Colt et Pepper Tome 1 : Pandémonium à Paragosa

Laurel et Hardy. Heckel et Jeckel. Tic et Tac. Jacques Dutronc et Françoise Hardy [vous m’avez dit de pas dire Hardyyyyyyyyy]. Vous le savez, ce sont les duos qui fonctionnent le mieux. Avec un titre comme Colt et Pepper, dont le premier Tome est sobrement sous-titré Pandémonium à Paragosa, ça soulève des attentes, une certaine expectation.

 

Il faut dire qu’au 17ème siècle, l’Amérique n’existe plus. C’est devenu un méli-mélo des créatures en provenance de réalités alternatives, toutes plus bizarres les unes que les autres. Et les humains? Ils ont été forcés de s’y faire. Parmi eux, Salomon Culpepper, le “Pepper” du titre, est un capitaine de la garde de Paragosa qui s’en sort plutôt pas mal. Même s’il n’aime pas le Duc. Le souci, c’est le jour où son neveu Colt se fait arrêter pour avoir voulu renverser le régime en place. Entre probité professionnelle et devoir familial, il va devoir choisir.

 

Les uchronies sont légion en bande dessinée. Pas évident de sortir du lot en empruntant en plus au bestiaire fantastique pour la mettre en place. Sans rien expliquer. Darko Macan y va fort d’entrée de jeu! Il sauve le scénario par son personnage principal, Pepper, mélange de Tartarin de Tarascon et du Capitaine Fracasse. Avec une pointe de Cyrano de Bergerac. Fort en gueule, fidèle en amitié et à sa famille, il veut bien transiger avec ses valeurs, mais faut pas pousser. Tout l’inverse de Colt, l’archétype du personnage qui ne sert à rien, même pas ressort comique de l’histoire. D’ailleurs, on se demande bien à quoi il sert!

Mais revenons au récit, découpé en plusieurs chapitres, comme tout bon roman d’aventures. Car c’est ce que nous propose Macan : de l’aventure, mâtinée d’un soupçon de fantastique. Enlevez d’ailleurs le fantastique et l’histoire continuera de suivre son cours, avec quelques ajustements mineurs. Le rythme est suivi, sans jamais perdre le lecteur et la caractérisation des personnages secondaires est, là encore, bien équilibrée.

 

La partie graphique est assurée par Igor Kordey, artiste touche-à-tout, autant capable de dessiner des comics de super-héros (X-Men, Hulk, Star Wars), que du franco-belge (Les Misérables, Marshall Bass). Du coup, niveau influences, ça se pose là! On se retrouve avec du dessin européen et un découpage à l’américaine. Du coup, les planches sont inclassables en termes de catégorie. Si les partis-pris graphiques sont surprenants au début de la lecture, ils finissent par s’avérer naturels au fur et à mesure du volume. J’aurai cependant un petit bémol sur la colorisation, que je trouve un poil terne.

 

Sans être fabuleux, ce premier Tome fleure bon l’aventure “à l’ancienne”. À conseiller aux amateurs de BD européenne uniquement.

 


 

  • Titre: Colt et Pepper Tome 1 : Pandémonium à Paragosa
  • Broché : 56 pages
  • Editeur : Delcourt
  • Collection : Fantastique
  • Langue : Français
  • ISBN-13 : 978-2-413-01557-4
  • Prix : 14,95€

    
HISTOIRE
70%
   
DESSIN
75%
    
COLORISATION
65%
    
CARACTÉRISATION
80%
    
AMBIANCE GLOBALE
75%

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