Mouse: P.I. For Hire
En 2026, trouver des « films de type polar noir », c’est chose plutôt rare. Les deux dernières œuvres ayant retenu mon attention, autant dans l’esthétisme que l’idée du genre, sont La Jeune Femme à l’aiguille et la série Ripley. Bien que ce ne soit pas mon genre de prédilection au même titre qu’un western, j’aime m’y essayer de temps à autre malgré la difficulté d’en trouver.
Il y a cependant un domaine dans lequel il est pourtant facile d’expérimenter ce genre d’œuvre, voire de le pousser vers quelque chose d’encore plus foufou ! Ici, le studio Fumi Games a poussé les potards du polar noir dans un sens totalement inattendu et qui, pourtant, coule de source ! À savoir : mélanger l’idée même du polar des années 50 avec la DA des films d’animation type Mickey Mouse de la même époque !
Un mélange aussi étonnant qu’explosif en ressort !
Mouse: P.I. (de son doux nom) est un jeu aussi classique dans son approche et son cheminement que rafraîchissant de par sa proposition.
Si aujourd’hui j’en parle, c’est que la DA fait particulièrement mouche. Avec son style cartoon pop des années 50 en noir et blanc, on retrouve les codes des Disney classiques qui ont fait le succès de Mickey Mouse. On retrouve dans l’idée tout le bestiaire de l’univers de la petite souris et ses codes : des grosses mains gantées blanches, des chats patibulaires mafieux, des musaraignes en danger, des pin-up à l’ancienne… Tout est là pour nous plonger dans cette époque avec une irrévérence incroyable !
Croyez-moi, ça fonctionne à 3000 %.
Nous incarnons donc Jack Pepper, détective privé engagé pour retrouver un magicien mystérieusement disparu. Ça la fout plutôt mal pour un magicien, me direz-vous, et je suis d’accord ! Mais si c’est là le point de départ de notre histoire, on va vite se rendre compte que, comme dans un bon polar des années 50, il va en être tout autre.
Si la narration n’a rien de révolutionnaire, elle est, je trouve, plutôt maline car elle calque les codes des récits du genre. Jack va passer au crible ses indices et son enquête, qui va petit à petit s’enrichir en personnages, en mystères et en découvertes, va réussir à plonger le joueur dans une sorte de boulimie vidéoludique.
Le jeu est un FPS (vue à la première personne) et il est construit de manière à avoir des zones plus ou moins ouvertes avec un Hub central situé dans le quartier où se trouve le bureau de Jack. On va donc, au fil de notre avancée, récupérer des indices, voir apparaître de nouveaux personnages, échanger avec eux, recouper nos trouvailles et ouvrir de nouvelles zones sur une map superbement mise en scène, avec une petite voiture qu’on pilote pour aller ici et là.
D’ailleurs, les développeurs ont fait un choix audacieux et vraiment très cool : proposer des environnements 3D avec des personnages de cartoon en 2D. Si vous vous dites d’ailleurs que les designs de ces personnages sont très proches de Mickey Mouse, c’est normal : la petite souris est tombée dans le domaine public, c’est pour ça qu’ils ne craignent que peu d’avoir des soucis avec Big D !
Mais ce n’est pas tout. Si l’ambiance fonctionne parfaitement, c’est grâce au doublage qui est d’une qualité incroyable ; que ce soit sur les dialogues ou le jeu d’acteur, tout est fait pour que l’immersion soit totale. Malheureusement, l’audio du jeu est 100 % en anglais, mais reste relativement compréhensible. Heureusement, tous les sous-titres sont en français, et même si on aurait aimé avoir un petit doublage français, ça n’enlève en rien le travail proposé ni sa qualité.
La qualité, c’est d’ailleurs quelque chose d’incroyable sur ce jeu. Étant entièrement en noir et blanc, il est parfois difficile de faire quelque chose de lisible de part le choix des couleurs, d’ombrages ou autre ; pourtant ici, tout fonctionne. Les teintes choisies matchent parfaitement, que ce soit sur les véhicules (dirigeables, voitures, camions, etc.) ou les endroits (restaurants, bars, caves et même toilettes). L’immersion est totale et le travail est remarquable ; je ne serais vraiment pas contre un making-of tellement c’est fou. En plus de ça, le soin donné aux animations des objets, des personnages et des armes est à couper le souffle. Du GRAND ART, le mix parfait entre cinéma et jeu vidéo.
