Kagurabachi

Avouons-le : quand Kagurabachi a débarqué, vous comme moi, ou peut-être que moi, y ai vu la promessede cette course absurde et incessante du prochain grand shonen. Le nouveau Dragon Ball, Naruto ou One Piece. Force est de constater que le rouleau compresseur du buzz et de la hype a fait son effet. Le lancement en grande pompe, la hype démesurée est partie de la promesse de quelques planches et couvertures qui, si à première vue je dois l’avouer, avaient un peu titillé ma curiosité à cause du superbe poisson combattant qui avait l’air d’être lié à un katana. Le pitch, lui, me laissait plutôt indifférent et semblait être un classique du shonen. Tout ce buzz autour m’a fait traîner des pieds et au final, c’est au bout de 3 tomes que je me suis lancé dans ma lecture. Si tout cela semblait un peu comique, à la lecture il n’en est rien : le titre a de sérieuses qualités et a bizarrement réussi à me convaincre très rapidement. De là à dire qu’il s’agit du nouveau shonen de référence, je ne vais clairement pas aller jusque-là, mais je suis clairement certain qu’il s’agit d’un des titres sur lequel j’aime aller lire mes tomes. Sa proposition d’univers est sincère, profonde et sacrément solide.
L’Intrigue : chaque trahison s’écrit d’une lame ensanglantée.
Le fil rouge de Kagurabachi n’est pas un simple prétexte à de la grosse bastons, même si je pense que un peu quand même. Il est dense, avec de nombreux rebondissements explosifs, et surtout, il a du cœur. Les katanas enchantés qui nous sont présentés dès le début sont des artefacts d’une puissance turbo-nucléaire datant d’une époque révolue où l’ère du sabre battait de tout son plein. Des années plus tard, ils sont au cœur d’une lutte de pouvoir qui tisse des toiles entre le Kamunabi (la force gouvernementale), l’Hishaku (le syndicat des méchants de l’ombre), et le sombre Samura.
Les enjeux présentés sont immenses : le passé maudit de la Guerre, le génocide qu’elle a entraîné, l’avenir incertain du Japon… Il y a des idées et des trames narratives de partout et, loin de se perdre, elles sont pour l’instant totalement maîtrisées, de la traque du traître aux manieurs de lame plus barrés les uns que les autres, aux lieux énigmatiques qui se dévoilent petit à petit. Toutes ces pièces de puzzle se ramassent et se mettent en place au fil de notre lecture de manière totalement naturelle, à chaque chapitre son avancée. Parfois même, certaines révélations m’ont fait revenir en arrière car la déduction que j’avais faite était totalement foireuse et je veux savoir où je me suis trompé.
Le Casting : Des épées, des pouvoirs, des BG et du désespoir
On le sait tous maintenant, un bon shonen est un shonen où les personnages principaux se doivent d’être plus que des avatars. En utilisant tous les poncifs du genre, ils sont des miroirs de l’intrigue.
Chihiro, notre « Héros torturé », n’est pas seulement défini par cela. Il est l’incarnation de l’héritage des péchés de son père, cherchant la rédemption par la lame. Mais est-ce pour lui, pour son père ou quelque chose de plus grand ? Char, qui si à première vue passerait pour une simple figure de soutien, est le compas moral de tout cet univers. Une sorte de jauge extrêmement importante. Mais ne nous mentons pas, ce sont à mes yeux les autres personnages et leurs motivations qui donnent de la profondeur et du liant à tout ce récit :
Hakuri et Kyora, deux faces d’une même pièce, celle de la vengeance. Kunishige, le martyr, et sa place omniprésente et écrasante. Mais même Lori et le Samura sont des personnages qui, à leur différent niveau, portent le poids de leurs propres idéologies.
Je pourrais vous parler des adversaires qui élèvent également le niveau et donc l’intérêt pour ce qui nous est raconté, mais vue leur construction narrative, je vous laisserai les découvrir pour ne pas vous gâcher la surprise.
Tout comme je pourrais également m’étendre sur le Monde ou « les mondes », mais je vais faire simple. La construction de ce monde est organique, car s’il est régi par une société qui ne semble pas si éloignée de la nôtre, il y a cependant tout le pan magique et ésotérique qui vient le magnifier. Les luttes entre le crime organisé, le gouvernement et tout ce qui gravite autour influent et impactent ce monde et son évolution.
L’Art et la Conclusion
Cette évolution, elle est également grandement aidée par l’art du manga. Chaque couverture, chaque page, chaque combat est une baffe visuelle. C’est dynamique, c’est onirique, enivrant, de la pluie à la destruction, au répit d’une fleur, tout est prétexte pour nous en mettre plein la vue. C’est beau et ça fonctionne, nous faisant tourner les pages sans même réfléchir. J’ai été happé !
Alors Kagurabachi est-il LE nouveau shonen ? Je ne pourrai pas aller jusque-là. Cependant, c’est un bon titre, avec d’énormes qualités, tout d’abord graphiques mais également thématiques, de par les conséquences des actes des générations précédentes et ce que la nouvelle génération doit en faire, mais également d’autres réflexions en sous-texte qui pourront résonner plus ou moins en vous.
Les combats font avancer l’intrigue, ils révèlent les thèmes, ils exposent les failles et les forces des personnages. Et on arrive au bout des 5 tomes à vitesse grand V ! Je vais encore continuer histoire de voir jusqu’où on va et comment on y va, mais si le titre continue sur cette ascendance, on a là une belle promesse comme annoncé lors de sa sortie.
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