Lorsqu’on dit Barb Wire, on pense inévitablement au film avec Pamela Anderson. Du coup, bien que la dame arpente désormais le monde pour lutter contre le foie gras (merci l’empreinte carbone), la série aurait plutôt mauvaise presse. Dans ces conditions-là, que penser de la nouvelle vie que lui offre Dark Horse depuis quelques mois ?

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Tout d’abord, lisez ces lignes qui vous parlent de Ghost. Ça y est ? Vous savez donc maintenant que le personnage est un héritage des années 90. Et contrairement au film, dans cette série il n’est pas question de se rincer l’œil en reluquant la demoiselle dans son bain ! Bien que le regard est plutôt flatté par les superbes covers signées Adam Hughes.

bw-1-fc-fnl-4e29ef2Barbara est chasseuse de primes à Steel Harbor, ville américaine fictive ressemblant à un mélange du Détroit de Robocop et du Chicago des années 30. Elle est donc embauchée pour ramener devant la justice des individus recherchés et empocher au passage des dollars sonnants et trébuchants. Pour ce faire, pas de super pouvoirs, mais seulement une attitude de castagneuse qui ne se laisse pas intimider par plus grand et plus gros qu’elle. Pourquoi ce métier me direz-vous ? Ben c’est qu’elle a un bar à payer aussi, et elle est sacrément dans le rouge. Du coup, elle cumule les emplois et est suivie par l’équipe d’une émission de télé-réalité. Et pour faire de l’audimat, il faut chasser du lourd ! Du coup, elle va s’attaquer à une montagne viking alcoolique, Wyvern Stormblüd, qui va lui donner du fil à retordre.

Ça, ce n’est que le premier arc. Dans le second, elle est retenue captive par un agent fédéral qui recherche un de ses anciens “contrats”.

barb-wire-1-interior-4e29eebLe scénario de la série, assuré par Chris Warner a, pour l’instant, bien séparé les arcs, et l’évolution de l’histoire permet au néophyte de se lancer dans la lecture sans jamais avoir lu la série de 1994. Le premier arc nous plonge immédiatement dans l’action et s’intéresse avant tout aux problèmes que rencontre Barb à faire tourner son bar, lieu de rencontre des chefs de gangs locaux. Les enjeux sont bien amenés, et les différends acteurs à super-pouvoirs (oui, c’est un comics, hein!) ne phagocytent pas toute l’attention. Ils sont là, au pire pour souligner la volonté de fer de l’héroïne. Le second arc, toujours en cours alors que la série en est au numéro 7, nous en apprend un peu plus sur le passé de Barb Wire par le biais de flash-backs.

C’est ce mélange de directions narratives, et l’imbrication que l’on peut retrouver entre les différents arcs, qui permet d’apprécier de plus en plus la série et son personnage au fil des numéros. S’il m’a fallu attendre le numéro 3 pour apprécier pleinement la série, plus on avance, meilleure est l’histoire.

Comme je l’ai dit, les covers sont assurées par Adam Hughes et sont un peu plus vêtues que ce à quoi il nous a accoutumés. Et elles ont également une autre particularité, c’est que le logo joue à cache-cache avec le lecteur. Et en plus, ce n’est pas toujours la même typographie. Du coup, on a plus l’impression de contempler une ouvre d’art que la couverture d’un comics.

Le dessinateur en titre du comics est également un vieux de la vieille, Pat Olliffe, connu pour son boulot chez Marvel, pour qui il a dessiné le Tisseur. Le trait est beau, propre, constant. Pas de folie dans la mise en page mais une alternance de cases à la précision parfaite, au placement de personnages ajusté au millimètre. Le dessin a même parfois un petit côté “oldies” qui va parfaitement à la série. Je mets quiconque au défi de trouver le dessin mauvais. Impossible.barb-wire-1-page-2-pencils-4e29ee3

Alors oui, il a fallu un petit temps d’adaptation pour se plonger dans le récit et l’apprécier à sa juste valeur. Je pense surtout que, l’histoire étant découpée en arcs (4 numéros pour le premier et à mon avis, autant pour le second), elle est plus adaptée à une lecture en Tpb (volumes). Génial ! C’est justement le format de publication préféré des éditeurs et lecteurs Français. Si vous êtes donc réfractaires à l’anglais, plus qu’à attendre, une fois de plus, de voir une série un peu différente arriver chez nous.

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