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Chroniques Comics : Bonjour Julien. En premier lieu, peux-tu te présenter rapidement ?

Julien Hugonnard-Bert : Je m’appelle Julien Hugonnard-Bert, je suis encreur de comics et j’ai travaillé pour des séries en France et aux États-Unis. Principalement aux États-Unis sur Star Wars pour Dark Horse, Injustice pour DC comics et plus récemment sur un épisode de X-men dessinés par Roland Boschi et J.Willow Wilson. J’ai également travaillé en France pour la série Masqué chez Delcourt et Le sang du dragon chez Soleil.

CC : Encreur n’est pas le métier le plus connu ou mis en avant dans le domaine du comics. Peux-tu nous dire en quoi ça consiste et comment tu abordes ton métier ? Quels outils tu utilises, etc.. ?

JHB : L’encreur est un des 2 dessinateurs de la BD. Il y a le dessinateur, le « Penciller » comme disent les Américains, qui part de la page blanche et dessine au crayon, et l’encreur qui, lui, termine a l’encre de chine ou au feutre. Moi je travaille a l’encre de chine que j’applique avec plume et pinceau. Je suis un encreur traditionnel. Certains travaillent en numérique, mais ce n’est pas très courant un encreur numérique.

Alors la façon dont je travaille se passe de la manière suivante : le dessinateur m’envoie un scan de son crayon que j’imprime dans un un bleu inactinique.

CC : Un bleu invisible en fait ?

JHB : Oui voilà ! Il  s’agit d’un bleu qui n’apparaît pas sur les scans lors de l’impression pour le passage à l’encre. Si j’imprime en gris je ne peux pas le gommer a la différence d’un original qui lui est gommable.

CC : D’accord, et donc depuis combien de temps t’es-tu lancé dans la BD ou le comics ? Et dans quoi as-tu commencé ?

JHB : J’ai commencé par le comics et un peu plus tard j’ai eu des proposions de BD alors je me suis dit “pourquoi pas ?”.

CC : Et depuis combien de temps dans l’encrage ?

JHB : J’ai commencé en 2008-2009. En 2008 j’ai sollicité les éditeurs et en 2009 j’ai eu mon premier contrat qui consistait à encrer une histoire courte d’Iron Man  chez Marvel UK, à ce moment-là, panini avait la licence Marvel pour enfants.

CC : Il y a pire comme début de carrière dis donc ?!!

JHB : Tout à fait, c’était plutôt cool !

CC : Il se murmure que tu dessines aussi… ? Quelles sont tes influences artistiques ?

JHB : Ah !!!! Là c’est hyper dur à dire… En fait y a des dessinateurs que j’adore, mais mon dessin ne ressemble absolument pas a ce qu’ils font. Par exemple Bisilkevic que j’adore, et si j’avais du talent j’aimerais dessiner comme lui (rire !). Après je vais surtout piocher des façons de retranscrire des ombres chez un, des fumés chez l’autre… J’aime beaucoup les dessinateurs qui donnent une atmosphère au dessin je n’aime pas trop les “dessinateurs trop clean”. Après, en tant que dessinateur j’essaie aussi de pas partir dans trop d’effets d’encrage de peur de ne pas réussir a maîtriser le résultat. Par exemple ce que Murphy fait c’est superbe, mais si je me lance là-dedans on va plus reconnaître grand-chose de mes dessins ! C’est vraiment une question difficile.

CC : Je t’ai personnellement découvert sur Injustice et ensuite sur le net avec ta page facebook, peux-tu nous parler de tes divers travaux ? As-tu des projets comme ton nouveau sketchbook ? Des exclus peut-être ?

JHB : Alors effectivement je viens de lancer sur ulule mon nouveau sketchbook qui sortira à l’automne, et à côté de ça, j’ai un projet de BD à moi que je vais dessiner, écrire encrer et peut être auto-éditer sur le même principe que mon sketchbook. Maintenant il faut le temps de le faire, de BIEN le faire, parce qu’à côté je travaille sur divers projets. Des gens me commandent des commissions donc tout ça, c’est du temps !

CC : Comme tu viens de le dire, le fait d’avoir des projets en cours avec l’éditeur américain comme DC et de vivre en France ne te pose pas quelques contraintes ? Est-ce que tu es obligé d’y aller régulièrement ?

JHB : Non vraiment il n’y a aucune contrainte, mais c’est mieux d’y aller de temps en temps pour voir les têtes, de discuter, moi je dirais que la plupart de mes contrats ont été signés autour d’une bière. Du moins pour mon premier contrat à Bristol c’était le cas (rire ! ). Donc oui, y aller une fois ou deux par an, histoire de montrer qu’on est toujours là et ne pas se faire oublier. Le dicton est vrai “loin des yeux loin du cœur” comme on dit ! Mais maintenant, ce n’est pas nécessaire : pour Injustice, le scénariste est australien, le dessinateur espagnol moi français et le coloriste mexicain, franchement ce n’est pas un problème. Et pour un éditeur basé a New York, que l’artiste soit de Rouen ou de Los Angeles c’est pareil, c’est pas à côté.

CC : De ce fait comment as-tu été repéré par DC ?

JHB : Comme souvent en fait c’est le dessinateur qui a fait appel à moi, DC engage le dessinateur et lui demande s’il a un encreur : si oui, le dessinateur fait appel à moi sinon l’éditeur lui en cherche un. Alors les projets sur lesquels j’ai travaillé, c’est parce que le dessinateur voulait travailler avec moi.

CC : On va finir sur le grand classique ! S’il y a un comics dont  tu ne te sépareras jamais, lequel ce serait ?

JHB : OK alors je vais tricher et je vais en donner deux parce que c’est aussi ça l’esprit du Lyon Comic Gone ! Il y a le Batman Year One, Degas parce que c’est un comics que j’ai lu très tôt, je devais avoir 10 ans en pleine Batmania à cause du film de Burton. Et très honnêtement à 10 ans ce n’est pas super conseillé ! J’avais été choqué, mais plus tard, après une nouvelle lecture, ça m’a vraiment marqué dans le bon sens. Et l’autre qui est plus récent, mais qui date un peu c’est Identity Crisis : il y a du polar, il se passe 10 000 trucs, c’est poignant.

CC : Et soyons clairs, il y a un bon scenar’ aussi !

JHB : Tout à fait il y a un excellent scénario et le dessinateur a apporté quelques choses, par exemple quand Elongated Man est obligé de tenir sa mâchoire pendant le discours funèbre, le dessin apporte vraiment quelque chose. Le texte est poignant et en plus de ça l’image montre qu’il se décompose vraiment et c’est tout ça qui fait de ce titre, à mon goût, un chef d’oeuvre.

CC : OK et ton perso préféré ?

JHB : Je n’ai pas vraiment de perso préféré, ça dépend surtout de l’arc et de l’histoire, par exemple Green Arrow n’est pas mon perso préféré, mais dans le run de Kevin Smith puis Brian Metzer j’ai trouvé ça exceptionnel. Mais allez, je dirais Dare Devil.

CC : Et la dernière quel est ton coup de cœur en série actuellement ?

JHB : Ce n’est pas tout récent, mais c’est Nowhereman, y a 36 idée par pages, faut vraiment pas lire ça devant la TV, faut se concentrer ! C’est très riche et ambitieux. J’ai adoré cette BD.

 

Merci beaucoup pour ce petit moment passé entre 2 crocs de Bagel et à très bientôt !

Un grand Bravo aussi pour ta campagne Ulule pour ton Sketchbook.

 

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