Pourpre-Sang – Tome 1
Premier titre des éditions Astrolabe, Pourpre-Sang nous fait la promesse de nous embarquer dans une aventure à la croisée de la piraterie, de la fantasy et de l’heroic fantasy. C’est un savant mélange offrant un renouveau dans cet univers, mais la promesse est-elle tenue ?
On suit Sauln et Lorinte, deux membres de l’ordre des Pourpres-Sang. Leur mission est simple : à la manière d’un Witcher, ils vont et viennent pour aider leur prochain contre les monstres moyennant rétribution. Mais aussi noble que soit cette tâche, les temps sont durs et, faute de contrats, il faut se ranger… jusqu’au moment où Adèle d’Aubépine leur propose une mission d’escorte et de protection. Cette jeune aristocrate les engage pour assurer sa sécurité durant un gala organisé par le gouverneur.
Très vite, notre duo (et nous, lecteurs) voyons que quelque chose ne tourne pas rond, et cela ne tarde pas à se manifester. Voilà globalement ce que nous allons retrouver dans ce tome 1, qui est un vrai tome de mise en place présentant les grands principes de l’univers et les personnages récurrents.
Si l’on peut regretter le format court, c’est pour moi un gage de qualité : je n’ai pas vu passer ma lecture. Les personnages sont suffisamment bien écrits pour qu’on s’y attache et l’univers est assez solide pour être crédible. C’est un tome 1 frustrant car il en montre beaucoup sans trop en dévoiler !
Graphiquement, Léo Cherel propose un style vraiment chouette. Sans la couleur, on pourrait s’y méprendre avec un trait manga (proche de Radiant), mais avec la colorisation, on tend vers le comics. Ce format traditionnel franco-belge offre un rendu aux influences multiples. Ces influences se ressentent d’ailleurs sur la mise en page dynamique, qui aide le récit à ne jamais avoir de temps mort sans jamais surcharger la lecture : un très bon équilibre narratif.
On est sur une tentative de renouvellement des codes, mais il ne faut pas se leurrer : si on aime l’heroic fantasy, c’est pour ses codes. Bien qu’un coup de dépoussiérage soit mis, on y retrouve l’essentiel. Est-ce un défaut ? Pas à mes yeux. J’ai vraiment apprécié le mélange du genre avec un univers maritime et un brassage temporel, tant dans l’architecture que dans les tenues vestimentaires. Cela permet de ne pas dater réellement l’aventure, ce qui est parfait pour stimuler l’imaginaire.
L’imaginaire est d’ailleurs pleinement exploité, que ce soit par le bestiaire proposé par Léo Cherel ou par les influences de la pop culture. Chaque lecteur y verra des références, du Seigneur des Anneaux à Stranger Things. Pourpre-Sang brille par sa proposition narrative et son esthétisme, mais pas que : les personnages sont aussi très intéressants par l’écho qu’ils donnent aux thématiques abordées.
Lorinte, Sauln et Adèle sont le fer de lance de la série. C’est d’ailleurs « marrant » car, dès le départ, on pourrait penser à un shonen avec la quête initiatique de Lorinte accompagné de son mentor Sauln. Mais l’arrivée d’Adèle relance les dés : c’est un personnage intrigant, judicieusement écrit, tout en nuances (et en secrets).
En conclusion, Pourpre-Sang : Le Cercle de Nimuée est une vraie réussite pour lancer cette maison d’édition. Le titre captive et nous garde en haleine jusqu’à la dernière page. Une série qui entre directement dans mes attentes de suites. Bravo.
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