Bonjour et bienvenue à tous ! Cette semaine, nous allons parler du prochain film d’animation DC Comics qui paraîtra en DVD et Blu-Ray le 21 août prochain : Batman : Silence !

         Inspiré du célèbre récit de Jeph Loeb et Jim Lee, on y retrouve tout un tas de scènes tirées directement du comic, mais aussi tout plein de différences vis-à-vis de l’oeuvre originale. En effet, le film ne suit pas à la lettre le comic dont il s’inspire, ce qui est à la fois prévisible, logique et cohérent : faire tenir autant de sous-intrigue que dans les treize chapitres du récit dans un simple film de moins d’une heure trente aurait été aussi stupide qu’inutile. Adieu donc aux personnages trop complexes à faire intervenir, comme Huntress ou Jason Todd, adieu aussi au récit du passé commun de Bruce et Thomas. Au final, le film se concentre avant tout sur l’histoire d’amour entre Catwoman et Batman.

         Pour éviter de trop spoiler, je vais avant tout faire une petite review sans trop divulguer d’informations importantes. Puis dans les deux derniers paragraphes, je parlerai plus en détails des soucis en donnant des exemples.

         Commençons par parler de l’animation du film : dans le même style que tous les films d’animation de DC depuis plusieurs années, c’est très bon, agréable à regarder, même si tout n’est pas parfaitement fluide et animé (mais rien de bien horrible). C’est Justin Copeland qui se charge de la réalisation du film (ce dernier avait déjà pas mal travaillé sur les autres films d’animation DC, même si c’est le premier qu’il réalise) ; et franchement, on est tellement dans un style d’animation qui reste le même depuis des années, qu’on ne remarque pas la « patte » du réalisateur, en terme de mise en scène. On notera, par ailleurs, que dans ce film, Batman enfile un « nouveau » costume, arborant ainsi une couleur bleutée (plus proche du costume qu’il porte dans le comics) et non plus son ensemble noir et gris.

         Pour ce qui est des musiques, je les ai trouvées vraiment très belles. Non pas que les musiques dans les films du DC Universe Animated Original Movies soient mauvaises d’habitude, loin de là même ; mais elles ne m’ont jamais réellement marquées. Tandis que dans ce film, Frederik Wiedmann — qui signe la quasi-totalité des musiques des films et séries d’animation DC depuis plusieurs années — s’est réellement surpassé pour donner un style particulier aux compositions de ce film.

         

Passons à présent au scénario : comme je l’ai dit plus haut, le film ne suit pas parfaitement les événements du comic, ce qui est loin d’être une mauvaise chose. L’histoire suit tout de même quelques événements marquants du récit de Loeb et Lee, et ce pendant facilement une heure du film. Néanmoins, la fin a été totalement modifiée et c’est là que se trouvera le plus gros défaut du long-métrage. En soi, modifier l’oeuvre d’origine ne me dérange pas ; mais les modifications apportées sont à la fois déstabilisantes et absolument décevantes. Malheureusement, je ne pourrais pas vous en dire plus sans spoiler. Donc, tout ce que je peux vous dire, c’est qu’on passe un très bon début de film — la relation entre Batman et Catwoman est bien amenée et bien traitée, les personnages sont tous intéressants, on nous présente des liens aux précédents films (notamment le Règne des Supermen), et la ribambelle de super-vilains s’attaquant à Gotham et Metropolis amène un peu de dynamisme au film. Mais les changements appliqués à la fin du scénario viennent malheureusement décevoir douloureusement les lecteurs du comic, tout en déstructurant des éléments du film qui aurait pu avoir un sens bien plus intéressant si la fin n’avait pas été ce qu’elle est.

         Voilà pour ceux qui ne veulent pas être spoilés, on s’arrête là ! Pour les autres, on continue pour voir plus en détails les soucis du long-métrage.

          Donc, comme je le disais, le film est très sympathique pendant au moins les deux tiers de sa durée ; il n’y a pas tout, mais le scénario se tient et tout est cohérent et compréhensible, même pour ceux qui n’auraient pas lu les comics. Cependant, le long-métrage meurt douloureusement au moment de la révélation du grand méchant. Je ne suis pas forcément contre l’idée de modifier l’identité d’un personnage dans une adaptation, ça peut d’ailleurs être une très bonne façon de déstabiliser les lecteurs. Mais là, ça ne marche pas : Silence n’est pas Thomas Elliot, mais Edward Nigma. Ce faisant, le film retire tout le côté intéressant du personnage de Silence (son lien avec Bruce Wayne, sa vengeance sur les deux identités de son ami d’enfance, etc.), tout en détruisant un autre vilain (Nigma devient un personnage bourré au Lazare, plus si intelligent, mais ultra puissant, carré et capable de tenir tête à Batman au corps-à-corps. Ce changement de scénario équivaut donc à détruire deux vilains de Batman ; qui sont, par ailleurs, deux vilains que j’adore (renforçant encore plus ma déception).

         Le film se retrouve donc complètement mis à mal par cette « mauvaise décision » qui rend le « grand méchant » inintéressant (clairement, voir Nigma taper Batman sans trop de raisons, si ce n’est pour devenir « celui qui aura tué Batman », ça rend le méchant plus insipide que jamais), et qui rend l’intrigue autour de Thomas Elliot complètement inutile. Dans les comics, pour ceux qui l’ont lu, vous vous souvenez qu’après nous avoir longuement présenté Eliott et son passé commun avec Bruce, le médecin finir par « mourir » au moment où le Joker arrive ; ce qui rend très triste Bruce, avant la révélation finale où l’on comprend qu’il n’est jamais réellement mort, et que c’est lui qui se cachait sous le masque de Silence. Eh bien ici, rien de tout ça. On ne connaît pas le perso au début du film, il débarque comme un cheveu sur la soupe, il annonce au détour d’une conversation que lui et Bruce sont amis d’enfance ; les deux hommes ont une courte scène dans laquelle le playboy milliardaire annonce qu’il va essayer d’être un meilleur ami qu’il ne l’a été, et Elliot ne sert plus à rien après ça. En effet, comme dans le comic, il meurt lors de l’arrivée du Joker. Ensuite, il y a une courte scène d’enterrement, mais qui ne nous touche pas réellement (car elle sert plus à montrer que la relation entre Selina et Bruce prend de l’ampleur). Et quand le gros méchant se dévoile enfin, eh bien, comme ce n’est pas Elliot, le personnage devient totalement inutile et inintéressant. Le film devient alors une grosse déception, surtout si vous appréciez un minimum le personnage de Silence et l’impact qu’il a pu avoir sur Batman dans les comics.

         Sur ce, à la semaine prochaine pour une nouvelle review !


  • Titre: Batman : Silence
  • Réalisateur : Justin Copeland
  • Studios : Warner Bros. Animation (21 Aout 2019)
  • Langue : Français/Anglais
  • Durée : 1h22
  • Prix : 9€99 en DVD / 14€99 en Blu-Ray


    
HISTOIRE
60%
   
DESSIN
75%
    
COLORISATION
90%
    
CARACTÉRISATION
70%
    
AMBIANCE GLOBALE
65%