Mullet MadJack

Tu sens cette odeur ? C’est celle des années 90 ! Enfile ton cuir, tes grosses rangers, monte dans ta Testarossa et en avant pour un shot rétrofuturiste turbovitaminé à la testostérone, empreint des plus gros clichés des séries B.
Voilà la promesse de Mullet MadJack, ce FPS au goût des blockbusters de mon enfance. Ici, zéro promesse de finesse ! C’est du gros bourrinage dans les règles, et plus encore.
Avec une direction artistique à la croisée du comics et de l’animation japonaise, on découvre un univers extrêmement coloré et dynamique. Aux commandes de MadJack, vous devez sauver la « princesse », et c’est tout ! Enfin, c’est tout pour l’histoire, car l’essence même du jeu réside dans son gameplay : 90 % arcade shooter et 10 % rogue-lite. Si l’on voit du rogue-lite partout aujourd’hui, il est ici plutôt bien dosé pour ne jamais frustrer et apporter une petite touche bienvenue.
Au programme : une dizaine de chapitres abordables de plusieurs manières. Le mode Histoire/Facile, où le challenge sera simplement de finir le jeu, et divers modes où votre espérance de vie est de 10 secondes. À chaque ennemi décimé, vous repoussez le chrono de quelques secondes pour continuer l’aventure. Entre gestion du temps et urgence vitale, vous devrez maîtriser tous les codes de l’univers.
Heureusement, pour vous aider, vous disposez d’armes variées : du simple pistolet au fusil à pompe, en passant par la mitrailleuse ou le sabre. Chaque arme apporte un plaisir satisfaisant pour trucider les ennemis, avec ses qualités et ses défauts. À vous de trouver le style qui vous correspond. Le côté rogue-lite intervient à chaque fin d’étage (environ toutes les 1 à 2 minutes) : vous aurez la possibilité de choisir des améliorations de puissance, de santé, ou purement cosmétiques, comme des répliques cultes à la Schwarzy. Un mélange qui fonctionne parfaitement… à condition de savoir où l’on met les pieds. Le jeu est extrêmement nerveux et le bestiaire de robots destructeurs est plutôt satisfaisant.
Un petit bémol toutefois : les ennemis sont un poil trop statiques à mon goût. Mais en même temps, s’ils bougeaient partout, la mécanique du chrono n’aurait plus de sens ; il faut accepter ce parti pris. Le second point noir concerne les environnements qui, bien que stylés, finissent par se ressembler. Passé la surprise des premiers chapitres, on n’y prête plus trop attention, même si le mode Histoire permet d’apprécier le soin apporté aux détails (posters, tables, etc.).
Très clairement, Mullet MadJack se transcende par sa DA et rend hommage avec brio aux animes et comics des années 90. Que ce soit par sa bande-son synthwave ou ses références à des œuvres cultes comme Akira, Evangelion ou Ghost in the Shell, les clins d’œil sont multiples et font plaisir. Je suis tombé sous le charme de l’ambiance de ce jeu qui, pour 20 euros, vous fera passer quelques heures de défoulement avec un certain plaisir coupable.
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