Les Enfants Perdus
Après un très sympa Hoka Hey, Neyef revient avec les Enfants Perdus qui, comme le titre le sous-entend, s’inspire fortement de l’univers de Peter Pan. Du moins dans les grandes lignes.
Neyef nous embarque avec lui dans un coin reclus du monde, et qui nous laisse penser à un endroit qui se remet difficilement d’une catastrophe, tout est à l’abandon ou presque, le coin a l’air triste et pauvre. Là-dedans, un groupe d’ados, livrés à eux-mêmes, vivant comme bon leur semble, soudés, et pleins d’espoir ou du moins c’est ce qu’il en transparaît au premier coup d’œil.
Très rapidement Wendy, une jeune fille ensanglantée va faire son apparition dans le paysage de nos ados et avec elle nous lecteurs. On va donc comme Wendy découvrir le quotidien de ce groupe, on va creuser leur personnalité, leurs peurs, leurs doutes, leurs espoirs et leurs démons.
Neyef écrit des ados à la fois désabusés mais ayant grandi trop vite, devant faire fi des quelques adultes visiblement plus intéressés par le contrôle et le pouvoir que par l’humanité. Je trouve qu’il donne beaucoup de relief au propos à travers le regard de chacun des protagonistes et au fil des pages nous lecteurs on prend la mesure de ce qui arrive à ces jeunes enfants perdus. C’est dur, violent autant psychologiquement que physiquement, mais c’est écrit avec justesse et pudeur.
Un savant équilibre qui se joue à couteau tiré et rend un hommage poignant à la jeunesse, de son innocence à la confrontation à la réalité, la reprise de cet univers vu et revu est je trouve à mon sens attaquée par un angle différent de ce qui existe déjà et permet de délivrer des sentiments très forts grâce à un récit et un rythme qui passe du très doux au très brutal en quelques pages voire cases, de l’amour à l’amitié en passant par les liens familiaux ou juste le “destin” c’est incroyablement bien fait.
De plus, il réussit avec un coup de crayon que je trouve encore un cran au-dessus de ce qu’il a déjà proposé sur Hoka, à sublimer son récit avec des couleurs qui ont vraiment su me toucher, je trouve qu’elles apportent encore plus de contraste entre la narration, la situation, les sentiments, et les nombreux détails à chaque endroit.
Je pense sans trop m’avancer que ce titre vient de faire une entrée fracassante dans mon top 3 de BD de l’année. Encore une fois bravo et merci au Label 619 de continuer à proposer des titres, des visions aussi fraîches.
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