Comic Con Paris – Frank Miller

Ce n’est pas une exclu, mais ça reste une info : Frank Miller sera l’un des invités de la Comic Con Paris, du 23 au 25 octobre 2015. Cette nouvelle, annoncée par Miller lui-même et relayée ensuite par tous les médias et aficionados de comics a déclenchée chez Chronique Comics [bon, soyons honnêtes, nous ne sommes pas nombreux…] un mini-tsunami, d’où cette chronique non-exhaustive.

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Car Miller n’est pas qu’un auteur travaillant dans le marché du comics depuis plus de trente ans, il est à l’heure actuelle l’un des rares auteurs vivants ayant le statut de “légende”. D’un point de vue personnel, je le placerais d’ailleurs juste derrière Stan Lee en termes d’importance. Il ne faut pas oublier que Miller n’est pas qu’un dessinateur, il est également scénariste et a contribué à l’émergence du style grim and gritty (sombre et violent) dans le comics.

Si l’on ne s’intéresse qu’à ses séries phares, il a d’abord été dessinateur sur Daredevil sur lequel il a ensuite assuré le scénario, créant le personnage d’Elektra qui rencontra un franc succès. Cette série lui permit également de mettre en avant l’aspect tourmenté du personnage de DD qui acquit ainsi une reconnaissance accrue auprès du lectorat. Le point d’orgue de son run sur cette série reste le meurtre d’Elektra par Bullseye (le Tireur).

Il faut également mettre l’accent sur le retour de Miller sur le(s) personnage(s) dans l’excellent The Man Without Fear, dessiné par John Romita Jr.

Après avoir transformé Daredevil de série de seconde zone en succès commercial et critique, Miller est allé voir du côté de la Distinguée Concurrence ce qu’il y avait à picorer. Là il s’est attaque au scénario d’une certaine chauve-souris dans le mythique Batman : Year One (dessins de David Mazzucchelli). Le Batman vu par Miller redéfinit complètement ses origines, et celles de certains des personnages secondaires, sur le long terme. Grâce à lui, la mythologie du Dark Knight s’étoffe et impose un héros sombre, tourmenté, pas toujours infaillible. L’interprétation graphique de Mazzucchelli convient parfaitement à cette histoire des premiers pas de Bruce Wayne en tant que Batman.

À l’heure actuelle, ce récit est encore une référence. J’en veux pour preuve le film de Christopher Nolan, Batman Begins, qui puise largement dans cette histoire pour nous livrer une adaptation ultime de Batman à l’écran.

C’est toujours avec Batman que Miller nous livre un autre grand récit : The Dark Knight Returns, où Miller assure cette fois-ci le scénario et le dessin. Cette mini-série nous conte les aventures d’un Bruce Wayne vieux, ayant raccroché la cape depuis longtemps et qui décide de reprendre le combat afin de sauver Gotham. Le point culminant de cette série est son combat contre Superman qui se finit… Je ne vous le dirai pas, et si vous ne l’avez pas encore lu, foncez !

Cette histoire a eu une suite, The Dark Knight Strikes Again, plusieurs années/décennies plus tard qui, à mon avis, est moins essentielle.

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The Dark Knight est également un tournant dans le dessin de Miller, qui s’épure et s’éloigne un peu du carcan graphique trop connoté comics pour devenir de plus en plus personnel et tendre vers sa création la plus personnelle, Sin City.

Lorsque Sin City est publié en France, le comics fait l’effet d’un OVNI. Un comics en noir et blanc dans un marché dominé par des super-héros colorés et bourrés de testostérone et de pouvoirs ? Mais qui pourrait s’intéresser à ça ?

Mais le nom de Frank Miller en couverture est un élément déclencheur. Le bonhomme est déjà connu du grand public et des amateurs, tant par ses œuvres que pour ses prises de position sur divers sujets (armes à feu, etc…). Et la série rencontre un succès critique qui se transforme en succès commercial. Une fois encore, Frank Miller a gagné son bras de fer contre les grands éditeurs.

Je ferais également une petite parenthèse sur les désaccords artistiques qu’il y a pu avoir entre Miller et les maisons d’édition qui ont conduit à la création d’œuvres comme Sin City, mais également 300, Hard Boiled ou Martha Washington Goes to War.

En plus du comics, Frank Miller a également eu une influence importante sur le cinéma. Les dernières productions telles que Sin City 1 et 2, 300 ou Le Spirit (bon on peut l’oublier celui-là : on ne gagne pas à tous les coups) ont été précédées par son intervention sur Robocop 2 et 3 dont il reniera d’ailleurs les scenarii, ceux-ci ayant été largement remaniés par le studio.

Je finirai enfin, et sans les citer, en mentionnant que Monsieur Miller a reçu tout au long de sa carrière plusieurs prix prestigieux récompensant les auteurs de comics qui soulignent ainsi l’importance de sa venue à la Paris Comic Con.