New History of the DC Universe
Peu de gens peuvent se targuer de fêter 90 ans en super slip sans être ridicules, n’est-ce pas ? Pourtant, chez DC, c’est le cas, et le moins que l’on puisse dire, c’est que c’est la fête du slip !
Pour marquer le coup et cet anniversaire de l’univers super-héroïque DC, les choses ont été faites en grand. Mark Waid au scénario et une myriade d’artistes aussi talentueux les uns que les autres, de Jerry Ordway à Todd Nauck en passant par Mike Allred ou Chris Samnee, il y en a pour tous les goûts !
L’idée derrière cette série All-Star est de réaligner la continuité de ces 90 dernières années vers quelque chose de « simple ». Dit comme ça, cette idée mériterait d’être un des 12 travaux d’Hercule, mais ici le champion s’appelle Mark ! Charpentier-historien de l’univers DC, il va essayer, avec cette mini-série, de mettre en œuvre un projet colossal. Et après la lecture de ces deux premiers numéros, sans tourner autour du pot : c’est un excellent démarrage, qui, si les autres numéros suivent cette direction, pourrait être un point d’ancrage essentiel pour qui voudrait découvrir l’univers.
Bien évidemment – et difficile qu’il en soit autrement – c’est Barry Allen qui sera notre guide multiversien. L’évidence du personnage pour en faire le narrateur était peut-être facile, mais il reste efficace et plutôt bien utilisé. Point de surprise : Barry, étant à l’origine de diverses Crises, reste un explorateur temporel aguerri. Grâce à ça, Mark Waid peut (et va) profiter de cette perspective pour nous offrir une histoire profondément ancrée dans la mythologie DC, tout en réussissant à la moderniser et à proposer une sorte d’encyclopédie très chouette à parcourir.
Dans les premiers numéros disponibles simultanément, on va explorer la création de l’univers et son Âge d’Or, et à ma grande surprise, on attaque avec des personnages que je n’avais pas lus depuis longtemps, notamment Perpétua et ses fils : Monitor, Antimonitor et Forgemonde. Si d’emblée ça ne vous met pas en condition, je ne sais pas ce qu’il faut. Et c’est loin d’être fini : il va passer en revue ce qui fait l’essence même de DC — les Infinis, Lucifer, les Gardiens — un véritable florilège historique et chronologique qui m’a rappelé de nombreux souvenirs, mais m’a aussi permis de faire des liens avec des séries que j’avais lues il y a des années sans jamais y prêter attention. C’est notamment dû aux dessins et aux doubles pages magnifiques qui mélangent habilement continuité et remodélisation de l’univers pour coller à l’histoire qui nous est contée. Un délice : ce tome 1 passe à une vitesse incroyable et est tellement riche qu’on s’en délecte à chaque page. Heureusement que le tome 2 est sorti simultanément pour pouvoir enchaîner.
Ce deuxième tome apporte le Silver Age et son lot de Crises. Bien qu’ayant vu les super-héros tels qu’on les entend apparaître avec la JSA dans le tome 1, ici ils seront plus présents, notamment avec Crisis on Infinite Earths, qui a marqué de nombreux lecteurs de l’époque. Mais il n’y a pas que ça : la Trinité DC est mise en avant, les Green Lantern, Aquaman, sans oublier Darkseid et la Justice League. Bref, c’est un tome qui vient asseoir une certitude : vous pensez tout connaître ? Bien. Asseyez-vous : vous allez en apprendre encore plus.
Ici, Mark et Laura Allred œuvrent ensemble sur le dessin. Tu connais mon amour pour leur travail : c’est sublime. Ce tome 2 est une vraie pépite. Leur représentation des épopées et des équipes de cette époque est parfaite. Ils parviennent à rendre vivante cette génération de récits et je me suis revu enfant, découvrant les premières pages des comics dans lesquels j’ai mis le nez. 100 % nostalgie.
New History of the DC Universe pourrait servir de pont / porte d’entrée pour tout le monde, que vous connaissiez déjà l’univers, que vous vouliez améliorer vos connaissances, ou que vous souhaitiez simplement découvrir : cette saga pourrait être le pont parfait.
Elle propose dans ces deux premiers numéros une qualité de récit prenante et riche, respectueuse de ce qui existe mais ouvrant la voie à ce qui pourrait exister. Graphiquement, c’est tout aussi généreux, avec des artistes différents à chaque numéro qui sauront satisfaire tout le monde. C’est malin de proposer ce genre de chose, car, à mes yeux, cela ajoute aussi ce côté authentique, présent dans les comics où chaque artiste apporte un peu de lui dans les personnages qu’il écrit ou dessine. Bref.
Vous l’aurez compris : New History of the DC Universe est, dès sa sortie, un véritable petit bijou. J’ai hâte de découvrir les prochains numéros pour voir comment Waid va poursuivre son travail historico-encyclopédique. Mais vraiment : vous devriez donner une chance à cette mini-série qui pourrait vous faire économiser… 90 ans de lecture de continuité !
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