Je n’aime pas la télé-réalité. Enfin, pour être plus précis, je n’aime pas les émissions télé. Et la réalité, ben… On y est confronté tous les jours. Du coup, America’s Got Powers n’était pas franchement fait pour moi.

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Le pitch de l’histoire est assez simple : il y a dix-huit ans, une météorite en forme de cristal est tombée sur la bonne vieille ville de Chicago. Loin de décimer la côte Ouest des États-Unis, elle a donné des pouvoirs surhumains à tous les enfants nés ce jour-là. Les enfants grandissant, ces pouvoirs ont été exploités dans le cadre d’une émission de télé-réalité où ils affrontent des robots surdimensionnés et également leurs congénères. Mais parmi tous ces enfants maintenant ados, les degrés de puissance sont différents, et l’un d’eux, notre héros Tommy Watts, semble ne développer aucun pouvoir. Jusqu’au jour où il se retrouve dans l’arène.

 

Bon, soyons francs, ce postulat de départ on l’a vu et revu et relu, que ce soit avec Le prix du danger, Battle Royale, Hunger Games, etc. Ce pastiche de la France a un incroyable talent (adaptation Française de America’s got talent) ne s’élèvera pas, lui, au panthéon de l’Histoire comixologique. Pour commencer, le point de départ est le même que celui de l’excellent Rising Stars et son Deus Ex Machina, et l’utilisation d’êtres à pouvoirs pour faire un show a justement déjà été exploitée dans Wildguard. Jonathan Ross nous propose donc une version moderne des jeux du cirque qui aurait pu s’arrêter là sans les intrigues secondaires. En effet, on assiste à une lutte de pouvoir acharnée entre les différents “tuteurs” de ces jeunes gens aux pouvoirs aussi exacerbés que leurs émotions adolescentes. Se greffent à ceci une rébellion, cherchant à se débarrasser du joug de leurs exploitants, des politiciens véreux et la sempiternelle rengaine sur le pouvoir et les responsabilités.

 

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Niveau dessin, c’est du Bryan Hitch. Je suis assez fan du travail du monsieur, mon avis ne sera donc pas très objectif. Les planches sont fouillées, détaillées, et il gère à merveille la multitude de personnages dans une même case, voire en pleine page. Le trait dispense une énergie qui déborde du cadre imposé des cases et le héros, Matt, trimballe une expression de tristesse et d’inexorabilité tout au long des deux volumes. La chose qui m’a d’ailleurs marqué est la différence graphique entre ces deux volumes. Autant le premier présente des dessins “normaux”, avec un mise en couleur assez éclatante, autant j’ai eu l’impression, dans le second, que les dessins étaient plus “choc” et que la mise en couleur s’assombrissait au fur et à mesure.

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Et c’est là que le bât blesse. Malgré une dernière page extrapolant l’inexorabilité de la télé réalité et son expansion, le final en happy end est regrettable. J’ai plus eu l’impression de me retrouver devant une production tout public, que devant un comics estampillé Image. À se demander si Ross est un optimiste indécrottable ou s’il a trop lu Candide.

 

 

Alors non, America’s Got Powers n’a pas que des défauts. Le scénario, malgré tout ce que j’ai énoncé plus haut, dénonce les dérives de la télé réalité, et rien que pour ça, il colle à notre époque. Les dialogues ne sont pas mauvais, le dessin est accrocheur, mais il manque le petit coup de génie qui ferait que cette série soit autre chose que moyenne.

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Catégories : Reviews VF

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