The Bugle Call
Parfois, le hasard réserve de belles surprises. Avec The Bugle Call, c’est exactement ce qui m’est arrivé. Sa promesse d’un nouveau titre de dark fantasy autour d’un héros rêvant de devenir ménestrel ne m’emballait pas vraiment au départ. Le pitch, ajouté à une couverture qui ne m’inspirait pas plus que ça, me laissait plutôt de marbre. Et pourtant, il suffit parfois qu’on vous en parle d’une manière un peu différente pour avoir envie de tenter l’aventure.
Je me suis donc lancé dans le premier tome… et j’ai enchaîné jusqu’au sixième sans pouvoir m’arrêter. Hapé par l’originalité de l’univers, la richesse des personnages et la manière dont leurs pouvoirs sont mis en scène.
Revenons un peu sur l’histoire. Le pitch de départ peut sembler basique, mais il mérite qu’on s’y attarde. Luka, notre héros, est un orphelin recueilli par une troupe de mercenaires en pleine guerre. Son unique but : rembourser sa dette envers le chef de la troupe pour enfin partir et réaliser son rêve de devenir ménestrel. Mais la tâche est ardue, et il se retrouve affecté au poste de clairon. Son rôle ? Sonner les ordres au moyen d’une trompette pour guider les soldats — rien de bien palpitant, mais pour lui, c’est déjà un pas vers la musique.
Très vite, la troupe de mercenaires est mise en déroute par une armée ennemie, qui propose à Luka de les rejoindre. Pourquoi s’intéressent-ils à lui, me direz-vous ? Tout simplement parce que Luka est un Cornu : un humain doté d’une corne de bois sur le crâne, qui lui confère un pouvoir spécifique. Chaque Cornu possède un don unique. Pour notre héros, ce don est bien sûr lié au son et à la musique : il peut matérialiser des traînées lumineuses en fonction des notes jouées, et ainsi guider ses alliés ou mettre en place des stratégies d’attaque et de défense redoutables.
C’est ainsi que The Bugle Call démarre : Luka rejoint la troupe du Pape, composée de Cornus, engagée dans une guerre contre l’Empire.
Sur le fond, le scénario de Mozuku Sora reste relativement classique, je vous l’accorde. Mais la construction des personnages, la richesse de l’univers et l’ingéniosité des pouvoirs rendent l’ensemble particulièrement efficace. Et que dire du dessin de Higoro Toumori ! Son trait met brillamment en valeur les pouvoirs et les combats, avec une inventivité folle. Un véritable régal visuel.
The Bugle Call, c’est au final un titre de dark fantasy riche, inventif et généreux. Un manga qui sort de l’ordinaire et qui, à mon avis, mérite bien plus que ce que ses couvertures laissent présager. Une excellente surprise que je ne peux que vous recommander. Et en bonus, on a même droit à la cité de Carcassonne, mise en scène avec fidélité — ce qui, en tant que local, me fait très plaisir !
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