Machines de Guerre Tome 3 : Dream Team

Machines de Guerre Tome 3 : Dream Team

Tu l’as vu en couverture? Il est pas beau mon gros canon? En psychologie, on appelle ça un substitut phallique. Mais c’est pas de bonhommes dérangés ou de cul qu’on va parler aujourd’hui, mais de la guerre. Et mondiale, qu’elle était, la guerre! La seconde, évidemment, celle où il y avait du nazi à dégommer. C’est ce que nous allons voir dans ce Tome 3 de Machines de Guerre : Dream Team.

Normandie, 1944. Les américains débarquent pour libérer la France de l’occupation allemande. Leur meilleure arme? Le tank Sherman M4, également surnommé affectueusement le briquet Ronson [du nom d’une célèbre marque] vu qu’il a tendance à prendre feu au moindre obus reçu. Ce volume va nous faire suivre 5 soldats de la 3e  division blindée US Spearhead, partant des plages normandes, en direction de Berlin. Ils vont avoir fort à faire pour survivre face aux chars allemands qui les surpassent de loin. À bord de leur machine, baptisée Dream Team, les soldats vont pourtant déborder d’ingéniosité pour améliorer les performances de l’engin.

À la vue de la couverture [outre les ressemblances phalliques] rien ne me laissait supposer du contenu de l’histoire. Jean-Pierre Pécau n’étant pas un novice dans la scénarisation d’histoires à contexte historique, je me suis dit qu’il fallait lui laisser sa chance. Et ce n’est pas si mal que ça! Il nous raconte la guerre en maintenant un point de vue à la fois distancié et proche de ses personnages. Sans vraiment s’attacher à chacun en particulier, son petit groupe suscite la sympathie et l’empathie du lecteur. Les soldats sont briefés dès le début : “Le char Sherman n’est pas un bon char”. Les choses sont dites, à eux de se démerder. Tout au long du volume, les soldats vont y arriver. En reculant (souvent), en se cachant (beaucoup) ou en ayant de la chance (énormément), ils vont continuer leur progression.

Petite mention à la scène où des milliers de soldats allemands se rendent aux forces américaines. Si ce n’était un certain chauvinisme US présupposé, ce passage démontre surtout la débâcle allemande à la fin de la guerre.

Senad Mavric et Filip Andronik s’y sont mis à deux pour nous proposer des tanks en tous points semblables aux originaux. Si un char d’assaut n’est qu’une grosse boite avec un canon montée sur chenilles, ils ont réussi à donner à chaque modèle une allure propre. Les chars allemands sont imposants et lugubres, alors que le Sherman s’avère être petit, agile, voire roublard. C’est là que c’est fort : on arrive à transposer les émotions véhiculées par les personnages au tank.

Pour le reste, le dessin est clair et précis, avec un petit côté “passé” dans sa colorisation qui donne l’impression de regarder un film noir & blanc que l’on aurait ensuite colorisé. Le procédé permet, en plus, de renforcer l’authenticité de l’histoire et l’immersion du lecteur.

Je n’attendais pas ce volume et, pour l’avoir ouvert en mode “bof” je me suis retrouvé pris dans l’engrenage et l’ai dévoré de bout en bout. Une vraie surprise pour moi, que je vous engage à découvrir.


 

 

  • Titre:Machines de Guerre Tome 3 : Dream Team
  • Broché : 208 pages
  • Editeur : Delcourt
  • Collection : Histoire & Histoires
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 978-2-413-01292-4
  • Prix : 19,90€

HISTOIRE
80%
DESSIN
75%
COLORISATION
80%
CARACTÉRISATION
85%
AMBIANCE GLOBALE
80%

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