Basketful of Heads

Basketful of Heads

Noir c’est noir chez DC et Urban a décidé de nous proposer un titre qui signe le retour de l’horreur chez la maison d’édition avec Basketful of Heads. Oui, littéralement, un plein panier de têtes.

June rejoint Liam sur les lieux de son job d’été. Job qui se termine, d’ailleurs. Liam n’a pas repeint des clôtures où servi des burgers, il a été flic pendant tout l’été sur la petite île de Brody Island, dans le Maine. Alors qu’il va profiter de l’arrivée de sa fiancée, Liam est rattrapé par le boulot. Quatre détenus du pénitencier de Shawshank se sont évadés alors qu’ils effectuaient des travaux forcés. Pendant que le shérif va lancer les recherches, il envoie Liam et June chez lui pour veiller sur sa famille. Alors qu’en pleine nuit une tempête fait rage, isolant complètement Brody Island, des bruits d’effraction se font entendre dans la grande maison. June va devoir se défendre à grands coups de hache! Attention, ça va couper.

Alors, lecteur, l’ambiance te parle? Oui? Normal, on est en plein Stephen King. Ou plutôt en plein fiston King. Joe Hill signe ce one Shot pour lequel il reprend des éléments propres à son père, mais également à sa propre série Locke & Key. Si tu es un fidèle du blog, tu connais l’amour que je porte à Locke & Key et tu comprendras que je ne pouvais pas laisser passer ce titre. Et j’ai eu bien raison!

Tout d’abord, flashback, j’ai 15 ans et on est en plein dans les années 80, époque plus simple mais également plus compliquée, plus sombre, à la criminalité sordide et à l’incursion inexpliquée du fantastique dans la vie quotidienne [du moins dans les livres que je lisais]. Hill a bien su restituer cette période, mais également une ambiance propre à son propos. En respectant l’unité de temps et de lieu (tout se passe finalement en une nuit sur une île), il renforce l’impact du scénario et de l’horreur vécue par June qui, finalement, n’a jamais le temps de se questionner sur le pourquoi des choses. Ou du moins, sur pourquoi des têtes tranchées continuent à parler. En ponctuant en plus ses dialogues de blagounettes, il arrive à détendre l’atmosphère tout en gardant un côté horrifique à son histoire. Le titre assume ainsi sa parenté avec les films « de genre » des eighties dans un revival de haute qualité.

Au dessin, Leomacs alterne les planches franchement réussies avec celles qui le sont moins. Quelques soucis de proportions viennent émailler les cases, sans gêner la lecture plus que ça. Concernant son trait, je le trouve un peu épais et à l’encrage appuyé, tout n’étant ensuite qu’une question subjective de goût. C’est surtout dans le découpage des séquences que Leomacs réussit à accrocher le lecteur, choisissant à chaque fois le bon angle de vue et, surtout, arrivant à donner au lecteur une vue d’ensemble parfaitement lisible. À noter la quasi absence de splash pages qui recentrent la lecture sur l’histoire et sur une approche beaucoup plus intimiste des événements. On suit June en pouvant s’identifier à elle.

Je sors de ma lecture complètement ravi. J’ai vraiment passé un bon moment avec une histoire écrite de façon intelligente, sans temps mort et accrocheuse. DC ne s’y est pas trompé et a offert à Joe Hill sa propre ligne au sein du Black Label : Hill House Comics. Autant dire qu’on va certainement encore avoir droit à de la bonne came. Chouettos les potos [oui, la sortie est nulle. Tu crois que je me souviens encore comment on parlait dans les années 80?].


  • Titre : Basketful of Heads
  • Relié192 pages
  • Éditeur : Urban Comics
  • Collection : DC Black Label
  • LangueFrançais
  • ISBN-13978-1026821169
  • Prix : 18€

 

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