Ghost, ce n’est pas qu’une chanson de Michael Jackson ou un film avec Patrick Swayze où on fait de la poterie. C’est aussi le titre d’un comics un peu particulier, sorti au début des années 90 chez Dark Horse, rebooté [argh!] récemment et faisant l’objet d’une sortie chez Glénat Comics.

Gh2

À l’époque où Image comics cartonnait avec ses séries super-héroïques, Dark Horse était surtout connu pour ses licences cinématographiques à succès grâce à son tryptique Aliens/Predator/Terminator. Et ils ont voulu avoir leur part du gâteau en réalisant plusieurs séries de super-héros urbains, dont les plus connus sont X, Barb Wire et Ghost.
Ghost, c’est l’histoire d’une femme, une journaliste, assassinée parce qu’elle se rapprochait trop de la vérité. Ressuscitée dans un cimetière par des chasseurs de fantômes (on est loin de Ghostbusters), elle se retrouve amnésique et coincée entre l’état solide et vaporeux. Assistée par les deux individus précités, elle va chercher à retrouver son identité et comprendre ce qui lui est arrivé, affrontant pour ce faire des “démons” responsables de son état.

Dans cette relance, comme dans la série originale, l’héroïne est plutôt sans pitié et ne recule pas devant un petit meurtre à l’occasion. Certains éléments ont par contre été abandonnés par rapport à l’original et particulièrement le pamphlet féministe qui était la marque de fabrique de la série. Ça peut s’avérer dommage dans le sens où ça apportait une réelle identité à cette série. Ou pas, car c’était parfois vraiment trop poussé et à la limite du ridicule.

Kelly Sue DeConnick nous livre un scénario sur fond de polar, associant des truands, des hommes politiques et des démons. De là à y voir un amalgame… L’histoire est néanmoins bien menée, préservant des pans de l’histoire cachés, certainement en vue d’un développement ultérieur. Concernant les personnages secondaires, si certains sont bien traités (l’ex-journaliste alcoolique), d’autres restent un peu en retrait et ont un comportement un peu trop caricatural (l’ex-femme).
Autre regret, la personnalité de Ghost ne me semble pas assez poussée, assez creusée. Là encore, je présume qu’un développement ultérieur doit être prévu. J’ai néanmoins beaucoup aimé l’explication de la tenue “spectrale” de l’héroïne.album-page-large-27576

En parlant de sa tenue, c’est justement lorsque Phil Noto la croque en uniforme que Ghost est la plus belle, notamment en splash pages. Autre personnage qui crève les pages, c’est le Docteur October, que ce soit avant sa transformation, pendant féminin du docteur fou dans son laboratoire, ou après, en revancharde défigurée.
Pour le reste, le trait est clair et appliqué mais ne rend pas forcément justice au personnage lorsqu’elle est vêtue en “civil”. A contrario, les passages sombres du récit sont bien restitués par une ambiance graphique et des couleurs adaptées. Et comme je l’ai dit plus haut, ses splash ou demi-splash sont magnifiques.

Ce récit a évidemment quelques défauts, notamment dans les dialogues, mais n’est pas exempt de qualités non plus. Mon avis le concernant est, au final, plutôt mitigé. Connaissant le personnage et ayant relu récemment la série originelle, je l’ai peut-être abordé avec un a priori négatif que n’aura pas le nouveau lecteur.


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