Après Conquêtes, c’est encore d’une histoire de vaisseaux spatiaux à la recherche de la terre promise dont il est question avec ce premier Tome de Crusaders : La Colonne de Fer. Allez, Esteban, Zia et Tao, vers l’infini et au-delà.

Eh oui, le thème de la conquête semble assez récurent en S.F. Pas qu’en S.F, d’ailleurs. Que ce soient les Conquistadors ou la conquête de l’Ouest, sans oublier Annibal, César ou Gengis Khan, les hommes ont toujours voulu s’étendre. Mais là, la planète Terre ne peut plus subvenir aux besoins de sa population, qui s’est lancée à l’assaut du système solaire et a colonisé Titan, une des lunes de Saturne. La colonie s’est bien installée et se revendique d’ailleurs Titanienne et pas Terrienne. Au point que, lorsqu’un signal venant du fond de l’espace est capté, Titan se l’accapare sans en parler à sa grande sœur.

Ce signal contient des informations pour construire des vaisseaux titanesques [évidemment!] et les coordonnées d’un point de rendez-vous à 32 milliards d’années lumière. Pas vraiment la porte à côté. Les habitants de Titan vont d’onc s’atteler à la tâche et sélectionner, puis former, les équipages de ces vaisseaux. Mais au bout du voyage, que vont-ils découvrir?

On retrouve une fois de plus le prolifique Christophe Bec au scénario de cette nouvelle série. Et il tombe à vitesse grand V dans un de ses travers les plus fréquents : il cause trop! À vouloir trop expliquer, trop faire de vulgarisation scientifique, son propos en devient pompeux! Surtout que les explications sont traitées de manière didactique, dans un dialogue entre un père et sa fille (généralement, mais pas que), venant s’intercaler dans le fil de l’histoire comme une mauvaise cinématique de jeu vidéo. Du coup, je l’avoue, j’ai sauté certains passages tellement c’était chiant!

Niveau scénario à proprement parler, il suit un schéma de “numéro un”, présentant les personnages et l’intrigue tout en commençant les premières pages par le climax de l’histoire. Le problème vient du fait que c’est du vu et revu : la femme forte, l’antagonisme avec l’homme au sang chaud, le petit génie scientifique, la race alien mystérieuse. Désolé, Christophe, mais on voit arriver la conclusion comme le nez au milieu de la figure!

Du coup, je dois avouer que ce scénario poussif rejaillit sur la perception qu’on peut avoir du dessin, ce qui est dommage. En effet, Leno Carvalho adopte pour cet album une mise en page plutôt “comics” dans l’esprit, faite d’enchaînement de cases dynamiques et, surtout, de splash et double-splash pages appuyant fortement les temps forts de l’histoire. En lui-même, le dessin est bien dans la veine euro-S.F avec une mise en couleurs soignée, prenant le pas sur l’encrage.

Vous l’aurez compris, je n’ai pas aimé cet album. Le scénario est vraiment trop orienté vers les explications et les dialogues vont même jusqu’à phagocyter la partie artistique. Trop d’explications nuit à l’histoire. À réserver aux inconditionnels de science-fiction [petit clin d’œil à Arthur C. Clarke].


  • Titre:Crusaders – T1 : La Colonne de Fer
  • Album : 60 Pages
  • Editeur : Soleil (9 mai 2019)
  • Collection :Science-Fiction
  • Langue : Français
  • ISBN: 978-2-302-07640-2
  • Prix : 15,95€


    
HISTOIRE
60%
   
DESSIN
75%
    
COLORISATION
80%
    
CARACTÉRISATION
55%
    
AMBIANCE GLOBALE
60%

Catégories : Reviews VF

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