NEVA + Prologue
Si vous me suivez depuis longtemps, vous avez probablement lu mon article et vous connaissez mon amour pour Gris, ce petit bijou du studio Nomada. Je ne vais pas revenir dessus tant mon attachement est immense, mais depuis, le studio nous a gratifiés d’un nouveau jeu : Neva.
On prend les mêmes et on recommence, mais en différent.
Neva est donc un action-platformer des mêmes créateurs que Gris. Ils osent un tout autre style de jeu, tout en conservant une esthétique graphique similaire ; forcément, cela a attisé ma curiosité.
Sorti en 2024, je me suis jeté dessus immédiatement et, très vite, le jeu a su calmer mes ardeurs ! Loin du doux et paisible Gris, Neva est intransigeant. Mélangeant avec hardiesse le die & retry, le « perfect platformer » et le conte narratif graphique, ce jeu met votre patience, votre résilience et vos nerfs à rude épreuve. Malgré deux modes de jeu (Histoire et Normal), vous allez suer, et pas que des mains.
Très clairement, on retrouve des bribes de ce qui a fait le succès de Gris, mais avec un niveau de difficulté extrêmement « désagréable ». Je m’explique : le jeu est exigeant, mais pour vous donner un exemple, les hitboxes des plateformes se jouent au millimètre. De plus, vous n’avez que trois flocons de vie. Chaque chute ou chaque contact avec un ennemi vous en enlève un. Autant vous dire que le droit à l’erreur est quasi inexistant, ce qui est très frustrant. J’ai commencé le jeu en Normal et, très vite, la difficulté m’a fait revoir ma copie : on est dans un jeu vidéo, et si je veux me prendre la tête, j’ai la vraie vie pour ça.
J’ai donc fini le jeu en mode Histoire, non sans avoir mis ma patience à contribution. Mais l’expérience restait agréable grâce au « team-up » avec Neva, la louve.
C’est donc cette année, deux ans plus tard, que le studio nous offre un DLC appelé Prologue à 2,99 €. Est-ce suffisant pour relancer le jeu et l’apprécier ?
Oui et non… réponse de Normand, n’est-ce pas ?
Ce DLC propose de revenir à la genèse du jeu, à savoir la rencontre entre Alba et Neva. Il vient ajouter, je dirais, 1 h à 1 h 30 de jeu supplémentaire. Sachant que Neva a une durée de vie d’environ 2 h selon votre façon de jouer et la difficulté, il peut aussi durer 3 minutes en fonction de votre patience !
Pour en revenir au DLC, la magie fonctionne toujours autant dès les premières minutes, que dis-je, dès les premiers accords de Berlinist qui œuvre déjà avec brio sur Gris. On replonge dans cet univers envoûtant avec ses teintes d’aquarelle, ses jeux de lumière et de profondeur : tout nous revient instantanément. Le gameplay également (double saut, dash, attaques) n’est pas perdu et la reprise se fait très facilement.
Facilement, oui, mais ce n’est pas aussi simple. Je ne vais pas tourner autour du pot : le jeu est toujours aussi dur et parfois même frustrant. Cependant, de nouvelles mécaniques sont ajoutées : des puzzles jouant avec le timing sonore et visuel, d’autres sur votre gestion des esquives, tout en continuant de mêler l’environnement à votre progression. C’est exigeant, mais aussi satisfaisant lorsque l’on réussit l’épreuve. Sachez toutefois que vous allez souvent rager, car l’exigence est le maître-mot de ce « beau » jeu.
Peut-être l’est-il trop parfois ? Mes sessions se limitaient à 15/20 minutes maximum avant de faire une pause, notamment lors des « gros boss » qui ont la fâcheuse tendance d’être horriblement forts. Il faut mêler timing et étude des patterns ; on se croirait parfois dans un Souls-like mignon et, clairement, j’ai eu beaucoup de mal avec ça. Pour tout vous dire, j’ai mis trois jours à passer le boss final tant il m’en a fait voir. Je pense avoir raté quelque chose, car cela a été extrêmement complexe pour moi.
Heureusement, la compensation de cette difficulté réside dans l’environnement visuel, la musique et les animations entre Alba et Neva, qui sont d’un très haut niveau. J’en suis ressorti satisfait, mais là où je retourne sur Gris pour me détendre, je ne relancerai pas Neva aussi intuitivement.
Vous l’aurez compris, Neva et son DLC Prologue sont des jeux exigeants qui demandent un investissement certain. Pour peu que vous soyez sensible à sa DA, vous serez aux anges. Pour les autres, soyez sûrs de ce dans quoi vous vous lancez, car ce n’est pas un jeu « doux et paisible » comme son prédécesseur.
Je suis content d’être arrivé au bout et d’avoir fait ce voyage, mais désormais, il me faut un jeu « cosy » pour me détendre !
Si vous avez des conseils, je suis tout ouïe !
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