Mais bon, je ne vais pas vous tenir la jambe des heures sur la DA et la partie graphique, le jeu a bien d’autres qualités, comme sa bande-son. Le jeu propose de manière maline deux bandes-son : une licenciée et l’autre non (j’imagine pour pouvoir streamer sans crainte). C’est très chouette de le proposer, même si la version non licenciée manque de relief. La bande-son qui accompagne le joueur, composée par Patryk Scelina, est tout aussi incroyable que la direction artistique. On est sur du haut niveau d’immersion et, pour ma part, dès le lancement du jeu, j’ai été conquis par une petite musique d’attente a cappella du plus bel effet ! Bref, pour l’instant, Mouse: P.I., c’est du 2/2 !
Mais il reste une partie des plus importantes : la partie jeu/gameplay en lui-même. Comme je vous le disais au début, Mouse: P.I. ne réinvente rien. C’est un FPS dans la pure tradition du genre. Jack Pepper est un privé de l’ancienne école : une bonne dose de plomb avant les questions. Il vous faudra donc avancer dans les niveaux, récupérer les indices disposés ici et là, quelques bonus à droite à gauche ou des missions secondaires qui vous seront données. Mais surtout : avancer, tirer, vider des chargeurs, cribler de balles des vilains, les dégommer, les brûler, les dézinguer… Un véritable défouloir, mais attention, pas dénué d’intérêt !
Les gunfights sont extrêmement satisfaisants, même si parfois bien ardus ! Attention cependant, mon plus gros reproche sur le jeu concerne les missions secondaires et les divers secrets cachés : il n’y a pas de rejouabilité des niveaux une fois ces derniers finis. Ce qui veut dire que Fini = Fini. Si vous avez raté un secret, vous l’avez raté ; il vous faudra recommencer l’intégralité du jeu pour y avoir à nouveau accès. C’est plutôt frustrant, surtout si comme moi vous pensiez pouvoir revenir sur les niveaux après les avoir terminés. J’en ai donc raté quelques-uns au départ et je ne les aurai pas avant ma prochaine partie.
Ceci mis à part, le reste est extrêmement solide. On parlait des gunfights, mais il faut aussi parler de l’équipement mis à disposition : du pistolet classique au fusil à pompe, au canon, à la mitraillette… L’arsenal classique du polar est à disposition avec quelques petites armes bonus très bien senties et vraiment très fun. Ces armes sont d’ailleurs évolutives pour vous aider à mener à bien votre mission. Dans le hub central, vous trouverez Tammy, qui sera un peu votre bricoleuse perso ! Rajoutez à ça les capacités de Jack comme le double saut, le dash ou bien d’autres que l’on découvre au fil de l’aventure, et vous passerez assurément une bonne quinzaine d’heures à vous amuser.
Mouse: P.I. propose un cocktail FPS plutôt classique mais avec un enrobage extrêmement bien peaufiné. Cependant, il n’est pas exempt de tout défaut. J’ai fait ce jeu sur Switch 2 et, bien qu’il tourne de manière solide en performance et en qualité, j’ai rencontré quelques petits bugs ici et là. Parfois, parce que je n’avais pas fait les actions dans l’ordre, j’étais bloqué sur un niveau, impossible de me débloquer pour continuer l’aventure. Il a fallu que je réinitialise le niveau et ça, c’est très frustrant. Également, j’ai eu un ralentissement énorme sur un niveau, au point de presque voir ma console figer totalement. Rien de rédhibitoire en soi, mais ce sera certainement patché par une mise à jour qui devrait arriver dans les jours à venir.
Excepté ces deux petits points largement corrigeables, Mouse: P.I. est un jeu unique, que ce soit dans son ambiance, sa DA ou sa proposition. Et malgré le fait qu’on pourrait lui reprocher d’être un FPS absolument classique, il sort la tête de l’eau par tout le reste. J’attends d’ailleurs ma version physique avec son vinyle pour écouter sa BO incroyable.
Vraiment, pour 35 euros sur PS5 ou 45 sur Switch, vous avez de quoi passer un excellent moment, environ 15h pour l’histoire principale, dans un univers qu’on voit trop rarement.
PS : Je ne vous ai volontairement pas mis de captures d’écran passé un certain moment, afin de vous laisser les très très chouettessurprises qui vous attendent, donc pas besoin d’en faire tout un fromage ! Foncez !
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