Harrow County

Bannière“Promenons-nous dans les bois, tant que la sorcière n’y est pas”. À défaut de comptine, intéressons-nous aux événements de Harrow County, proposé par Glenat Comics. Et si vous avez peur de frissonner, ce comics n’est pas pour vous.

 

L’histoire commence par la pendaison de Hester, une sorcière. Et pour faire bonne mesure, elle est également battue, fusillée et brûlée. Ce qui ne l’empêche de lancer une dernière malédiction sur la petite communauté.

Dix-huit ans plus tard, Emmy est une jeune fermière vivant avec son père en bordure de forêt. Assaillie par des cauchemars mettant en scène des choses horribles, elle finit par se rendre compte qu’elle détient des pouvoirs. Malheureusement pour elle, les habitants de Harrow County s’en rendent compte également. Elle va devoir compter sur ses nouvelles capacités pour échapper à la vindicte populaire conduite par son propre père !harrow-county-intro-image

L’histoire est finalement classique : [spoil] une sorcière se réincarne dans un nouveau-né et, une fois l’âge adulte atteint, elle prend le contrôle du corps de son hôte [fin du spoil]. Eh bien, ce qui change, c’est le talent de l’auteur. Et Cullen Bunn s’y entend pour installer une atmosphère. Ce volume se lit d’une traite, sans temps mort, et a réussi à me donner des frissons. Et pourtant, je suis un habitué des récits horrifiques ! L’utilisation du mythe de la sorcière et des éléments qui l’accompagnent (malédiction, sabbat, etc) est particulièrement réussie. Mais ça le serait beaucoup moins sans l’apport indéniable de la personnalité d’Emmy, qui en impose par son flegme et sa bonté, même quand la personnalité de la sorcière prend le pas. Il y a longtemps que je n’avais pas vu un personnage de B.D, tous styles confondus, aussi réussi.

preview-of-harrow-county-8-by-bunn-crook-L-qaveVTLe dessin de Tyler Crook, en crayonnés peints à l’aquarelle, magnifie l’histoire. Même si Emmy a un petit côté Bécassine, la technique est parfaitement adaptée à l’ambiance “conte”. On retrouve d’ailleurs des airs de Norman Rockwell dans sa description de la campagne américaine. Les couleurs sont douces et arrivent à rehausser les séquences sombres, sans trop en faire dans les séquences plus lumineuses. Les monstres sont, eux, monstrueux et, dans certaines poses, Esther a des airs de Golum. C’est l’artiste parfait pour illustrer cette histoire.

Harrow County est un vrai conte. Mais pas un conte de fées. Ça penche plutôt vers Hendersen ou les frères Grimm, avec un ton très sombre et des monstres loin d’être gentils. La narration est très importante dans le déroulement de l’histoire et les dessins la mettent en image à la perfection.

Alors que j’étais persuadé qu’il s’agissait d’une histoire complète, il ne s’agit que du Tome 1. Vivement la suite !

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