Void Rivals – Tome 1
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Void Rivals – Tome 1

Void Rivals

 

Les multiverses sont devenus monnaie courante, que ce soit dans les livres au sens large, ou plus récemment dans les films. Chaque univers, pour peu qu’il soit bien fondé, peut se targuer d’avoir plusieurs connexions entre plusieurs histoires grâce à un petit détail qui aura comme mission d’interconnecter le tout afin d’étendre et de proposer une aventure plus large que ce qu’il ne pourrait y paraître au départ. On l’a vu avec l’univers DC Comics, Marvel et bien d’autres encore pour rester dans le milieu des comics.

Mais ce n’est pas tout. En remontant un peu en arrière, pas trop non plus, on va se rendre compte que je suis bien trop vieux ! Pendant ma jeunesse, il existait un multivers créé de toute pièce par des jouets dont les histoires n’étaient guère plus élaborées que celles créées par mes copains et moi !

Ce multivers est aujourd’hui connu sous le nom de Energon Verse, mais quand j’étais gosse, c’était surtout des batailles de jouets entre mes Transformers, mes GI Joe et mes M.A.S.K.

Aujourd’hui en 2024, pour les 40 ans de la licence Transformers, on a eu droit à une diffusion cinéma des premiers épisodes de la série, et surtout, on a eu droit à une publication VF de ce reboot en format comics avec Robert Kirkman et Lorenzo De Felici pour lancer la machine.

Notre duo nous offre donc un volume introductif à ce nouveau multivers mis au goût du jour avec Void Rivals. La promesse de ce titre : la mise en place de l’Energon-Verse et l’introduction de nouveaux personnages, lieux et interconnexions. Cette promesse aurait de quoi faire peur, mais soyons francs, quiconque a lu Invincible sait comment Kirkman manie avec brio les multivers.

C’est donc déjà conquis que je me suis lancé dans ce titre.

Void Rivals est, comme je l’ai dit, la première pierre à l’édifice de cet Energon-Verse. Il nous offre une nouvelle aventure spatiale où, dès le départ, on nous plonge dans l’action. Darak et Solila sont deux pilotes spatiaux qui s’écrasent sur le même astéroïde. Petite particularité, ils sont tous deux issus de peuples différents, les Agorrian et les Zertonian, se faisant la guerre depuis des siècles en vue de s’approprier les dernières ressources disponibles sur leur système stellaire. La situation est devenue critique depuis qu’un trou noir s’est créé entre les deux planètes et menace les derniers vestiges de la civilisation.

Le crash de nos deux pilotes sur cet astéroïde va permettre à Kirkman de nous donner toutes les clés de la série Void Rivals : de nous montrer les origines de cette guerre, les valeurs de chacun des protagonistes et les complots qui peuvent être à l’origine de bien des choses.

On va également très rapidement s’attacher à Darak et Solila, car malgré tout ce qui les oppose, l’objectif commun de la survie et l’espoir vont primer au-delà de leurs convictions.

Ils vont donc finir par s’allier pour s’échapper de ce petit caillou et c’est lors de cette alliance que Kirkman réussit à faire le premier lien entre son Space Opera et la licence Transformers. Je vous laisse découvrir comment, car je ne l’ai absolument pas vu venir.

Évidemment, une fois le doigt mis dans l’engrenage, l’aventure de Darak et Solila va prendre en densité de par les enjeux et les décisions prises par notre duo de fortune. Mais surtout, leur fuite de l’astéroïde va leur permettre de rencontrer de nouveaux personnages qui feront, au détour de quelques petits dialogues et détails bien placés, le lien pour plonger totalement dans un multivers plutôt prometteur.

À côté de cette mise en place, le titre Void Rivals ne sert pas uniquement de passerelle. Kirkman développe une véritable identité autour de cette guerre spatiale, avec de nombreuses questions que nous, lecteurs, allons nous poser : pourquoi les deux peuples ne peuvent-ils pas enlever leurs casques ? Pourquoi les règles sacrées racontent-elles depuis des siècles des mythes et légendes probablement jamais vérifiés, mais bien ancrés et présents dans l’éducation de nos deux protagonistes ? Que se passera-t-il si tout cela est bafoué dans le seul but de survivre ? C’est ce que Kirkman nous propose dans ce tome un avec quelques réponses, mais surtout beaucoup de questions qui créent la nouvelle mythologie de son univers.

Void Rivals est un titre très interessant sur lequel je ne comptais pas aller au départ, mais qui, après la lecture du tome 1 de Transformers (dont la chronique arrivera bientôt), m’a grandement attiré. Et à ma grande surprise, c’est un régal. Le titre profite d’une narration maîtrisée, avec une montée en puissance tout au long du tome 1 sans perte de rythme. Il est d’ailleurs crescendo au fil des événements que Darak et Solila vont rencontrer, ce qui nous permet en tant que lecteur de prendre la mesure de l’univers. Même le lien avec la série Transformers, aussi succinct soit-il, a le bon goût de ne pas prendre le pas sur le cœur de la série Void Rivals. Côté construction de l’univers et scénario, c’est du très, très bon.

Il ne faut pas se mentir, le talent de Kirkman, c’est également de savoir s’entourer. Et encore une fois, il s’y est bien pris, le bougre. Lorenzo De Felici l’accompagne sur la série Void Rivals, et en 3 pages, on est à fond dedans. Le côté dynamique au space opera qu’apporte De Felici est magnifique. Il rend absolument tout vivant et crée une osmose graphique merveilleuse. Avec l’aide de Mateus Lopes aux couleurs, le duo nous livre plus un storyboard ultra dynamique qu’un comics 2D. C’est un plaisir à chaque case.

Bien qu’on puisse imaginer que le relaunch de l’Energon-Verse appelle à Hollywood et à de futurs films, le média comics n’est pas un simple appel commercial. Pour une fois, il y a une vraie proposition d’univers pensé au format papier avant tout. Il faudra quand même voir sur le long terme, car les auteurs présents pour le lancement, à savoir Kirkman et Warren Johnson, ne resteront peut-être pas durant toute l’aventure. Mais si, comme pour les Power Rangers ou les TMNT, les bases solides sont posées et les éditeurs s’attachent à choisir avec soin les équipes créatives, on peut facilement se retrouver avec un multivers ultra solide et ultra prenant !

À noter que d’autres séries en plus de Void Rivals et Transformers sont d’ores et déjà annoncées. Je ne suis pas certain de vous en parler, car elles tournent autour de la licence GI Joe et Cobra, que je ne connais pas très bien. Cependant, j’irai peut-être voir les premiers tomes histoire de voir comment le lien est fait et vers quoi cela pourrait mener. Si cela vous intéresse, je vous en ferai également la chronique.

Le fait est que Void Rivals est un space opera très solide qui nous offre un lancement haut en couleur et plein de promesses, avec de nombreuses intrigues qui laissent le lecteur imaginer les potentielles possibilités de rencontre entre les séries. Même si cela n’arrivera pas tout de suite, cette ombre planera toujours autour de ces séries et ça, c’est très malin.

En attendant la sortie et la chronique de Transformers, je vous invite grandement à donner une chance à Void Rivals, car c’est un titre de qualité !


 

  • Titre: Void Rivals – Tome 1
  • Paginations : 152
  • Editeur : Urban Comics
  • LangueFrançais
  • ISBN : 9791026825463
  • Prix : 17€

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