The Last Ronin II – Re-Evolution
Cette rentrée est placée sous le signe des tortues pour mon plus grand plaisir ! Après le relaunch de la série régulière dont je vous parlais il y a peu, un autre titre attendu au vu du succès de son prédécesseur pointe le bout de son nez !
Vous l’aurez deviné, il s’agit de The Last Ronin II. Après un tome « bouche-trou », The Lost Years, que je n’ai pas chroniqué tant il m’a laissé indifférent, revenir dans la timeline de The Last Ronin et retrouver les personnages après les événements du premier opus avait un petit quelque chose suffisant à titiller ma curiosité.
Alors malgré les défauts inhérents au script originel de The Last Ronin, c’était une proposition plus qu’agréable et surtout elle apportait quelque chose de nouveau. Le fait que la proposition ait vu son succès grandir de mois en mois a poussé les auteurs à décliner The Last Ronin en franchise et c’est à mes yeux, au vu de Lost Years, une erreur. Mais qu’en est-il de cette nouvelle proposition qu’est The Last Ronin II, en tant qu’œuvre à part entière et en tant qu’émancipation des tortues que l’on connaît tous ?
Pour vous resituer le contexte rapidement, The Last Ronin proposait une version futuriste de l’univers de nos tortues où le clan Hamato est décimé, Splinter et 3 tortues sont mortes, et New York est dirigée par un despote techno-militaire.
Ce tome proposait une aventure digne d’un blockbuster des années 90 mais avec un sous-texte autour de la violence, du deuil, de la perte et de la reconstruction teintée d’espoir qui, avec les événements de fin de tome, entrouvrait la voie à une nouvelle génération de tortues, qui cette fois n’étaient pas totalement le fruit du hasard.
The Lost Years, qui servait un peu de tome tampon, a tenté de jouer le côté émotionnel pour faire le lien entre The Last Ronin et sa suite, mais trop en surface à mon goût.
C’est donc avec ce tome 2 qu’à mon humble niveau je vais « juger » cette franchise.
Avant de commencer : ATTENTION !!! Si vous n’avez pas lu The Last Ronin, je vais spoiler l’identité de la dernière tortue en vie dans ce premier opus.
Prêt ?
C’est parti ! À la fin de The Last Ronin, le titre se conclut sur la mort de Mikey, mais comme je le disais, ouvre la voie à une nouvelle génération de mutants découlant de la science.
On débute donc ce tome plusieurs années après la fin de The Last Ronin, et les tortues que l’on a aperçues en fin de tome sont à leur tour adolescentes et ont grandi dans un New York qui, certes, n’est plus une dictature, mais plutôt une ville de chaos et de tragédie. Luttant pour survivre, la rébellion fait face aux divers gangs et ennemis connus de l’univers, un peu façon check-list : tous les groupes connus des TMNT sont là, des Dragons Pourpres aux Ninjas. Cette nouvelle ère met l’accent (ou essaie) sur la place des tortues dans le monde, avec les humains, mais aussi sur leur identité et leurs envies.
Reflet d’une sorte d’adolescence vue par des adultes, c’est de manière plutôt maladroite qu’elles sont caractérisées. Certes, ce sont des tortues jeunes et maladroites, mais certaines lignes de dialogue sont parfois totalement déconnectées et m’ont fait esquissé un sourire de gêne. Heureusement, ce n’est que quelques lignes largement compensées par le reste.
Le reste justement est plutôt riche !
Nos nouvelles tortues : Uno, Moja, Odyn et Yi, chacune issue de manipulations génétiques. Elles sont, à l’instar de nos tortues habituelles, de races différentes, cela se voit physiquement et elles se démarqueront encore plus durant l’histoire. Elles vont avancer et grandir aux côtés de Casey Marie (découverte lors du premier Last Ronin) et de April. Globalement, ce sont les personnages qui animent cette histoire même si elle gravite autour de nombreux autres. Vous imaginez bien qu’il faut un grand méchant, des alliés de fortune, des traîtres, etc. On croise donc une journaliste (wink wink), un maire de New York, des policiers plus ou moins intègres, et quelques autres personnages que je vous laisse le plaisir de découvrir.
Globalement, la synergie des personnages fonctionne. Ils étaient présents avant, ils le sont toujours, donc leurs interactions sont naturelles. Cependant, pour certains nouveaux personnages, on sent qu’ils sont là parce qu’il faut une motivation. On reste sur un schéma plutôt à l’ancienne, comme dans The Last Ronin : un blockbuster années 90 (sans être péjoratif). On sait qu’on y va pour l’action et l’ambiance plus que pour la profondeur du scénario. Mais ça fonctionne : on a ce qu’on nous vend !
Graphiquement, on reste dans la lignée de ce que The Last Ronin nous avait proposé, mais le trait s’affirme : plus vif et agressif, parfois même surchargé. On sent que les Escorza ont pris en main leur univers. J’aurais parfois aimé un peu moins d’informations sur les pages, mais dans un New York futuriste, il fallait visiblement nous le faire savoir : des drones, des néons, des voitures, des robots, des quartiers en ruines, des câbles, des explosions… trop de tout partout. Heureusement, les pages flashbacks sont là pour nous faire souffler. Bishop et Eastman apportent leur style, qui permet au lecteur de reprendre son souffle avant de repartir à 100 à l’heure. Ce point-là est très bien géré et arrive toujours à point nommé.
Cependant, les thématiques traitées dans The Last Ronin II ne sont pas en reste : le poids de l’héritage laissé par les tortues originales, imposé à cette nouvelle génération, la construction des tortues, leurs motivations et personnalités. Chaque sujet est plutôt bien traité, même si parfois de manière un peu maladroite.
Globalement, The Last Ronin II est dans la lignée de The Last Ronin, apportant un peu de fraîcheur et une tentative de renouveau avec de nouveaux personnages imparfaits, ce qui leur donne un peu plus de crédibilité. Mais cela manque d’implication émotionnelle, car en 5 chapitres d’une aventure orientée action, il est difficile de construire pleinement les « à-côtés ».
L’univers est toujours chouette et me donne ce pour quoi j’y vais. Je n’en demande guère plus. Malheureusement, comme je le disais, le rythme est à la fois trop rapide et trop lent. Il souffre des mêmes défauts que The Last Ronin, mais sans l’effet de découverte, ce qui le rend plus pénalisant à la lecture. Toutefois, ce n’est pas déplaisant sur l’expérience globale. À l’image de son sous-titre Re-Evolution, l’univers est lui aussi en construction. Et vu qu’il s’agit d’un tome 1 déguisé en one-shot, la suite est à venir pour voir dans quelle direction les auteurs mèneront l’univers.
Plus qu’un simple reboot de The Last Ronin, il est une transition générationnelle où la quête d’identité accompagne la préservation de l’héritage.
Gageons de voir comment sera accueilli le titre et surtout comment la suite pourra nous être amenée. Pour l’instant, avec le recul, j’ai beaucoup aimé The Last Ronin, je ne suis pas totalement convaincu par The Last Ronin II Re-Evolution, mais la curiosité de l’univers fait que j’irai voir le prochain pour arrêter mon idée.
Dans tous les cas, la proposition est loin d’être ratée, et elle apporte un peu de fraîcheur. À vous de voir et de vous laisser tenter !
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