Le week-end dernier avait lieu la 23ème édition de Paris Manga & Sci-Fi Show, l’occasion pour moi d’aller faire un tour Porte de Versailles et profiter d’un panel comics plus qu’intéressant.

Dès la sortie du métro, on sait qu’on est au bon endroit. En effet, où peut-on trouver autant de cosplay que lors d’un PMSFS? Deadpool et Pikachu donnent la tendance, entourés de tous leurs comparses.

À l’intérieur, et ce dès le matin, c’est l’effervescence. Le hall est bondé et la queue pour rentrer laisse présager une fréquentation encore plus importante. Je commence par faire un tour du hall, histoire de prendre un peu la température, et je ne suis pas déçu! Ça saute, ça hurle, ça fait des free hugs entre deux stands de mangas ou de junk food nippone [et qu’est-ce que c’est bon la junk food]. La scène manga est bondée et les pôles jeu vidéo également. Je n’ai même pas pu tester la Switch!

Je traverse le hall entièrement, passant à côté des dédicaces Youtubeurs (c’est plein à craquer!!!) et des invités Japonais pour arriver aux acteurs sci-fi. Non, je ne n’y suis pas allé, même si, vu l’affluence, je dois être le seul. Les personnes qui ressortent de leur rencontre avec leur acteur/actrice préféré(e) ont tous le même sourire béat aux lèvres. Et ça fait plaisir à voir.

Autour de l’Artist Alley, se dressent l’espace Star Wars avec un nombre de cosplays hallucinant, l’expo des voitures de cinéma & séries et la scène Sci-Fi Show. Et le stand de Bliss Comics, l’éditeur Français des comics Valiant, qui propose ses nouveaux volumes Ivar, the Timewalker et Faith. Pour fêter leur sortie, le dessinateur des deux comics, Francis Portella, est sur place et dédicace à tour de bras chaque achat effectué, avec talent et bonne humeur.

Sur l’Artist Alley proprement dite, je commence par aller voir Rufus Dayglo, un exemplaire de Tank Girl sous le bras. On papote, il me parle de son actualité avec Last Gang in Town et sa série chez 2000AD, Bad Company. Super sympa, ouvert et talentueux, je regrette, après coup, de ne pas lui avoir demandé de commission…

J’enchaîne avec LE gros nom de ce PMSFS : Whilce Portacio. Souriant, avenant, il est content de voir comment ont été publiés en France ses travaux chez Marvel avec les Special Strange et VI X-Factor que je lui tends. Et là, j’entre dans la quatrième dimension : il commence à me parler de Walking Dead, et on entame un débat sur comment les Français réagiraient si une apocalypse zombie se produisait en France. On parle de la différence entre les grandes villes et les campagnes reculées, sur l’incrédulité qui régnerait et de savoir si nous aurions, ou pas, des héros pouvant assumer le rôle de leaders. Intérieurement j’hallucine! Et ça continue. On bascule sur une discussion à bâtons rompus sur les différences culturelles entre la France et les US, notre perception du terrorisme et des événements du 11 septembre, de l’état d’urgence, de religion, des Philippines. C’est plus la quatrième dimension, là, c’est la 128ème!! Au bout de vingt minutes de conversation passionnée, je me retourne vers la personne dans la queue derrière moi en esquissant un sourire d’excuse pour l’attente, mais la conversation bascule vers la bande dessinée Européenne, et du coup elle continue à trois. Whilce [oui, je me la pète en l’appelant par son prénom] veut connaître l’état du marché en France, qui est le “ taulier ” en matière de B.D, pose des questions sur les super-héros Français, leurs auteurs… J’ai finalement passé trois quarts d’heure à discuter avec un auteur majeur de comics, fondateur d’Image, comme avec un de mes potes. Je dois avouer que j’en suis resté un peu sur le cul!

Après avoir récupéré devant une bonne bière en compagnie de l’organisateur de Chaumont Comix, dont nous vous reparlerons bientôt, j’ai continué mon “ petit tour ” des auteurs. C’était un plaisir de revoir Julien Hugonnard-Bert, qui fêtait la sortie de son dernier sketchbook et proposait des planches originales splendides à un tarif vraiment avantageux [cet homme aussi est le diable! Impossible de repartir sans rien.] J’ai hâte de voir enfin publiée sa version de Le Garde Républicain.

C’est au cours de l’après-midi de samedi que j’ai pu assister à un spectacle hallucinant. Dément. Incroyable, même.

Alex Maleev et Isad Ribic étaient côte à côte et se tiraient la bourre. Je pense qu’ils réalisaient des commissions pour les mêmes personnes, vu qu’ils dessinaient les mêmes personnages. Et c’était complément fou de voir les deux versions de ces personnages, réalisées en splendides aquarelles.

Et juste à côté, Fernando Dagnino jouait les outsiders en réalisant, lui aussi, des aquarelles de toute beauté sans s’occuper de son voisin, Mirko Colak, qui mettait la touche finale à une couverture à venir fourmillant de détails.

Rien que d’y repenser j’ai encore un peu de bave aux lèvres.

Grosse claque, donc, que ce PMSFS, doté d’une artist alley consacrée aux comics bien fournie. C’est également un salon qui déborde de bonne humeur et dont le public est présent pour profiter du moment. Rendez-vous devenu, pour moi, incontournable, c’est avec plaisir que j’y retournerai pour le numéro 24.