Something is Killing the Children – Tome 8
Avec son 8ᵉ tome d’une série qui aurait pu finir il y a bien longtemps, on se demande où James Tynion IV va nous amener, surtout au vu du tournant que l’histoire a déjà pris.
Il a construit un univers, nous a présenté un organisme avec ses forces et ses faiblesses, ses personnages charismatiques et haut en couleur, et surtout leur mission et tout ce qui en découle. Accompagné à ça, deux spin-offs qui ne m’ont pas des masses convaincu, je suis donc resté sur l’histoire principale. Mais je dois avouer que l’arc précédent, qui mettait en avant une Erica « freelance » tueuse de monstres, était un peu l’apogée de ce qui pouvait être la série. Alors avec ce tome 8, j’étais à moitié serein.
Moitié serein parce que revenir dans l’univers de Tynion sous les crayons de Dell’Edera, c’est quand même un plaisir non dissimulé, mais pour quoi ? Qu’est-ce qu’il y a à raconter de plus que la quête sans fin de ces monstres tueurs d’enfants ?
Alors, qu’on se le dise directement : ce tome 8 est à la fois excellent si vous aimez l’univers et que vous avez un affect pour les personnages, et à la fois anecdotique. Composé de 5 chapitres qui sont tous indépendants les uns des autres, on navigue à différents moments de la vie d’Erica. C’est ce côté remplissage qui donne à ce tome son aspect anecdotique. Ces histoires, en soi, n’apportent rien – que ce soit à l’histoire, à l’univers ou même, à première vue, à nous lecteurs. On n’apprend rien de plus que ce que l’on sait déjà plus ou moins. Mais là où c’est malin, c’est que le tome axe son intensité sur le côté émotionnel.
Alors, si je dis anecdotique, c’est un peu par provocation, évidemment, car juste le fait de retrouver Erica balaie pour moi ce point – mais mon amour pour la série fait que. James Tynion nous livre donc, au cours de 5 récits, une accumulation de fatigue physique et mentale chez Erica, qui, en cumulant les excès, les blessures, la propension à vouloir toujours en faire plus au détriment de sa santé, va l’amener à un point de rupture qui n’a, pour l’instant, jamais été abordé dans l’univers. Outre les chasses aux monstres habituelles, les deux derniers chapitres vont faire le focus sur l’épuisement mental d’Erica, qui, au détour d’un rendez-vous avec un thérapeute, va s’ouvrir un tout petit peu et nous laisser entrevoir qu’elle aussi aurait besoin d’aide. Le dernier chapitre vient appuyer cette petite incursion de manière extrêmement intelligente et ouvre – je l’espère – la porte à une Erica qui pourrait évoluer en tant que personne du fait de cet épuisement. Ça a grandement attisé ma curiosité. Cependant, si le tome 9 à venir reprenait le même schéma que celui-ci, j’ai peur que continuer la série avec une suite d’histoires naviguant entre le passé et le présent d’Erica finisse par perdre le lecteur, qui attend soit la suite de l’histoire, soit peut-être juste une conclusion à cette série déjà extraordinaire. Il n’en reste pas moins que je suis extrêmement intrigué par ce que le duo va nous proposer, et que j’attends de pied ferme le tome 9.
Si vous avez aimé SiKTC jusque-là, ce tome de « respiration » vous plaira sans aucun doute. Pour ceux qui ont aimé sans plus, le tome 7 peut à ce jour faire office de conclusion, et vous pouvez surveiller la suite si un nouvel arc démarre.
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