Bonjour Édouard, out d’abord merci beaucoup de te prêter à ce petit question-réponse pour la sortie du Super-deltas tome 2.

Chroniques Comics : On va commencer par le classique, mais qui es-tu ?

Édouard Cour : Édouard Cour, un petit humain de rien du tout qui fait des dessins pour raconter des trucs et qui aime ça.

C.C : Comment es-tu arrivé à la BD ? D’où viennent tes inspirations ? Un ou des artistes préférés ?

E.C : Par le croisement de la passion et de la vocation d’enfance avec ma formation en design graphique à Orléans. Comme je galérais à devenir graphiste/ illustrateur j’ai tenté de faire une BD dans mon temps libre. Et paf, me voilà auteur depuis 8 ans maintenant !

Pour les inspirations c’est vaste, je mange de de tout et je suis fasciné par la variété des styles. Du coup, ça va des dessins animés pour enfant à l’art contemporain avec tout ce qu’il y a entre. D’où ma difficulté à me cantonner à un style pour le creuser. J’ai plus tendance à toujours tenter quelque chose de nouveau, graphiquement et dans la narration.

Pour les artistes préférés, c’est tout aussi vaste, mais en BD j’aurais tendance à citer Matsumoto Taiyou, Akira Toriyama, Christophe Blain, Moebius, Chris Ware et Dave McKean. Pour la théorie de l’art en général, il serait injuste de ne pas citer Isidore Isou qui m’a aidé à penser et comprendre cet étrange medium.

C.C : Je t’ai découvert personnellement dans Herakles que j’ai vraiment apprécié. Le style graphique à l’intérieur sert, à mon sens, tout le récit, est-ce voulu ? Adaptes-tu ton style au scénario ? Ou l’inverse ?

E.C : C’est quelque chose qui se développe en parallèle. En général, je pars d’un thème qui m’intrigue, puis je vois quel style visuel correspondrait. Si le résultat me plaît ou me donne envie de le développer, un narration commence à naître.

Ensuite, c’est une logique de rebond graphisme<–>histoire qui dure tout du long.

C.C : Comment est né le projet et comment en es-tu arrivé à Super-deltas ? Peux-tu nous dire quelques mots sur ce titre et son univers ?

E.C : L’envie première vient de la découverte de dessins animés récents tels que Adventure Time, Regular Show, Steven Universe,… Mélangé avec mon amour d’enfance du shonen et de ces styles d’histoire, j’ai été tenté de créer quelque chose pour ce public si particulier (les enfants). C’était également l’occasion de m’essayer à l’écriture  « from scratch » tout en gardant la fantaisie scénaristique que permet ce genre.

Du coup, je me suis tourné vers le sentaï (Bioman, Power rangers,…) qui m’attirait car j’adorais ça étant gosse, mais y voyait pourtant déjà à l’époque de gros défauts qui me faisaient perdre mon intérêt : les personnages. J’ai donc construit mon histoire sur une base simple : Et si les power rangers étaient cette fois choisis par erreur, et pas du tout approprié pour le job ?

Tout le reste à découlé de cette idée.

C.C : De Herakles à nos 5 petits héros colorés en passant par O Sensei, chaque ouvrage est dans un ton et un style particulier, comment travailles-tu ces différents univers ?

E.C : Comme je le disais avant, c’est une réflexion de graphiste. Je n’ai pas un style que je décline mais plutôt une démarche de mélange de ma façon de dessiner avec des codes visuels appropriés au thème. Et la plupart du temps, j’ai envie de faire quelque chose de radicalement différent du projet précédent pour ne pas trop rentrer dans une routine.

Donc, Herakles = Mon style + l’ésthétique des poteries et fresques grecques

           O-senseï = Mon style + l’ésthétique de l’estampe, de la peinture japonaise et du manga

            Super Deltas = Mon style + le style cartoon américain et la mise en scène Shonen.

C.C : Pour Super Deltas on peut carrément voir des influences de grands classiques comme Dragon Ball, tous les sentai ou même les comics. C’est une sorte de titre hommage à ta jeunesse ? (non je ne dis pas que tu es vieux, on doit être de la même génération !!!)

E.C : Je crois que j’ai répondu à celle-là sans faire exprès… ^^

Mais oui, ça dégouline tellement il y a d’influences.

C.C : Vises-tu un public plutôt adulte ou tu fais en sorte que ce soit aussi accessible pour les plus jeunes lecteurs ?

E.C : L’idée était vraiment de développer une série pour les enfants, pour l’enfant que j’étais. C’est ce public que j’ai en tête tout du long. Je sais que la génération Club Dorothée s’y retrouve aussi et tant mieux, mais je ne l’écris pas pour eux à la base (ce serait un peu moins migon et poli, sinon) !

Par contre, j’essaye aussi de penser à l’effet que produirait une relecture une fois les jeunes lecteurs devenus adultes.

C.C : Nous nous sommes croisés pour la sortie du Tome 1 au BGF l’an dernier, est-ce que ce laps de temps t’a apporté un peu de recul pour revoir ou modifier ton approche sur le tome 2 ?

E.C : Forcément un peu, mais j’avais déjà bien entamé l’écriture du T2 avant d’avoir mes premiers retours de lecteurs. Je pense que le T3 sera bien plus influencé par ce que le 1 et 2 auront inspiré au public.

De toute façon, ce seront des changements formels uniquement, l’histoire est déjà calée et ne bougera pas.

C.C : Au final, tu es représenté par quel personnage ?

E.C : Je me sens peut-être un peu plus Pyam, mais je me suis un peu mis dans chacun des 5.

C.C : Allez c’est ton moment ! Le tome 1 et le tome 2 sont ultra rythmés, on dévore ça à vitesse grand V et on en redemande ! Fais-nous du teasing pour la suite parce qu’on est déjà en manque !!

E.C : Ha ha, oui, c’est dur de soutenir le rythme des mangaka japonais !

Pour le 2, pas temps mort, les méchants attaquent dés le lendemain des événements du T1. Les super deltas seront toujours aussi pris au dépourvu, mais ça va commencer à mieux s’organiser (merci Syu !). Et un surprise de fin de tome annoncera une suite un peu différente… Tout sera en place pour déplier le VRAI scénario.


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