Divinity est une mini série proposée par Valiant, donc par Bliss dans l’hexagone. Chose pratique, les quatre numéros sont proposés en un seul volume. Pas convaincu par la lecture du premier numéro en V.O, je n’avais pas poursuivi. Est-ce que ce sera mieux en Français?

Lors de la guerre froide, la Russie décide d’envoyer un cosmonaute aux confins de l’espace de façon à prendre une longueur d’avance sur les États-Unis. Arrivé au terme de son voyage, Abram Adams, le cosmonaute, rencontre une entité qui lui confère des pouvoirs divins. De retour sur Terre après une absence d’une cinquantaine d’années, Adams décide d’exploiter sa toute-puissance pour créer un havre dans lequel accueillir la famille décédée qu’il a laissé à son départ. Rappelez-vous : pouvoirs divins. Mais ça, c’est si Unity, le groupe de super-héros de l’univers Valiant, veut bien le laisser faire.

Pas évident à comprendre? Oui et non. À la lecture, le propos de Matt Kindt est compréhensible et Adams apparaît comme un humain à qui une entité a donné des capacités hors du commun. Sur la représentation de la période communiste et de la sélection d’un cosmonaute hors du commun, on pense un peu à Red Son. Surtout que, comme Kal-El, Abram Adams a été recueilli tout bébé, ce qui laisse ouvertes toutes sortes de possibilités sur ses origines.

Par contre, ce qui me gène le plus, c’est l’incohérence de ce volume avec la réalité. L’auteur a donné à son héros un nom qui n’a aucune consonance Slave alors que le personnage, orphelin, est élevé en Russie. Ensuite, il a choisi un black. Loin de moi l’idée de polémiquer ou faire du racisme primaire mais l’Union Soviétique n’était pas vraiment connue pour son amour de la différence. Dans ces conditions, un black, tout doué et méritant qu’il soit, n’aurait jamais pu intégrer un programme spatial. Vous allez me dire “ on s’en fout, c’est qu’une histoire ”. Oui, mais en plus… on s’ennuie! On s’ennuie ferme, même, à la lecture de ce volume très [trop?] introverti. Tous les ingrédients sont pourtant présents pour livrer une histoire épique, mais la mayonnaise ne prend pas.

Heureusement, en vieux routier du comics, Trevor Hairsine sauve un peu les meubles avec un dessin de qualité qui lui, justement, fait ressortir la dimension épique du scénario. Ses planches sont ponctuées de petits détails et de trouvailles graphiques servies par une colorisation aux petits oignons. Son travail est également mis en valeur par le choix éditorial de Bliss de proposer, en fin de volume, un long dossier sur le travail effectué sur les planches.

Première grosse déception chez Bliss pour ma part, Divinity a été loin, bien loin, de me convaincre, malgré un scénario plein de promesses et un dessin à la hauteur. Un Divinity II est déjà sorti. Reste à souhaiter que la suite soit meilleure que l’original.


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