The Precinct
Avec son trailer façon GTA old school, tranchant radicalement avec le GTA VI bling-bling façon Welcome to Miami, The Precinct avait réussi à titiller ma nostalgie. Une promesse alléchante : un GTA à l’ancienne, mais cette fois, du côté de la loi.
Dès les premières images, j’ai été accroché par cette direction artistique en 3D vue du dessus, qui surplombe une ville vivante et donne immédiatement envie de sauter dans une voiture de patrouille pour traquer les malfrats dans les petites rues. Faire régner la loi et l’ordre, un peu comme Robocop, mais version rétro !
Dans The Precinct, on incarne Nick Cordell Jr., un jeune flic fraîchement débarqué au commissariat d’Averno City. Et qui dit « rookie » dit forcément « faire ses preuves ». C’est donc via un parcours classique que vous allez grimper les échelons du respect, tout en découvrant les dessous de la mort de votre père.
Du moins, c’est ce que promettait le jeu. Mais qu’en est-il vraiment ? Ce jeu, avec son trailer so 80s, saturé de néons et baignant dans une ambiance de polar noir, est-il à la hauteur de mes attentes ?
Pour faire simple : oui… et non.
Pour être totalement honnête avec vous, après quelques heures sur The Precinct, la manette m’est tombée des mains. Arpenter les rues à la recherche de crimes à stopper est plutôt sympa au début, mais devient vite redondant, malgré une certaine variété d’infractions et un fil rouge narratif en arrière-plan. On se retrouve dans une sorte de simulateur de police, où chaque journée suit une routine bien huilée : début du quart, briefing, patrouille, surveillance (vitesse, stationnement, bagarres, dégradations…), puis retour au poste et fin de journée. Et rebelote le lendemain.
Alors oui, chaque intervention comporte une part d’aléatoire. Un simple contrôle peut dégénérer en refus d’obtempérer, un banal attroupement cache parfois un trafic de drogue ou une guerre de gangs. Certaines de ces situations mettent un peu de piment — fusillades, courses-poursuites — mais ça reste trop souvent en surface. On survole les choses sans jamais aller au fond, et c’est parfois frustrant, voire agaçant.
Pas à cause du gameplay en soi, mais à cause de son orientation « simulation ». Lors d’une arrestation, tout doit être fait dans l’ordre : lire les droits, signaler chaque infraction… Sinon, retour à la case départ. Moins d’XP, arrestation invalide, etc. Au début, c’est sympa, on se prend au jeu. Mais très vite, ça devient laborieux. Pire encore : parfois, le jeu impose une méthode d’intervention. Si tu te fais canarder et que tu utilises ton taser alors qu’il fallait un autre type de force, mission échouée. C’est pénible.
Et que dire de ton coéquipier… Inutile au possible. Une vraie décoration vivante. Tu fais tout le boulot, Jean-Claude arrive à la fin pour embarquer le suspect que tu as mis 20 minutes à interpeller. Même dans une fusillade, il ne lèvera pas le petit doigt. Pratique.
Soyons clairs : The Precinct est loin d’être un mauvais jeu. Il est plutôt joli, l’ambiance est soignée, et les sensations en voiture sont parfois exigeantes, mais plaisantes. Son gros défaut, c’est cette redondance qui s’installe trop vite. La trame principale ne m’a pas assez embarqué pour casser ce sentiment de routine. Il y a de bonnes idées, un univers sympa, une vraie ambiance… mais il me manque ce petit supplément d’âme, cette accroche émotionnelle, pour que j’y prenne un réel plaisir.
Cela dit, il faut reconnaître le travail accompli : le jeu est développé par une équipe de seulement cinq personnes, et rien que pour ça, chapeau bas. C’est impressionnant.
Je n’étais sans doute pas totalement la cible — peut-être aussi parce que j’en attendais trop à cause du trailer — mais ce jeu a du cœur, de la passion, et je suis convaincu que les amateurs du genre y trouveront clairement leur compte.
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