Real – Tome 15

Real – Tome 15

Découvert pendant le dernier confinement, j’ai devoré Real en 2 soirs soit 14 tomes d’une traite ;  prenant, émouvant, touchant, juste humain. Real, c’est du basket mais pas que, les sujets de vie poignants y sont abordés avec énormément d’humilité, particulièrement celui du handicap physique, mais pas que, le traumatisme que ce dernier peut apporter à la personne en question mais également aux personnes qui l’entourent. 

Tout ça passé sous la plume de Takehiko Inoue on obtient donc, encore une fois, un manga d’une qualité extraordinaire.

Ce tome 15 marque le retour de Inoue aux affaires après une longue pause qui pourrait s’apparenter au syndrome de la page blanche. Force est de constater que malgré l’abscence, son retour se fait avec la même envie et le même desir, nous faire vivre son histoire ! Là où certains auraient repris en mode “on s’en fiche, on va faire un truc bateau et roule”, Inoue ici revient dans ce tome 15 plus fort que jamais. Nos 3 jeunes protagonistes sont bel et bien présents dans ce tome et prenez garde car c’est un tome extrêmement riche. 

Real c’est l’histoire de 3 destins de jeunes égarés qui vont s’entremêler et nous faire vibrer.

Personnellement, entre le tome 14 et le 15 je n’ai dû attendre qu’un an, comparé aux fidèles lecteurs qui suivent cette série depuis 20 ans, je suis privilégié de voir un tome arriver si vite, mais je me doute que l’attente a dû être longue, d’autant plus au vu de la situation des personnages lorsqu’on les laisse à la fin du tome 14.

Kiyoharu enchaîne les désillusions avec les tigers qui se retrouvent affaiblis avec l’absence d’Azumi, et une mauvaise nouvelle ne venant jamais seule, Nagano annonce son départ en Allemagne. La non-sélection en équipe nationale a l’effet d’un coup de poignard ! Inoue met les petits plats dans les grands et ne fait pas semblant ! Mais après tout pourquoi pas, on peut peut-être imaginer voir ici la déconstruction de Kiyoharu pour une meilleure reconstruction, après la pluie vient le beau temps me direz-vous, espérons-le parce que c’est la débâcle côté moral, et si toutes ces nouvelles ne suffisaient pas, le retour de ses cauchemars vont venir rajouter la petite goutte qui va le mettre à mal !

C’est justement durant la rencontre que les destins entremêlés dont je parlais au début prennent forme : Tomomi, l’ami de Kiyoharu fait le déplacement pour le supporter, ancien coéquipier durant le lycée, ce lien perdure tout du long, et ici, les deux sont dans le dur, Kiyoharu pour les raisons citées précédemment mais Tomo lui a essayé de s’accrocher à ses rêves sans y mettre la volonté. Il a fini brisé, hors forme, déprimé, suite à sa tentative de passer basketteur pro, le fossé et ses lacunes trop importantes ont eu raison de son état d’esprit  on le retrouve à fleur de peau et émotionnellement instable. Une pulsion se saisit de lui et va lui faire créer une bagarre qui finira mal pour lui, c’est-à-dire direct à la case prison sans passer par la case départ ! Moment particulièrement dur pour lui qui ressasse le passé et qui, comme Kiyoharu, se retrouve très rapidement hanté par ses démons.

Notre troisième gaillard, Hisanobu, retombe lui aussi dans ses vieux travers, image erronée de ce qu’il pense être, toute sa vie a basculé et aujourd’hui il est dans son fauteuil, fait tout son possible pour maîtriser son nouvel environnement, mais il ne l’accepte pas et les désillusions s’enchaînent. Malgré les réussites, ce n’est pas ce qu’il attend, c’est donc en tentant de shooter qu’il va réaliser que son avenir n’est peut-être plus le basketteur qu’il était mais une nouvelle sorte d’homme, de joueur, le Low-Pointer. Accepter son handicap pour aller de l’avant et enfin voir le ciel bleu ! Cependant la fuite est bien plus facile face à une épreuve de ce genre, la nature humaine est ce qu’elle est.

La vie continue.

À destins croisés, le point comum est ce mur, celui que bien des gens rencontreront un jour dans leur vie pour différentes raisons, les réactions de fuite, ce sentiment de s’être perdu sans savoir qui on est est parfaitement retranscrit ici et malgré tous les efforts que nos 3 personnages mettent en œuvre, ils se retrouvent acculer. Mais à l’image de leur auteur, la vie c’est des bonnes choses, des échecs, des blocages, puis rebondir et aller de l’avant pour nous offrir l’espoir et ici un nouveau tome plein de moments riches en émotions.

Ces moments, justement, sont présents dans ce tome 15. Parce que si le début vous semble morose et deprimant, il faut savoir lire le positif même lorsqu’on a des oeillères qui nous en empêchent de voir.

Tomo, malgré ses échecs et son petit surpoids, va apprendre et ouvrir les yeux sur bien des petites lacunes qui vont lui ouvrir les portes d’un éventuel potentiel à développer, et on a vraiment hâte qu’il se reprenne en main pour voir s’il se bouge et où les choses vont le mener.

Kiyoharu, lui, comme il est face au mur, va tourner le dos, mais pas pour prendre la fuite non, pour mieux se ressourcer et reconnecter avec ses racines ; reculer pour prendre plus d’élan en quelque sorte, et c’est grâce à Azumi qu’il va prendre conscience de ça.

Ce tome 15 de Real est un retour aux sources, poétique mais rude, chaque rencontre apporte son lot de déboire mais pas que. Il permet aussi d’entrevoir l’espoir et le lien de tout un chacun pour avancer, se sentir soutenu et surtout croire en des jours meilleurs. Mais l’environnement ne faisant pas tout, plus que le soutien, le futur de Real et de ses personnages passera par une reconstruction des personnages, leur démarche sera essentielle pour apporter à Real cette lumière et cet espoir.

Vous l’aurez donc compris, Real tome 15 est autant de sentiments sombres que de belles promesses, se perdre, faire face à ses doutes et à ses angoisses, autant de sentiments que Takeshiko Inoue a dû affronter avant de revenir sur ce titre, malgré le chemin semé d’embûches, il n’a pas lâché son objectif et est revenu plus fort.

Un  tome aussi fort que la série, mais qui pourrait presque s’auto suffire tant les réponses aux questions de ce tome se trouvent dans cette lecture.

Real est le type d’œuvre aussi intime que possible parlant de la vie de tous les jours, du handicap, des difficultés que cela entraîne, mais c’est également une douce leçon de vie dans lequel Inoue ne nous épargne rien et partage tout son amour avec nous. Real n’aura jamais autant bien porté son nom que dans ce tome.

La preuve en est avec cette petite scène où Tomo va retrouver son maillot de Kobe, décédé en janvier 2020, un maillot, un homme dont l’idole est partie tout est là sur un seul dessin, c’est fort, c’est poignant, c’est Real !

 


  • Titre : Real – Tome 15
  • Broché ‏ : ‎ 232 pages
  • Éditeur ‏ : ‎ KANA
  • Langue ‏ : ‎ Français
  • ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2505066408
  • Prix : 8.75€

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