éviter d’être déportés dans des fermes d’élevage pour servir de nourriture aux humains. Pour ça, Solo va faire ce qu’il sait faire de mieux : trancher, découper, mutiler et réduire à néant tout ce qui se met en travers de sa route. Ce n’est pas un rat, c’est une machine de destruction! Dans sa lutte il trouvera le réconfort auprès d’un allié, un disciple.

Oscar Martin officie encore sur ce Tome 3 au scénario et au dessin. L’histoire reste cohérente avec les précédents volumes et, fin de cycle oblige, Martin boucle la boucle. On assiste donc à une vraie fin, même si des spin-offs sont prévus.

La force de cette histoire, c’est qu’on en oublie que Solo est un rat. Il est caractérisé de façon à ressembler à l’idée, peut-être machiste, qu’un homme doit être prêt à se sacrifier pour sa famille. Il en est le protecteur et garant de sa sécurité. Foin d’anthropomorphisme, le lecteur plonge directement dans le cœur de Solo, où se mêlent les émotions auxquelles on peut s’identifier facilement. En transcendant la barrière séparant le règne animal du règne des humains, Oscar Martin propose une histoire morale et crédible. En cela, la seule comparaison qui me vienne à l’esprit c’est Jean de la Fontaine et ses Fables. Excusez du peu!

Les dessins de Martin sont toujours aussi efficaces, que ce soit dans les scènes de bataille que dans la transmission de l’émotion. Et à partir de la page 110, ce sont les émotions qui prédominent. Le scénario y est, évidemment, pour beaucoup, mais le dessin, le découpage, surtout, transcendent l’histoire. Sans une seule ligne de dialogue ou un seul mot, les dessins se suffiraient à eux-mêmes [ce qui est le cas pages 119 à 121].

Point final de la série, le Tome 3 de Solo ne se termine pas en apothéose, mais ne vous attendez pas à un happy end, ce n’est pas un film américain! Vraiment scindé en deux parties bien distinctes, la conclusion pourra déconcerter un peu le lecteur, mais je pense que c’est ce qu’a voulu l’auteur. Vous voulez savoir de quoi il s’agit au juste? Lisez la B.D.


  • Titre: Solo – Tome 3
  • Album: 128 pages
  • Editeur : Delcourt (18 octobre 2017)
  • Collection : DEL.CONTREBANDE
  • Langue : Français
  • ISBN-10: 2413001565
  • ISBN-13: 978-2413001560

    
HISTOIRE
80%
    
DESSIN
90%
    
COLORISATION
90%
    
CARACTÉRISATION
100%
    
AMBIANCE GLOBALE
90%

Catégories : Reviews VF

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