Billionaire Island

Billionaire Island

Les vacances, la mer, le soleil. Tout le monde voudrait se rendre sur une île. Mais quand il s’agit de milliardaires, le concept est légèrement différent. J’ai été très étonné de voir Billionaire Island arriver chez Urban et je ne pouvais pas faire l’impasse.

Le monde est sauvé ! Toutes les plus grosses fortunes se sont réunies sur Freedom Unlimited, une île réservée aux milliardaires. Sur place, tout est fait pour assurer leur confort de vie et leur sécurité. Sauf que sur cette île, vit le propriétaire de la société Aggrocorp, une entreprise qui assure des programmes d’aide alimentaire en Afrique. Sauf que Trent, un « garde de sécurité privée », un mercenaire quoi, a mangé cette aide alimentaire avec femme et enfant. Et pour réguler la population mondiale, les dirigeants d’Aggrocorp se sont servis de ces denrées pour diffuser un virus de stérilisation. C’est pas ça qui gêne Trent, ce sont les effets secondaires. À savoir la mort de sa femme et son fils dans d’atroces souffrances. Qu’à cela ne tienne, Trent va s’infiltrer sur l’île des milliardaires afin de régler ses comptes.

Mark Russell nous propose un scénario pessimiste au possible. Ou réaliste, au choix. En se basant sur l’évolution de notre société et les catastrophes écologiques en gestation [il a fait chaud cet été, non ?] il dresse ce qui semble être finalement un constat implacable. Nous sommes trop nombreux. La planète se meurt et ne pourra pas subvenir aux besoins d’une population toujours croissante. Et c’est là que les milliardaires ont une idée de génie : stériliser tout le monde. Ça semble d’une évidence implacable.

Le souci, c’est que les milliardaires ne s’appliquent pas leurs propres préceptes et se retranchent dans leur île dorée. Autre souci, ils n’ont aucune morale ou sens commun. La vie, la mort, surtout des autres, les indiffèrent au possible. Seul compte le pognon. En jouant avec ces bases, Russell développe son histoire autour de Trent, pivot central semblable au Punisher dans son origine et sa pugnacité. Ça prend car, au final, ses méthodes se rapprochent quand même vachement de celles de ses ennemis. C’est aussi ce qu’on retrouve dans la caractérisation des prisonniers de Billionaire Island. Ils sont contents de leur sort, pas pire que s’ils devaient vivre leur vie et s’occuper d’eux-mêmes.

Les dessins de Steve Pugh renforcent l’impression de décalage avec la réalité. Son trait assez fixe, auquel la colorisation pastel donne un air irréel, donne l’impression de lire un conte. Ce qui, graphiquement, n’est pas le cas. On a droit à des séquences allant de l’action au surréalisme (la cage à hamsters). Mais c’est dans l’illustration du décalage du scénario que son talent apparaît, rendant logiques les choses les plus incongrues.

Je parlais de conte et Billionaire Island en est bien un, morale incluse. Traité comme une comédie, le sujet n’en porte pas moins à réfléchir et peut n’appréhender sur plusieurs niveaux de lecture. Un bon volume à recommander chaudement.


  • Titre: Billionaire Island
  • Broché : 144 pages
  • Editeur : Urban Comics
  • Langue : Français
  • ISBN : 9791026822431
  • Prix : 17€

 

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