Après des études universitaires à Paris en droit et en sciences de l’information, Marguerite Sauvage est devenue illustratrice en 2001. Elle a travaillé dés lors pour la publicité (Apple, Marshal Field, Citroen, etc), la presse (Elle, Cosmopolitan, Flaunt, etc) et l’édition (Livre de Poche, Marabout, J’ai lu).

En 2008 elle créé la bible littéraire et graphique du dessin animé les Aventures Culturelles de Monsieur Loutre. La série sera diffusée sur France 3 après 1 an 1/2 de production. Marguerite continuera dés lors à produire régulièrement des scénarios et du concept design pour l’animation.

En 2014 son travail est repéré par Vertigo et elle entame avec enthousiasme une carrière dans le comics américain avec les couvertures de la série Hinterkind. Elle fait ensuite ses début en séquentiel sur Sensation Comics featuring Wonder Woman #33 et initie la série DC Bombshells avec Marguerite Bennet en août 2015. Son travail est visible chez Marvel (Secret Wars, Captain Marvel, Miss Marvel, 1602 Witch Hunter Angela, Captain America, Patsy Walker,…), Dark Horse (Zodiac Starforce), Image (Wayward, The Wicked and The Divine), Dynamite (Red Sonja), Valiant, Oni et DC.

Bonjour,

Comment as-tu commencé à la BD pour en arriver aux comics ?

Hou-là ! (rires !) J’ai commencé par le fanzine étant ado, j’ai toujours aimé la BD, j’en lisais beaucoup : du franco-belge, des comics et aussi des mangas. J’ai ensuite été illustratrice pendant une dizaine d’années et j’ai aussi un peu travaillé dans l’animation, sur une série qui est passée sur FR3, appelée Les Aventures de Mr Loutre. Mais c’était très anecdotique et surtout, c’était un programme court.

Pour les curieux voilà le lien YouTube : https://www.youtube.com/channel/UC-jD2oPDTvRrjpOWYNamRkQ

Il y a dix ans j’ai envoyé un dossier à Marvel, mais ça n’a rien donné. Je pense que ce n’était pas le bon moment. Il y a deux ans, j’avais un peu de temps et on m’a conseillé de passer par le fan art afin de me « faire voir » pour qu’ils [les décideurs] puissent imaginer ce qu’ils pourraient en faire. À l’époque, Dennis williams, qui était chez Vertigo, ma remarquée et m’a dit, « Écoute, Greg Tocchini s’en va et il ne peut plus faire les covers. Est-ce que ça te dit de le remplacer ? » Très heureuse, et surtout sans pression (rires !). Du coup les covers ont plu, ça a fonctionné, puis tout s’est enchaîné avec Sensation Comics de Wonder Woman, puis Bombshell, puis Marvel…

Du coup, au vu de ton parcours atypique, est-ce que ton vécu d’illustratrice t’a apporté une approche différente du travail sur les comics ?

Alors oui, carrément. Je sais ce que c’est que tenir un délai, s’adapter aux exigences diverses et parfois de dernière minute. En somme, j’ai gagné une rigueur qu’on est obligé d’avoir dans ce métier. J’ai gagné ça grâce à la Com’, bien que maintenant je n’ai plus le temps. Mais sans se mentir, depuis l’adolescence, ce que j’aime c’est raconter des histoires.

De fait, tu préfères faire les intérieurs ou les covers ?

J’aime bien faire les deux. Personnellement, je trouve qu’il faut faire les deux, ce sont deux travaux différents et intéressants.

D’accord, du coup, j’ai vu que tu avais beaucoup voyagé, et aussi exposé, en Amérique, en Europe et en Asie. Penses-tu que les cultures de ces pays ont influencés ta manière de travailler et ton style ?

Oui. Je pense que notre génération a baigné dans un mélange d’énormément de choses, donc clairement oui.

Peut-être te sens-tu plus proche de certaines cultures ou traditions de certains pays ?

J’ai une touche hyper français dans ce que je fais, et je pense que c’est ça qui me représente. On voit très vite que je suis illustratrice à la base. Après, le fait de m’expatrier m’a changée, mais comme c’est tout récent, je ne sais pas encore si ça se voit, ou ce que ça a changé !

En parlant de ton style justement. Ton coté illustratrice, tes influences viennent d’où ? Quel « grand nom » t’a t-il inspiré ?

Hou là !!!! C’est la question piège, ce n’est pas comme s’il y en avait dix-mille ! Si tu veux vraiment des noms, je peux te dire Moebius et René Gruau chez les Français ou Hiroko Takahashi chez les Japonais. Je suis aussi une grosse fan de Bruce Timm même si ça ne se voit pas dans ce que je dessine ! En fait je suis très éclectique, comme pour la musique !

Revenons-en à Sensation Comics. Je voulais savoir comment tu à appréhendé ce titre, est-ce que tu avais les mains libres ou une ligne directrice ?

Justement, ce qui est bien avec ce titre, comme c’est des 10 pages à chaque fois par auteur, c’est hyper libre, et l’éditrice est vraiment super ! De plus le scénario sur lequel j’ai bossé c’était Wonder Woman version « teen », et attention, Rockstar ! C’était, genre, juste parfait !

Pour comment j’ai appréhendé le titre, c’étaient mes premieres pages en séquentiel de toute ma vie pour des comics. En vrai, j’ai mis 24h pour me remettre du mail que j’ai reçu contenant l’annonce ! Et après, tête dans le guidon en me disant “ Je ne vais pas y arriver, je ne vais pas y arriver ”. Et puis finalement, si, et ça a plu, mais pas qu’à l’éditeur, aussi au public !

Effectivement ton style convient parfaitement à la dynamique du personnage et à l’histoire qui nous est présentée !

Oui, l’histoire est géniale ! Sheny Williams, le scénariste, a fait une histoire parfaite pour moi ! J’aurais aimé en faire un peu plus (rires)

Justement, on peut dire que Wonder Woman et toi, vous êtes copines, vous vous êtes retrouvées sur Bombshell, du coup, pareillement, comment l’as-tu vécu ? Est que l’approche était différente de Sensation Comics ?

Oui, totalement différente. Déjà, j’avais une ligne directrice, il y avait déjà énormément de personnages, le design était déjà prédéfini par les figurines. Du coup, c’est quand même déjà de grosses contraintes. De plus, c’est « historique ». J’ai donc passé des heures et des journées à me documenter pour essayer d’être le plus fidèle possible. Ça a demandé beaucoup de travail et c’était bien plus compliqué, mais c’était fun, car ça va de Batwoman à Supergirl, en passant par Zatanna et Wonder Woman.

On a vu aussi que cette série est sortie d’abord en digital, est-ce que c’était aussi une contrainte pour toi ?

 Oh oui ! Parce qu’en plus les pages sont coupées en deux ! Du coup au niveau de la composition de la page c’est une énorme contrainte !

Les récentes expériences que tu as eues sur les comics te donnent envie d’avoir ta propre série ou une régulière chez un éditeur ?

Pour le moment, je suis contente de faire des one shots. Je me fais la main, et chaque fois c’est intéressant d’avoir des scénaristes différents des univers différents, mais je ne suis pas fermée à d’autres propositions.

Ça marche, merci pour ce petit moment que tu nous as accordé et à très bientôt !

 

 


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