Ultimate Spider-Man T01 : Mariés, deux enfants
Quand on parle d’Ultimate Spider-Man, la première chose qui nous vient en tête, du moins à moi, c’est l’univers révisé par Bendis et notamment Miles Morales, création de Bendis et Pichelli.
Cette version modernisée de Spider-Man nous proposait un Peter essayant de concilier vie étudiante, travail au Daily Bugle et missions super-héroïques. Pour les quelques personnes ne le sachant pas, l’univers Ultimate était publié en parallèle de la série classique, et offrait donc une alternative aux aventures du Tisseur. Cette alternative, très vite couronnée de succès, a eu le vent en poupe et a propulsé tout un univers alternatif, l’univers Ultimates ; depuis, de nombreuses séries ont vu leur univers se décliner, des X-Men et Avengers parmi tant d’autres. Cet univers a permis une certaine liberté d’expression aux artistes passant dessus, notamment le plus célèbre Miles Morales comme je disais plus haut. Cet univers a duré une quinzaine d’années, et continue de temps à autre de faire un passage dans l’univers Marvel, mais aujourd’hui, Marvel reprend à bras-le-corps cet univers et nous propose une nouvelle vision. Avec quelques séries phares, Spider-Man, X-Men, Wolverine, etc… c’est pour mon plus grand plaisir Jonathan Hickman qui prend les commandes du Spider-Man avec un point de vue totalement nouveau, et qui, je dois le dire, me faisait envie depuis très très longtemps.
Sorti fin 2024 (et début 2025), Ultimate Spider-Man Tome 1 nous offre un univers où Peter Parker n’est pas un adolescent mais un adulte qui a une vie de famille avec deux enfants et marié à Mary Jane Watson.
C’est donc accompagné de Marco Checchetto que ce tome 1 nous fait plonger dans cette nouvelle proposition.
Les plus vieux fans du Tisseur le savent, le fait de la popularité de Spidey est son jeune âge, le fait qu’il ait des problématiques d’ado, permet une accroche facile à tout ce qu’on a toutes et tous déjà vécu. Mais, force est de constater qu’au bout d’un moment, on aimerait, du moins moi, le voir évoluer et « grandir » dans sa vie, avoir d’autres problématiques à gérer, le voir mûrir, faire des choix, penser différemment, et c’est ici ce qui nous est proposé : un véritable bol d’air frais.
Hickman nous offre un Peter Parker pas loin de la crise de la quarantaine, marié, deux enfants, mais qui, au fond de lui, ressent un vide, un manque d’un « je-ne-sais-quoi ». Et ce je-ne-sais-quoi, c’est cette fois un choix, la peur de l’inconnu, les doutes. Au lieu de se faire mordre par accident, il choisit délibérément de se faire mordre et d’embrasser cette nouvelle vie et ces nouveaux défis.
C’est très malin, car cette fois, tout le monde est au courant et est impliqué dans le récit. Les valeurs de Peter ne sont plus tout à fait les mêmes, et ses motivations également ; cela offre un angle de vue que j’avais déjà pu apprécier dans Life Story de Chip Zdarsky. Et bien que ce premier tome puisse se lire totalement indépendamment de la mini-série Ultimate Invasion qui a servi de tremplin à l’univers Ultimate, on y retrouve quelques références, notamment celle du Créateur (The Maker), qui est à l’origine des manipulations de l’univers afin d’en bannir les super-héros.
Vous imaginez bien qu’avec Hickman aux commandes, ce sont des concepts pensés à plusieurs niveaux de lecture, et c’est extrêmement plaisant de voir au fil des pages les petites choses s’imbriquer les unes après les autres.
Qui dit univers alternatif dit petites différences, notamment du côté de Peter qui, s’il est plus âgé, a encore son Oncle Ben dans sa vie. Et qui plus est, cet oncle est très ami avec J. Jonah Jameson ; tous deux sont en quelque sorte les modèles de Peter dans cet univers. Leur dynamique est extrêmement intéressante, que ce soit entre Ben et Jonah ou les deux avec Pete. C’est mature, malin et toujours bien senti. Un régal. Notamment grâce à Marco Checchetto qui dessine un Peter/Spider-Man comme j’ai toujours voulu voir mais je ne le savais pas encore ! Il n’est pas tout seul cependant, David Messina l’accompagne sur quelques chapitres, et livre également un travail d’excellente facture, très spectaculaire mais extrêmement efficace.
Ultimate Spider-Man s’illustre bien évidemment par sa proposition mais également son ton, plus adulte bien sûr, mais sans oublier l’essence même du caractère de Peter, un peu maladroit et rigolo. J’ai beaucoup ri pendant les phases de découverte de ses pouvoirs ou de ses costumes, notamment grâce à l’implication de ses proches là où il était seul dans l’univers classique. Le tome est dense mais très plaisant à lire.
Ultimate Spider-Man a été un véritable coup de cœur et j’ai extrêmement hâte de lire la suite pour découvrir les nouveaux personnages qui sont apparus et/ou qui devraient apparaître et surtout voir vers où Hickman va aller pour conclure cette série.
Quoi qu’il en soit, ce premier pas dans l’univers Ultimate version moderne est un franc succès et j’irai très vite voir les autres séries, notamment X-Men avec Peach Momoko qui a reçu des retours mitigés, mais ça nous en reparlerons à la sortie.
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