Blade Runner 2019 – Tome 1

Bonjour et bienvenue à tous ! Aujourd’hui, nous allons partir vers un Los Angeles dystopique apprécié d’un grand nombre avec le premier tome de Blade Runner 2019, paru chez Delcourt le 26 août dernier). Il s’agit de la première séquelle officielle du film de Ridley Scott (librement inspiré du célèbre roman de Philip K. Dick, Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?), même si je reviendrai sur ce point tout à l’heure.

 

Dans la même ville que Rick Deckard, une autre Blade Runner fait un sacré bon travail et n’a rien à envier à son collègue : Aahna Ashina, surnommée Ash. Cette dernière déteste la haute société, ne croit pas au test du Voight-Kampff et préfère rester à terre, au plus proche des gens et de l’authenticité. Un jour, le grand industriel Alexander Selwyn demande l’aide de la police pour un souci assez particulier : sa femme et sa fille ont disparu, ainsi que son chauffeur, après être allées à l’anniversaire de Lydia Tyrell.

Néanmoins, Selwyn ne doute ni de la loyauté de son chauffeur, ni de l’amour de sa femme et pense qu’un malheur a dû arriver. La police charge donc Ash de s’occuper de cette étrange affaire. Au fur et à mesure de son investigation, la Blade Runner va comprendre qu’un complot bien plus important se cache derrière cette surprenante disparition.

Autant aller droit au but : le scénario est vraiment très bon. Il est écrit par Mike Johnson (un auteur que j’ai beaucoup apprécié pour son travail sur Star Trek et Star Trek Boldly Go) et Michael Green — deux scénaristes qui avaient déjà travaillé ensemble, notamment sur Superman/Batman dans les années 2000 ou sur Supergirl, plus récemment. Ici, ils signent un excellent polar, présentant forcément quelques clichés du genre, mais l’ensemble se tient vraiment bien. Les personnages sont tous intéressants et bien construits, apportant tous leur part à l’histoire.

Au fur et à mesure du tome, nous avançons plus profondément dans l’enquête d’Ash, découvrant toujours de plus en plus de secrets et de vérités cachées. On y retrouve les thèmes principaux du film de Ridley Scott, comme la notion d’humanité, la pollution environnementale comme visuelle, la mondialisation et le mélange culturel, etc. Les deux auteurs réussissent à placer un récit assez inédit dans cet univers, tout en gardant les principaux sujets et en faisant quelques clins d’œil à l’œuvre première.

Côté dessin, Andres Guinaldo (que je connaissais personnellement pour son passage sur plusieurs chapitres de Justice League Dark et Gotham City Sirens) apporte un style très proche des décors de Lawrence G. Paull et des illustrations de Syd Mead ; les lieux semblant toujours bondés, pollués, sales et souvent surexposés à la lumière à cause des nombreux panneaux publicitaires, quand ils ne sont pas plongés dans l’ombre, paraissant presque lugubres.

D’ailleurs, les couleurs tantôt vives et lumineuses, tantôt assombries de Marco Lesko sont absolument parfaites et ajoutent une touche encore plus réaliste au travail de Guinaldo. La fin du tome nous permet en outre d’apprécier les croquis préparatoires de ce dernier, ainsi que des illustrations de couverture de Syd Mead, notamment.


À mes yeux, le seul défaut de ce premier tome tient au « rebondissement » un peu prévisible et cliché du méchant industriel. Néanmoins, je pinaille un peu car en réalité, tous les personnages ont leur part d’ombre et la caractérisation est vraiment très travaillée. Et si je devais trouver autre chose à redire à ce tome, ce serait au sujet de son titre de « séquelle » au film de Scott. Comme dit plus tôt, je voulais revenir sur ce point car en réalité, peu de choses nous permettent de savoir s’il s’agit d’une histoire se déroulant avant, après ou pendant le film. Toutefois, lors de son enquête, Ash se voit forcée d’aller faire un tour à la Tyrell Corporation où une certaine Mme Elo lui parle des désirs d’Eldon Tyrell comme s’il était encore vivant.

Ce qui est assez amusant, car il meurt avant la fin du film. Cela m’a alors fait me questionner, car si on ne m’avait pas vendu ce récit comme une suite à Blade Runner, je me serais dit que cela se passait avant ou pendant le film, étant donné qu’Elo parle de Tyrell comme si de rien n’était. Cependant, étant donné le fait que le titre soit annoncé comme une séquelle, on peut se demander si la Tyrell Corporation n’est pas tout simplement en train de cacher la mort d’Eldon pour sauver les apparences (ce qui ne serait pas choquant quand on connaît un peu la tendance à voiler la vérité de l’entreprise).

Bref, vous l’aurez compris, j’ai passé un excellent moment devant ce premier tome et je ne peux que vous conseiller de foncer dessus ! D’ailleurs, selon le site de Delcourt, la suite serait prévue en France pour le 10 février 2021 et autant vous dire qu’il me tarde de voir ça !

Sur ce, à la semaine prochaine pour une nouvelle review !


 

  • Titre : Blade Runner 2019 – Tome 1
  • Nombre de pages : 144 pages
  • Editeur : Delcourt
  • Langue : Français
  • ISBN-13: 978-2413028840
  • Prix : 15.50 €

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