The Moon is Following Us
Il y a des lectures qui, comme souvent avec Daniel Warren Johnson (DWJ pour les intimes), nous happent dès les premières pages. Le genre de récits qui te prennent les tripes, la main et qui ne te lâchent plus ! The Moon is Following Us en fait partie ! Comme souvent, l’attente d’un DWJ se fait longue, mais comme souvent, on n’est pas déçu !
On y retrouve tout ce qui fait le talent du monsieur : une histoire à 100 à l’heure, qui fait vibrer le lecteur aguerri mais également le curieux avide de sensations. Rajoutez à ça la folie visuelle et la richesse des univers qu’il nous propose, et vous obtenez un rendu incroyablement puissant.
D’autant plus que ce titre a une petite particularité que ses précédents n’avaient pas. DWJ est accompagné au dessin par Riley Rossmo (rien que ça). Toujours en duo avec Mike Spicer, son coloriste attitré, notre trio s’en donne à cœur joie et nous régale ! Ça part dans tous les sens, il y a 12 idées à la case, mais jamais une ne dénote : elles sont en totale harmonie.
Tant de qualités, oui, mais de quoi ça parle ? Facile !
L’histoire est « plutôt simple » : Penny, une petite fille touchée par une maladie rare et mystérieuse, est plongée dans un sommeil continu. Impuissants, ses parents, Samantha et Duncan, refusent de l’abandonner à son sort et vont tout faire pour la réveiller. Quitte à plonger dans les limbes les plus profondes de son subconscient. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas préparés à ce qu’ils vont y croiser.
À la croisée de Inception et de L’Aventure intérieure, Sam et Duncan vont plonger dans les rêves de Penny et découvrir que tout n’est pas si mignon chez les enfants. Au contraire : des créatures monstrueuses, des cauchemars, des visages familiers… Nos deux parents iront de surprise en surprise pour tenter de sauver leur fille. Mais est-ce que ce sera suffisant ? Rien n’est moins sûr.
Plus qu’une simple aventure remplie de fantasy et de folie, DWJ sait comme à son habitude donner une âme à son titre. Son sous-texte est toujours juste, et même si cette fois je l’ai trouvé moins subtil, il n’en est pas moins efficace. Des épreuves de la vie auxquelles nous ne sommes jamais préparés, aux traumatismes avec lesquels nous devons vivre, le pardon, l’acceptation et l’amour sont une part entière de ce qui nourrit le récit.
Ces thématiques sont renforcées grâce au talent de Rossmo et DWJ, qui œuvrent chacun dans un des deux univers proposés : DWJ dans le monde réel, Rossmo dans celui des rêves. Deux styles, chacun avec une sensibilité différente, œuvrant de concert pour les mêmes propos. C’est brillant. Le rendu est vivant, organique, juste onirique. C’est fabuleux, et le double sens qu’offre le récit au lecteur n’en est que plus fort !
Sous couvert d’une œuvre d’action fantasy, on trouve un sous-texte à tendance intimiste et universelle, qui saura parler aux parents ou à ceux qui ont vécu des épreuves difficiles. Sans jamais être moralisateur, il y a toujours une porte et un discours bienveillant montrant que, malgré tout, l’espoir est présent. Il faut parfois juste être capable de se pardonner ou de l’accepter pour pouvoir avancer, même si ce n’est jamais simple.
Difficile de sortir indemne de The Moon is Following Us. Par son intensité visuelle et émotionnelle, l’œuvre saura vous questionner sur vos doutes, votre vécu, vos peurs, mais sans jamais vous abandonner.
Après tout, la vie n’est ni plus ni moins qu’une grande aventure fantastique. Il faut juste savoir s’armer, et parfois accepter qu’on n’est pas invincible.
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