Malcom Max – Tome 1

Malcom Max – Tome 1

En Allemagne, il y a, semble-t-il, des feuilletons radio. Oui, un peu comme ceux dont vous a parlé votre grand-père. Parmi ces feuilletons, Malcolm Max a fait l’objet d’une adaptation en B.D, qui arrive chez nous avec ce Tome 1 : Les pilleurs de sépultures.

Londres, 1889, en pleine époque Victorienne, la révolution industrielle est là. Malgré cette avancée, il existe un métier manuel, totalement artisanal, qui fait fureur : celui de pilleur de tombes. Il faut dire qu’un cadavre rapporte une somme rondelette lorsqu’on le vend à une université, pour que des étudiants en médecine puisent le charcuter.

Une société secrète, “Custodes Lucis”, décide de prendre l’affaire à bras le corps et d’arrêter les mécréants. Pour cela, elle va envoyer son meilleur élément, Malcolm Max, et sa charmante assistante Charisma. L’affaire, somme toute banale, va prendre une tournure bien plus orientée vers le paranormal lorsque des meurtres sanglants vont être commis au nez et à la barbe de nos deux enquêteurs, par un tueur en série supposé mort.

Le scénario de Peter Mennigen, qui commence comme une banale enquête sur un fait (réel) dérangeant, mais banal, devient rapidement dense, tarabiscoté, fouillé. L’histoire évolue vers le paranormal, empruntant un chemin pavé de résurrections, cérémonies vaudou et consorts. Dans l’idée, Malcolm Max s’avère être une sorte de Sherlock Holmes (dont il est d’ailleurs fait mention pour le clin d’œil), philanthrope et spécialisé dans le paranormal.

Si le personnage peut sembler lisse au début, son caractère s’étoffe au fil de la lecture. Son assistante, Charisma, suit un peu la même évolution. En partant de l’archétype de la princesse demi-vampire, qui ne connait pas le monde réel, le personnage “grandit” au fil de l’histoire, se complexifie.

Notamment dans son rapport à l’émancipation féminine [c’est le 19ème siècle, rappelez-vous] et à son rôle d’acolyte. Je me demande d’ailleurs quel est le but d’en avoir fait une demi-vampire, ses attributs vampiriques supposés n’étant jamais utilisés par l’auteur? Pour le reste, malgré une [grosse] tendance à être [très] bavard, le scénario est vraiment bien foutu, et malgré quelques ficelles évidentes [oui, je peux déjà vous raconter ce qu’il va se passer dans le Tome 2, si vous voulez] il arrive à accrocher le lecteur.

Côté graphismes, on est vraiment dans une ambiance Victorienne, à la limite du steampunk. Les rues de Londres sont brumeuses à souhait, les angles de vue adoptés pour montrer les meurtres, sans jamais les voir, font penser au procédé utilisé dans les vieux films de la Hammer. En un mot, l’ambiance est pesante. Ingo Römling arrive à rendre crédible l’environnement dans lequel évoluent nos personnages, même lorsque le scénario bascule parfois vers un léger steampunk. Si la silhouette de Malcolm fait inévitablement penser à Holmes, je suis persuadé que son inspiration pour Charisma vient de Kate Beckinsale. En robe Victorienne. Du coup, on trouve un petit air de Lady Mechanika pas désagréable du tout.

Je n’aurais pas misé un kopeck sur une B.D allemande si on m’avait demandé. Et j’aurais eu tort. Sans atteindre le niveau de volumes tels Dans la Tête de Sherlock Holmes, Malcolm Max en possède la même base. L’histoire est bien ficelée et les dessins sont à l’avenant. C’est vraiment une belle découverte qu’appréciera le lectorat friand d’enquêtes, mais également de paranormal.


 

  • Titre:  Malcolm Max Tome 1 : Les pilleurs de sépultures
  • Broché : 72 pages
  • Editeur : Delcourt (3 juin 2020)
  • Collection : Conquistador
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 978-2-413-02399-9
  • Prix : 16.50€

HISTOIRE
80%
DESSIN
85%
COLORISATION
85%
CARACTÉRISATION
85%
AMBIANCE GLOBALE
85%

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