NeoForest – Tome 1 et 2
Diptyque chez Dargaud, NeoForest, de par ses couvertures plutôt aguichantes, nous promet un dépaysement total dans une sorte de futur dystopique néo-médiéval.
Le lecteur va, au cours d’une seule et même trame scénaristique, suivre trois destins, ceux de trois personnages différents. Ces personnages nous sont introduits très rapidement : il y a le comte Cocto, Blanche sa fille, et Greem Frouche, opposant politique de Cocto.
C’est donc en suivant ces trois personnages aux destins diamétralement opposés mais totalement liés que nous partons dans ce lieu unique : NeoForest, la grande forêt centrale. Comme je le disais, l’histoire se situe à l’époque du néo-féodalisme, un futur aux relents de passé, qui, entre les mains de « grands hommes » maîtrisant la génétique, ne peut engendrer grand-chose d’autre que des catastrophes.
On retrouve donc un scénario de Fred Duval qui, sous couvert de cette société « futuriste », pose un regard critique sur notre société actuelle, que ce soit à travers un œil politique, technologique, ou même écologique. Tant de sujets pleinement d’actualité, qui, grâce au talent et au crayon de Philippe Scoffoni, offrent une certaine crédibilité au discours — du moins dans cet univers. Car en substance, même si les thématiques sont abordées, elles manquent un peu de profondeur. Évidemment, je ne m’attendais pas à trouver un essai de 800 pages sur la déforestation ou les enjeux génétiques du clonage, mais peut-être qu’en traitant un sujet de moins, on aurait pu gagner en intensité de message.
Cependant, la faute vient peut-être aussi du format : deux livres de 64 pages, c’est un peu juste pour ce genre de récit d’envergure, je trouve. Je suis un peu resté sur ma faim. Il y a du rythme, un univers, une ambiance, et des personnages intéressants, mais la conclusion arrive un poil trop vite.
Ça reste malgré tout une lecture agréable et plaisante, car, malgré son format court, c’est aussi sa force : l’histoire sait où elle va, et on ne tergiverse pas. Éventuellement, ce mystère pourrait servir si, sur un malentendu… mais non. On part d’un postulat A pour arriver au postulat B, et c’est tout ! Chaque arc est conclu et satisfaisant.
Ma déception vient probablement du fait que graphiquement c’est très chouette, et que l’univers néo-féodal pourrait permettre d’ouvrir tellement de bonnes idées que je me suis laissé emporter par le flot de mes idées.
Je serais par contre bien curieux de votre retour si vous aussi avez tenté cette aventure.
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